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Formation infirmière : le CEFIEC s'engage pour son évolution

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Formation en ifsi

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En marge des 71èmes Journées Nationales du Comité d’Entente des Formations Infirmière et Cadre (CEFIEC), nous avons rencontré la Présidente Martine Sommelette pour une interview. La promotion des formations infirmières, les évolutions liées aux GHT ou la réingénierie de la formation des cadres figurent parmi les thèmes abordés à cette occasion.

Cadredesante.com : Quelle est votre activité professionnelle et depuis quand êtes-vous Présidente du CEFIEC ?

Martine Sommelette : Je suis Directrice des soins et je dirige l’IFSI et l’IFAS rattachés au centre hospitalier de Charleville-Mézières (08). J’ai été élue Présidente du CEFIEC en 2014. Cette association représente quelques 385 structures adhérentes, soit tous les IFSI de France, au nombre de 330 et tous les IFAS et IFAP qui en dépendent. J’ajoute que 20% de ces instituts sont privés, car émanant de la Croix-Rouge ou de la FEHAP.

Promouvoir notre vision de la formation auprès du Ministère

Martine Sommelette

Martine Sommelette, Présidente du CEFIEC, s'engage pour faire évoluer la formation des cadres et des futurs infirmiers.

CDS.com : Sur quels thèmes avez-vous axé votre action lors de votre prise de fonction ?

M.S. : Il s’agissait tout d’abord d’assurer une continuité dans le travail accompli par l’ancien bureau, qui était principalement de promouvoir la formation des IDE qui venait de faire son entrée dans le processus LMD. Il est essentiel, dans ce cadre, de construire des programmes relevant de la science infirmière et de les pérenniser. Notre deuxième souci a été de mieux communiquer afin de nous faire connaître du plus grand nombre. Nous avons ainsi modifié notre logo, amélioré la présentation et l’ergonomie de notre site web et travaillé notre communication notamment. Le troisième axe majeur de notre action est de mobiliser l’ensemble de nos adhérents autour de notre vision de la formation infirmière et cadre et de la promouvoir auprès des décideurs et du Ministère.

CDS.com : Les 71èmes Journées Nationales d’Études viennent de s’achever. Ressentez-vous une certaine pression sous le poids de l’histoire de cette association ?

M.S. : Pas du tout ! J’en tire plutôt de la fierté et de la motivation. C’est plutôt intéressant, les 67 ans d’âge de cette association montre une certaine continuité. Elle ne réunissait à l’origine que des Directeurs d’instituts et a beaucoup évolué puisqu’elle rassemble également aujourd’hui de les formateurs. Nous espérons d’ailleurs pourvoir y accueillir également les étudiants.

Notre philosophie est de défendre la formation infirmière, en vue d’une professionnalisation améliorée.

CDS.com : Puisque vous parlez d’ouverture, avez-vous un projet d’intégration des formateurs des autres filières paramédicales ?

M.S. : Non, pas du tout. Notre rôle est de promouvoir la filière infirmière et ne souhaitons pas nous substituer aux associations dédiées qui font un excellent travail. Notre philosophie est de défendre la formation infirmière, en vue d’une professionnalisation améliorée et au service du patient. Nous sommes, en fait, plus préoccupés par les suites de la Grande conférence de santé, pour laquelle nous avons édité des commentaires concernant 13 des 22 mesures qu’elle a généré. Nous serons très attentifs, également, à ce que la constitution des GHT ne remettent pas en cause la gestion des instituts regroupés, par des Directeurs de soins. Eux seuls ont les compétences requises pour coordonner les nouvelles entités de formation qui verront bientôt le jour.

CDS.com : On a vu, au fil de ces Journées, que le métier de formateur est en train d’évoluer rapidement sous l’effet notamment des nouvelles technologies. Comment voyez-vous l’avenir de cette profession ?

M.S. : Comme vous l’avez souligné, depuis l’avènement de l’e-learning, du numérique ou de la simulation, nous sommes en marche vers la maîtrise de nouveaux outils. Mais l’avenir de cette profession sera conditionné par le développement de l’approche universitaire, et avec elle, le développement de la recherche en sciences infirmières et l’évolution vers un statut d’enseignants chercheurs.

Nous avons proposé de réamorcer les travaux sur la réingénierie de formation des cadres de santé

CDS : Pour finir, un petit mot sur la réingénierie de la formation de cadre de santé. Où en est-on ?

M.S. : Les travaux n’ont pas beaucoup avancé depuis 2012 et sont arrêtés depuis trop longtemps. La proposition d’un processus en Y avec un tronc commun et deux filières, manager ou formateur, en deux ans d’études semble faire l’unanimité. La Commission des Cadres du CEFIEC a proposé dans ce cadre que la première année de tronc commun fasse l’objet d’une validation professionnelle avec possibilité de prise de poste de cadre de santé. La seconde année, en lien avec le terrain, serait accompagnée de travaux de recherche au service des institutions et serait sanctionnée d’un Master 2. Nous avons proposé au Ministère de réamorcer les discussions sur cette réingénierie et attendons sa réponse...

Notre rôle est de promouvoir la filière infirmière et ne souhaitons pas nous substituer aux associations dédiées qui font un excellent travail.

Bruno Benque  Rédacteur en chef cadredesante.com   bruno.benque@cadredesante.com

Cet article a été publié le 13 juin 2016 sur cadredesanté.com que nous remercions pour cet échange.

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