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De la nécessité de professionnaliser la fonction de tuteur de stage

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Compétences infirmières

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La mission des tuteurs de stage pour les étudiants paramédicaux ne doit pas être galvaudée. C’est en substance ce que rappelle le CEFIEC dans un communiqué récent dans lequel il souhaite que le tutorat soit professionnalisé au sein des établissements de santé. Cela passe par une formation solide ainsi que par une rémunération dédiée. Il en va de l’homogénéité de la qualité de formation des étudiants sur tout le territoire.

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La qualité du tutorat de stage : un enjeu pour l’homogénéité de la qualité des formations paramédicales

Les périodes de stage ont une importance capitale pour la formation des étudiants aux métiers paramédicaux, plus encore que dans d’autres domaines, étant donné le niveau de technicité que ces métiers ont atteint au fil des années.

Des propositions concrètes en faveur d’une professionnalisation des tuteurs

Et qui dit stage, dit qualité de l’accueil de cet étudiant ainsi que de son accompagnement tout au long de son immersion dans le système de santé. Dans ce contexte, l’identification d’un tuteur de stage spécialement dédié devient un pré-requis incontournable pour atteindre une qualité de formation optimale et, en bout de chaîne, l’assurance de voir naître un professionnel compétent. Cette notion hautement sensible fait partie des chevaux de bataille du Comité d’Entente des Formations Infirmière et Cadre (CEFIEC). Celui-ci s’est fortement investi, depuis plusieurs années, sur ce sujet et revient aujourd’hui avec des propositions concrètes permettant la professionnalisation des tuteurs, qu’il souhaite rapidement remises à l’étude du côté du Ministère.

Pour assurer de manière efficiente la formation par  les  pairs,  il  est important de  garantir  au  tuteur  un  temps  exclusivement  consacré pour l’accompagnement et l’apprentissage des étudiants.

Des propositions conformes aux annonces du Ségur de la Santé

Cette volonté d’évolution est d’autant plus pertinente que cette thématique a fait l’objet de différentes annonces lors du Ségur de la Santé. Celui-ci appelle en effet à mieux structurer la formation pendant les stages et à reconnaitre et valoriser les fonctions de tutorat pour les professionnels encadrant des stagiaires avec une formation systématisée, en y consacrant du temps dédié et une rémunération. C’est donc fort logiquement que le CEFIEC, qui se positionne sur ce sujet depuis 2015, renouvelle dans un communiqué du 18 septembre 2020, ses propositions pour que soit formalisée la mission de tuteur de stage des professionnels de terrain.

Un temps d’accompagnement compris dans le temps de travail

Il considère absolument nécessaire que les tuteurs de stage bénéficient d’une formation allant au-delà des quatre jours aujourd’hui proposés. Et pour assurer de manière efficiente la formation des étudiants en stage, il est important de garantir au tuteur un temps exclusivement consacré à l’accueil, à l’accompagnement et à l’apprentissage des gestes dans des situations données. Ce temps de formation assuré par le tuteur doit être considéré comme "temps" de travail effectif et donc rémunéré. Car en effet, au-delà du geste soignant proprement dit, c’est le raisonnement clinique qui est susceptible d’être intégré par l’étudiant, au fil des échanges avec son tuteur, et d’acquérir une identité professionnelle propre dans un environnement changeant.

Les instituts et établissements de santé, conscients de l’importance de cet accompagnement, ont  pris  l’initiative  de  former  les  tuteurs   qui   réalisent   leur   mission   avec   sérieux   et professionnalisme. Mais rappelons que cette mission de tutorat réclame de dégager du temps et en conséquence des moyens nécessaires à l’encadrement de l’étudiant.

Un enjeu pour l’homogénéité de la qualité des formations paramédicales

Le CEFIEC remarque à cet égard que les instituts de formation qu’il représente ainsi que les établissements de santé, conscients de l’importance de cet accompagnement, ont pris l’initiative de former les tuteurs qui réalisent leur mission avec sérieux et professionnalisme. Mais rappelons que cette mission de tutorat réclame de dégager du temps et en conséquence des moyens nécessaires à l’encadrement de l’étudiant. Et force est de constater que ce n’est pas toujours le cas en pratique. La qualité des tutorats n’est pas partout assurée, ce qui entraîne des niveaux de formation inégaux selon l’établissement de santé dans lequel se déroule le stage.

Le CEFIEC en appelle donc au Ministère pour que des moyens soient dégagés, au sein de toutes les structures soignantes, afin que les étudiants bénéficient partout de tuteurs dignes de ce nom et que, au bout du compte, les patients soient pris en soin par des professionnels compétents, dès leur prise de poste.

Le tutorat permet de faire découvrir l’approche compétence au-delà de l’acte de soins,  mais aussi l’apprentissage relié au raisonnement clinique.  Cette  approche  permet  en  outre  au soignant en devenir, d’appréhender son métier et de créer son identification professionnelle.

Lire le communiqué du CEFIEC dans son intégralité ICI.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34

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