CADRE

Réingénierie des formations : lettre ouverte à Marisol Touraine

En ce premier jour de salon infirmier, la Coordination Nationale Infirmière (CNI), par l'intermédiaire de son collectif cadres, interpelle la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine, et s'inquiète de l'absence de propositions pour la réingénierie de la formation cadre...

La CNI interpelle Marisol Touraine dans une lettre ouverte.

Madame la Ministre,

Depuis plusieurs années, le syndicat CNI (Coordination Nationale Infirmière) revendique une réforme globale de la filière de formation infirmière (formation initiale et post-diplôme) dans un cursus Licence-Master-Doctorat (cf le processus de Bologne) ainsi que la création d'une discipline des sciences infirmières dans le champ académique.

La réforme de la formation cadres de 1995 et les différentes évolutions réglementaires ont aidé au positionnement des cadres de santé dans l'institution. Mais, depuis, les besoins de la société, les techniques, les organisations et les modalités de financement ont évolué. Le cadre de santé doit répondre à des injonctions paradoxales, ce qui ne fait qu'accentuer les difficultés quotidiennes.

Le rapport de Singly de septembre 2009 a constaté et présenté la complexité des exigences des institutions envers les cadres, l'ampleur de leurs missions et le malaise ressenti au quotidien. Depuis, il n'y a pas eu d'avancées concrètes dans la reconnaissance professionnelle.

Le syndicat CNI, par l'intermédiaire de son collectif cadres, s'inquiète de l'absence de propositions pour la réingénierie de la formation cadre. Le « collectif cadres » du syndicat CNI a proposé un référentiel unique d'activités et de compétences à partir des travaux, réalisés par les membres de ce dernier et transmis fin 2013.

Nous avons respecté les différentes compétences à acquérir qui se déclinent en unités d'enseignement, en lien les unes avec les autres. Le référentiel de formation est organisé pour mettre en relation les connaissances à acquérir et le développement des compétences requises. Il est construit en alternance entre des temps de formation théorique et des temps de formation en situation dans différents secteurs.

Le syndicat CNI prône l'émergence des sciences infirmières et leurs reconnaissances.

En effet, selon Lalande (1965), les sciences peuvent être définies comme un ensemble de connaissances et de recherches ayant un degré d'unité, de généralité et susceptibles d'amener les hommes qui s'y consacrent à des conclusions concordantes qui ne résultent ni de conventions arbitraires, ni des goûts ou des intérêts individuels qui leur sont communs mais en relations objectives qu'on découvre graduellement et que l'on confirme par des méthodes de vérifications définies.

L'ensemble des connaissances et compétences appartenant aux sciences infirmières et comprenant les sciences : humaines, biologiques, physiques et médicales régissent les soins infirmiers et leurs applications cliniques organisées en fonction des spécialités de la médecine, auxquelles s'ajoute la santé publique.

Au vu de ces commentaires, les sciences infirmières existent, le syndicat CNI revendique la reconfiguration des dispositifs actuels de formation comme suit :

  • Attribution du diplôme de Licence en Sciences Infirmières à l'entrée dans la profession infirmière conjointement à l'attribution du diplôme d'état par le ministère de santé (organisme certificateur).
  • Diplôme de Master en sciences infirmières donnant accès aux domaines d'activités cliniques infirmiers post-diplôme avec attribution conjointe d'un diplôme d'Etat. Les dispositifs de formation des spécialités actuelles (infirmiers anesthésistes, infirmières puéricultrices, infirmiers de blocs opératoires) seront reconfigurés dans cette perspective. Pour les domaines de la gestion et de la formation, un diplôme de Master sera délivré au terme du cursus conjointement au diplôme cadre de santé option infirmier.
  • Doctorat permettant de construire les connaissances scientifiques nécessaires à la santé de la population, à l'exercice de la profession infirmière et en partenariat avec les autres disciplines évoluant dans le champ de la santé.

Cette évolution de la formation et de développement de la recherche en soins infirmiers ne contrarie pas la volonté du syndicat CNI de maintenir et de développer la promotion professionnelle, avec une expérience professionnelle de 3 ou 5 ans, pour permettre l'entrée en formation, soit en IFSI, soit à certains masters.

En vous remerciant de votre attention, veuillez recevoir l'expression de mon profond respect.

Coordonatrice du Collectif Cadres Syndicat CNI

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Commentaires (1)

binoute1

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628 commentaires

#1

et pourquoi

dans divers aspects de notre porfessions, nos "représentants" lorgnenet vers les professions médicales pour se situer (cf ordre, cf prescription, cf recherches...) mais alors je peux aussi venir faire ma petite proposition ?

parce que finalement les fameux "représantants" ne sont parfois pas vraiement au courant de la vraie vie des inf qu'ils sont censés réprésenter...

donc pourquoi les activités infirmières ne pourrait-elles pas être toutes considérées comme des spécialisation ? comme en médecine (sauf erreur de ma aprt vous me pardonnerez, je ne suis pas médecin)

parce que rien que dans dans ce sujet, nulle part il n'est fait mention des ide scolaire, des ide hygiéniste, des ide de la bo, des ide du travail, des ide de matos à domicile....
On ne fait plus de soins (sauf les scolaires) mais on reste infirmière