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Mada Mitsabo – Souvenirs et retour au stress

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Exercice international

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Jérémie est rentré de Madagascar. Nostalgie et bonheur d’une belle expérience : « partir, c’est grandir un peu ! »

Il y a des voyages qui ne vous laissent pas indifférent. A vrai dire, je n’en ai encore jamais connu et ça m’est difficile d’imaginer que cela puisse arriver un jour. Voyager, sans nécessairement être loin, mais juste en étant ailleurs.

Changer d’horizon, s’ouvrir et voir comment ça se passe ailleurs, sortir la tête de notre petit nombril du monde. Il y a alors des images, des personnages, des instants, des couleurs ou des parfums, qui resteront à vie à l’intérieur de vous, et qui sauront refaire surface au bon moment. L’expérience était une première pour moi, dans ce domaine du projet solidaire. Madagascar, la grande île, celle qui fascine par ses contrastes et ses disparités, n’aura fait qu’amplifier la beauté de cette aventure.

Toutes les belles histoires ont une fin. Il m’est pourtant difficile de dresser un bilan de ces 5 semaines passées dans ce dispensaire de brousse malgache, tellement l’aventure aura été riche. Alors  je ne peux m’empêcher de me souvenir de ce premier jour… l’arrivée en 4x4, avec mes 4 gros sacs de matériel médical qu’il a fallu déballer, inventorier et ranger dans ces vieux tiroirs métalliques remplis d’antiquités médicales qui ne servaient pas…

Un premier jour mémorable, aussi bien dans l’excitation et la découverte de ce nouveau lieu de travail, que dans le désagréable sentiment d’arriver dans un rapport de supériorité. Heureusement ce rapport s’est très vite équilibré, l’agréable contact avec Irène, l’infirmière du dispensaire qui parlait très bien français, a pu nous permettre cet enrichissement mutuel que j’espérais tant. L’échange, le partage des connaissances, un équilibre subtil qu’il m’a parfois été difficile de trouver : il faut juste savoir mettre de côté ses petites habitudes ou principes occidentaux.

Mais mon action, même si elle a été très locale, aura tout de même contribué à des résultats plutôt concrets. Tout d’abord dans l’amélioration de certains soins, comme la réfection de pansements ou la réalisation et la manipulation des injections intra veineuses. L’utilisation de pansements type tulle bétadiné, ou tulle gras, aura permis de nettes améliorations dans des plaies chroniques que nous suivions tous les 2 jours.

Et puis les règles minimales d’hygiène, qu’il est difficile d’intégrer comme une nécessité dans des endroits si isolés. Pourtant, ces dispensaires de brousse, au vu de la multitude de pathologies - notamment infectieuses -  que l’on y rencontre, ne doivent pas devenir des lieux de transmission croisée.

A mon arrivée, rares étaient les instruments désinfectés après leur utilisation (le thermomètre se promenait ainsi d’aisselles en aisselles) et l’on se lavait les mains quelques fois dans la journée avec un vieux savon posé sur l’évier en béton.

Aujourd’hui, sans tomber dans les extrêmes, l’utilisation de la solution hydro-alcoolique entre chaque patient est devenue une habitude, le lavage des mains s’effectue régulièrement avec un savon liquide, l’achat de désinfectants permet une meilleurs asepsie des instruments, les patients qui arrivent avec une toux sont invités à mettre un masque… Ces quelques gestes, qui étaient perçus par les soignantes comme des pratiques exclusives des grands centres hospitaliers, sont aujourd’hui devenus des...

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