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Pauline LENGURIS : le combat d’une infirmière contre l’excision

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Exercice international

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Pauline Lenguris se bat pour que l’interdiction de l’excision, récente, soit mise en pratique dans les pays africains.

Une jeune femme mauritanienne se présente au domicile d’une exciseuse professionnelle avec sa petite fille d’environ un an. Bien décidée à lui faire subir cette mutilation, elle la pose sur un linceul déjà taché du sang d’une de ses congénères.

Là, une troisième femme s’interpose et tente de convaincre la jeune maman que l’excision de son bébé risque de lui générer, à l’avenir, toutes sortes de problèmes de santé. Elle emmène ensuite tout le monde chez un médecin qui explique qu’une hémorragie, une infection ou le tétanos peuvent handicaper la fillette après cette « opération ». Celle-ci ne sera, dès lors, pas pratiquée sur la fillette. L’exciseuse, convaincue, décide même de changer d’activité.

C’est cette histoire que relate un film pédagogique mauritanien, projeté le 9 décembre 2010 lors d’une rencontre organisée sur le sujet par l’association Santé Sud. L’invitée principale de cette manifestation était une infirmière kenyane, Pauline LENGURIS.

Pauline a créé, dans son pays, l’association SIGILI EL MAA (L’espoir des Maasaï) pour lutter contre cette pratique ancestrale. Excisée à l’âge de 13 ans, elle a donné un témoignage poignant de ce qu’elle a enduré. Vingt ans après, elle a encore le souvenir de la douleur qu’elle avait ressentie alors. Elle sillonne aujourd’hui les villages et les écoles du pays pour informer les jeunes et leurs parents sur les effets secondaires que peut engendrer l’excision sur l’appareil urogénital.

Au-delà des aspects sanitaires, elle milite aussi pour que les femmes s’émancipent. Dans cette région du monde où elles sont, au même titre que les enfants, la propriété des hommes, son message vise à faire évoluer les mentalités. Le droit au respect, à la dignité humaine et à la propriété sont autant d’items qu’elle voudrait voir, dans un avenir proche, bénéficier aux femmes.

Elle réfléchit aussi à trouver une alternative au business que représente l’excision. Pour aider les professionnelles de ces pratiques à changer d’activité, elle projette de leur faire profiter, par exemple, d’un micro crédit.

Afin de mieux se faire entendre, elle envisage de se faire élire au parlement kenyan. Cela ne sera pas chose facile car elle subit déjà certaines pressions. Mais son action fait déjà des émules et cette femme pleine d’énergie a de bonnes chances de réussir …

 

 Bruno BENQUERédacteur Infirmiers.combruno.benque@gmail.com

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