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Les infirmiers jugent inadéquates certaines admissions en HAD

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Des représentants des infirmiers ont jugé inadéquates, lors d'auditions menées par la mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) de l'Assemblée nationale, certaines admissions de patients en hospitalisation à domicile (HAD), arguant qu'ils pourraient être soignés à moindre coût par des libéraux ou des services de soins infirmiers à domicile (Ssiad).

patient alité infirmière libérale

Les infirmiers libéraux ont parfois le sentiment que l'HAD "marche sur leurs platebandes"...

La mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) de l'Assemblée nationale auditionne depuis début février 2016 les acteurs de l'HAD. Elle a entendu des représentants de l'Ordre national des infirmiers (ONI) le 17 mai au soir, puis des syndicats d'infirmiers le 18 au matin. L'HAD est un mode de prise en charge que nous ne remettons pas du tout en cause dans sa logique, mais sur le terrain, les infirmiers relèvent que les prises en charge en HAD ne sont pas toujours appropriées, a d'emblée affirmé le directeur de l'ONI, Yann de Kerguenec. Il a pris l'exemple des pansements complexes, estimant qu'à certaines exceptions près (comme les plaies tumorales, qui présentent un haut niveau de complexité et de risque), ils peuvent être effectués par des libéraux, un Ssiad ou les deux conjointement. En Languedoc-Roussillon, les établissements d'HAD consacrent 31% de leur activité aux pansements complexes, a-t-il rapporté. Il a jugé ce taux élevé alors que cette région (désormais fusionnée avec Midi-Pyrénées) présente une forte densité d'infirmiers libéraux et accueille des expérimentations de téléconsultations sur les plaies.

Le trésorier de l'ONI, Jean-Yves Garnier, a regretté que l'appareillage de la thérapie par pression négative ne soit pas pris en charge par l'assurance maladie si c'est un infirmier libéral qui la pratique. S'il était remboursé, cela éviterait des recours à l'HAD, a-t-il plaidé. Une circulaire de décembre 2013 invite à faire doubler d'ici à 2018 la proportion de séjours hospitaliers réalisés en HAD. Mais il y a peut-être un dogme du recours à ce mode de prise en charge alors que, dans certains cas, une prise en charge par des professionnels de ville serait possible à moindre coût, a considéré Yann de Kerguenec. Ce qui nous inquiète, c'est que ces inadéquations ont tendance à crisper les acteurs, a-t-il affirmé, notant que l'ordre reçoit énormément de remontées d'infirmiers libéraux qui ont le sentiment que l'HAD marche sur leurs platebandes.

Les représentants des quatre syndicats d'infirmiers libéraux ont dressé le même constat le 18 mai. Ils ont aussi relativisé le rôle de coordination joué par l'HAD auprès des patients. La présidente de Convergence infirmière, Ghislaine Sicre, a rappelé que certains établissements d'HAD font intervenir des infirmiers libéraux. Or, ceux-ci font tous les soins et font le lien avec les autres professionnels, comme le médecin traitant, tandis que l'HAD fait surtout de la coordination administrative,...

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Commentaires (2)

martinfred

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4 commentaires

#2

Y en a marre!!

Aujourd'hui encore j'ai été contacté par un HAD pour la prise en charge d'un patient en soins palliatifs soins a effectuer: une aide a la toilette chez un patient encore valide!!!
La rupture de dialogue entre la fnehad et les syndicats nous oblige a nous retrouver seul face a ces prestataires.
Alors oui constater que ces entreprises du soins qui n'ont d'autre but que de faire du chiffre ne respectent pas leur place est un bon début.
Mais comment faire comprendre a tous ces endimanchés de l'État et responsables d'organismes de santé tels que les ARS par exemple que nous sommes a notre place et qu'ils ne sont pas a la leur ? Ils devraient être un complément dans l'offre de soins et pas la seule alternative comme ils sont souvent présentés.
Nous sommes là, en place, nous faisons parti du réseau de ville, souvent les coordinateurs car plus souvent chez les patients et pourtant personne ne nous entend !
Alors oui il y en a marre!
Marre de se sentir autant seul alors que nous sommes si nombreux !

Fanny1408

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83 commentaires

#1

De qui se moque t-on ?

Les syndicats IDEL n’ont pas cru devoir renégocier en ... 2012 la convention nationale de ... 2007 !
Le protocole HAD de 2008 stipulait la possibilité de renégocier tous les ans avec la FNEHAD ... les syndicats IDEL ont laissé faire.
Aller perdre son temps à discuter avec des parlementaires qui font le contraire de ce pourquoi ils sont élus dès le lendemain des élections : spécialité des syndicats IDEL.
Le tout appuyé par un Ordre infirmier qui ne survit que grâce aux cotisations des ... IDEL et des sociétés infirmières.