IADE

Mouvement de grève chez les IADE le 22 mars 2016

par .

Nous avions rencontré le 3 février dernier lors du Congrès Secours Expo deux des représentants des infirmiers anesthésites : Gérald Delarue, président de l'Association Nationale des Etudiants Infirmiers-Anesthésistes (ANEIA) et Bruno Huet, vice-président du syndicat national des infirmier anesthésiste (SNIA). Ils nous expliquaient leurs attentes et leurs frustrations face à des négociations avec les tutelles qui patinent... Pour eux, le gouvernement les contraint à user de leur droit de grève, et de fait, une forte mobilisation est attendue le 22 mars prochain... L'ensemble de la profession IADE, Cadres et Etudiants est appelé à manifester dans la capitale.

Flash info du 18 mars 2016 - Dernières informations en direct du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA) - Le 22 mars prochain l'ensemble des infirmier(e)s-anesthésistes (IADE) de France sont appelés à une journée de mobilisation. Cette journée sera historique tant par son ampleur que par l'impact attendu dans les blocs opératoires notamment. En effet les activités opératoires programmées ont de très fortes probabilités d’être perturbées voire reportées. Les IADE sont depuis plus de 60 ans des paramédicaux exerçant leur activité au bloc, en salle de réveil, en maternité, réanimation, SMUR, unités d'algologie entre autres. Soutenus lors des mouvements de 2010 par l'actuelle ministre de la santé, les IADE sont les grands oubliés de la loi santé. C'est pourquoi poussés par leur besoin de reconnaissance et un  niveau d'hypocrisie jamais atteint ils ont décidé de sortir de l'ombre et de manifester leur soif de reconnaissance ! Après des mois de patience ; ballottés de réunions en réunions les IADE ont décidé de reprendre le chemin de la rue comme lors des grandes manifestations de 2010 ! Le mouvement des IADE est fort du soutien de plus de 90 parlementaires (via des questions écrites au gouvernement) dont notamment des députés Delaunay, Fourneyron, Touraine (rapporteur du texte de loi santé) et Sirugue. Des délégations ont par ailleurs été reçues à la commission de affaires sanitaires et sociales de l'assemblée, à la commission des affaires sociales du sénat, au siège du PS (entretien avec monsieur Mancel) le 16 février dernier et enfin au palais de l'ELysée le 03 mars (entretien avec le professeur Lyon-Caen conseiller santé et recherches). Plus déterminés que jamais à combattre cette injustice qui les révolte, les IADE vous donnent rendez-vous sur les pavés de la capitale en ce 22 mars. Rendez-vous à 10h à hauteur du 89 rue de Lille / Angle rue Solférino (Paris). Itinéraire du cortège: Rue de Lille, Rue des Saints-pères, Rue de Sèvres, Boulevard des Invalides, Avenue de Villars, Rue D'estrées. Départ du cortège à 11h Dispersion à 16h place Pierre Laroque.

Flash info du 14 mars 2016 - Dernières informations en direct du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA) - Le marathon continue avec la concertation avec le corps médical pour le volet "exercice professionnel" de notre mouvemen et une audition au Sénat...

  • Mardi 15 Mars 2016
    • 14h30 : réunion au ministère de la santé avec les représentants des médecins-anesthésistes
    • 17h30 : participation à une table ronde sur la profession IADE au Sénat organisée par la commission des affaires sociales. (Volets statutaire et d'exercice)
  • Mercredi 16 Mars
    • 14h30 : rencontre avec les représentants des médecins-urgentistes au ministère de la santé.

Flash info du 4 mars 2016 - Les représentants des IADE ont été reçus à l'Elysée le jeudi 3 mars 2016 à 15h pour discuter de leurs problématiques et évoquer la crise que traverse leur spécialité. Même si les échanges ont été plutôt constructifs sur les questions de statut, grille indiciaire, champs d'exercice, reconnaissance études et cursus, légitimité de la démarche..., les IADE continuent leur mouvement. Un rendez-vous est maintenant attendu avec le cabinet Touraine et, d'ores et déjà, l'intersyndicale SNIA /FO/UFMICT-CGT /UNSA associée à l'ANEIA a pris la décision d'une journée de grève et d'action de toute la profession IADE le mardi 22 mars 2016. Dans cet esprit, le SNIA a adressé une lettre "aux patients et à leur famille" pour les informer du mouvement de grève mais aussi pour leur conseiller de faire reporter leur intervention ; sécurité oblige...

« Nous avons vraiment peur pour notre profession... »

Gérard Delarue

Des infirmiers anesthésistes toujours en cours de négociations avec leurs tutelles...

Gérald Delarue, président de l'ANEIA nous explique le point de vue des étudiants infirmiers anesthésistes :

« Il est vrai que pour l'instant, les négociations étaient au point mort avec la DGOS. Cependant nous venons d'avoir récemment deux dates de réunion proposées par Michèle Lenoir-Salfati (Sous-direction des ressources humaines du système de santé), les 15 et 16 mars prochains, pour une concertation avec l'ensemble des parties, et notamment les sociétés savantes médicales. Nous espérons beaucoup de cette rencontre. Concernant un éventuel mouvement social qui pourrait advenir, c'est bien sûr possible mais, bien évidemment, il faudra que l'ensemble des acteurs concernés réunis dans l' intersyndicale en soit d'accord et que tous les IADE de France soient concernés. Nous souhaitons vraiment une réelle reconnaissance des compétences de l'IADE, de son autonomie avec des actes exclusifs ; une reconnaissance de ses capacités au quotidien et ce dans l'exhaustivité de son exercice, y compris en pré-hospitalier. Il faut surtout arrêter de demander aux IADE de se justifier de leurs savoirs. Ils suivent un parcours de formation rigoureux et de qualité, ce qui justifie aujourd'hui une reconnaissance juste. Nous doutons, si les négociations n'aboutissent pas, nous avons vraiment peur pour notre profession. De fait, nous sommes résolus à nous défendre coûte que coûte ».

« Faute d’un vrai traitement des causes, la problématique IADE perdure au-delà du raisonnable. Elle puise ses sources dans une non reconnaissance : des pratiques réelles et de leur apport à l’offre de soins, du niveau de responsabilité et d’autonomie comme du niveau de formation initiale et continue de cette profession. L’exercice professionnel IADE s’appuie sur une formation de haut niveau assortie d’une expérience professionnelle. »

« Oui le printemps risque d'être chaud pour les infirmiers anesthésistes...»

Les infirmiers anesthésistes ne sont toujours pas reconnus comme professions intermédiaires alors qu'ils ont pourtant obtenu la reconnaissance de leurs études au niveau master en 2014, et qu'ils remplissent tous les critères les rendant éligibles à un statut équivalent aux infirmiers "de pratique avancée", mais celui-ci leur est refusé. De plus, les IADE ne sont toujours pas rémunérés sur la base d'une grille indiciaire correspondant à leur niveau d'études. Les concertations attendues avec les tutelles et l'ensemble des intervenants concernés par ces sujets sont donc déterminantes pour le devenir de la profession IADE qui souligne son extrême détermination à obtenir ce qu'elle considère comme « légitime ».

Ecouter Bruno Huet, vice-président du SNIA, nous donner son point de vue

La profession n'a jamais été aussi déterminée et mobilisée. Même en 2010, on a pas atteint ce taux de sensibilisation. Alors oui, le printemps pourrait être chaud pour les IADE !

Le jeudi 4 février de 10h à 10h45, lors du Congrès Secours Expo, Gérald Delarue (ANEIA), Brunot Huet (SNIA) et Franck Pilorget, président de l'association nationale des infirmiers de sapeurs-pompiers (ANISP), proposaient en workshop de débattre autour de la question suivante : "Place de l'infirmier anesthéssiste diplômé d'etat (IADE) dans l'urgence préhospitalière et interhospitalière".

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (7)

clement38

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3 commentaires

#7

Précisions.

Non il ne faut pas 7 ans pour former un IADE, il faut 7 ans pour arriver au diplôme d'IADE ce qui est different, les deux ans d'experience demandés ne comptant évidement pas comme de la formation. Il faut bien 5 ans pour être IADE, durée en accord avec l'obtention du grade master.

loulic

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#6

la réponse que je vous donne est :

il faut 7 années minimum (et obligatoires) pour former un IADE, c'est la loi qui le dit.

Cinq années d'études et 2 ans de pratique professionnelle.

Les puer et les IBODE peuvent réclamer ceux qu'ils veulent.

Encore une fois, je ne vois pas ce qui vous défrise. Je ne vois pas ce qui vous pose problème.

Fanny1408

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#5

La question que je me pose est :

pourquoi annoncer 7 ans quand dans la réalité les études menant au diplôme d'IADE en comptent ... 5, à savoir 3 en ifsi et 2 en spécialisation.
Dans le même esprit, les puéricultrices, les ibode pourraient en revendiquer autant ?
Et un cadre nouvellement nommé pourrait dire "moi j'ai fait 6 ans de cursus pour être diplômé" ?

loulic

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#4

7 ans

Il faut bien 7 années pour former un IADE. C'est la loi qui l'impose, le législateur ayant considéré que c'est le nombre d'années minimum post bac avant de pouvoir exercer notre art.

La question que je me pose, c'est : est ce pour vous le problème le plus important concernant leur situation ?

Fanny1408

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#3

Un cursus de 7 ans ???

Mon propos n'est pas de remettre en cause l'existence des IADE, bien au contraire mais je pense que présenter les choses de façon biaisée (intentionnellement ?) ne peut que nuire à la crédibilité de cette revendication, à mon avis bien légitime. Et je suis fort étonnée que les parlementaires ne soient pas plus pointilleux dans la rédaction de leurs questions écrites qui paraissent au JO.

le vieux

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#2

A vot' bon coeur messieurs les médecins !

Bon, comme tourne l'affaire, plus les non-dits, il semblerait qu'on retrouve la même situation, du moins en partie, que celle que les anciens ont connue au début des années 1970 où certain syndicat de médecins AR, ainsi que nombre de grands chefs de service de l'époque, ne voulaient plus entendre parler des IAA (aide-anesthésiste...terme rabaissant à dessein). Déjà à ce moment, les infirmières ont failli perdre cette spécialité car ces messieurs estimaient que ces infirmier(e)s même bien formés ne seraient jamais assez compétents en rapport des leurs et que qu'elles coûtaient (déjà) trop cher (surtout dans le privé).
Mesdames, messieurs, battez-vous et longue vie aux IADE !

Fanny1408

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83 commentaires

#1

Un cursus de 7 ans ???

Je lis, ici et là, depuis 48 heures que les IADE revendiquent un cursus de formation de 7 voire de 8 années ??? A ma connaissance, il y a 3 années en Ifsi et 2 années en spécialisation, non ? Donc 5 et pas 7 ou 8 ??
Cette annonce, pour le moins surprenante, est de plus reprise par les députés; les sénateurs, l'ordre infirmier et le snia.