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Curares et choc anaphylactique : 4 % de mortalité en France

Les réactions anaphylactiques aux curares sont associées à un taux de mortalité de plus de 4% en France, selon une étude présentée le 18 septembre 2014 au congrès de la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar) à Paris.

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Réactions anaphylactiques aux curares : 4% de mortalité en France

A partir de la base de données du système national de pharmacovigilance, Marie Reitter du CHU de Nancy et ses collègues ont sélectionné les cas de réactions anaphylactiques aux curares, survenus entre janvier 2000 et décembre 2011, et déterminé le taux de mortalité associé et les facteurs de risque de décès. L'analyse a porté sur 2 022 cas de réaction d'hypersensibilité à un curare, dont 84 se sont avérés mortels. Le taux de mortalité moyen s'élevait à 4,1%. Parmi les cas examinés, 1 247 cas de réaction sévère (grade 3 et 4) ont été retenus afin d'identifier les facteurs de risque de décès. Aucun curare en particulier n'était identifié comme facteur de risque de surmortalité, même si le curare le plus souvent incriminé était le suxamethonium (65,4%), suivi de l'atracurium (14,5%), puis du rocuronium (8,4%), du cisatracurium (7,5%) et du vecuronium (Norcuron*, MSD) (1,8%).

Le sexe féminin était protecteur contre le risque de décès, avec une probabilité de décès significativement réduite de 60%. Le contexte d'urgence augmentait significativement la probabilité de décès d'un facteur 2,6, l'obésité d'un facteur 2,4, un antécédent d'hypertension artérielle (HTA) d'un facteur 2,5, un antécédent de maladie cardiovasculaire autre d'un facteur 4,4 et l'utilisation d'un bêta-bloquant au long cours d'un facteur 4,2.

Le délai moyen de survenue du premier symptôme d'anaphylaxie était de 2,1 minutes et le délai moyen d'injection du premier bolus d'adrénaline de 3,4 min, avec une dose totale injectée de 15 mg en bolus. Il n'y avait aucune différence significative de prise en charge entre les décès "précoces" (survenus immédiatement ou après mise en place d'une assistance cardiocirculatoire) et "tardifs" (liés à une défaillance multiviscérale secondaire à l'arrêt cardiovasculaire récupéré).

La prise en charge des cas mortels était conforme aux recommandations internationales, avec un délai court pour la mise en oeuvre des thérapeutiques spécifiques, soulignent les auteurs. On peut donc supposer qu'il existe une résistance à l'adrénaline. Il est donc nécessaire de développer de nouvelles approches thérapeutiques, concluent-ils.

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