IADE

Les IADE mobilisés devant le ministère de la santé ce 21 mai

Ce jeudi 21 mai, les infirmiers anesthésistes se sont rassemblés devant le ministère des affaires sociales et de la santé afin de clamer leurs revendications. Largement suivie en région parisienne et en province, cette journée de grève nationale est un cri d'alarme poussé par une profession (toujours) en quête de reconnaissance.

manifestation d'IADE Ministère de la Santé

Les IADE défendent leurs revendications devant le ministère de la santé

Ils avaient obtenu une revalorisation de leur diplôme en 2014, les voilà une nouvelle fois dans la rue pour faire valoir leurs droits. Un an après avoir acquis le grade universitaire de master, les IADE réclament une reconnaissance statutaire officielle. Nous avons un bac +5 mais notre diplôme n’est toujours pas reconnu en tant que tel. Le ministère nous a accordé le grade de master mais pas le niveau. C'est la raison pour laquelle notre grille salariale reste sous-évaluée. En effet, hormis la possibilité de suivre d'autres formations universitaires, l'obtention de ce grade n'a induit aucune revalorisation concrète de la profession. Désormais, nous avons un master pour un cursus qui dure en réalité 7 à 8 ans, il est logique que la grille salariale évolue, avance Jean-Marc Serrat, président du Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA). Nous ne devrions pas être obligés de manifester. L'augmentation des salaires aurait dû se faire naturellement. C'est ce que considère également l'Ordre National des Infirmiers (ONI). Dans un communiqué de presse datant de ce jeudi, l'ONI se rallie au mouvement et réclame une reconnaissance pleine et entière du LMD pour l'ensemble de la profession. Ce matin, beaucoup ont fait le déplacement, notamment de Lille et de Grenoble, pour cette mobilisation. Ceux qui n’ont pas pu se rendre à Paris ont été appelés à se rassembler devant l’ARS de leur région. Nous sommes ici pour récupérer notre dû !, s’exclame une IADE venue de province. Nous injectons des médicaments sans prescriptions et de façon autonome, nous réadaptons les respirateurs et assurons l’entretien de l’anesthésie. Ce n’est pas le médecin qui se charge de tout cela, c'est nous. Notre salaire devrait être à la hauteur de nos responsabilités !. En effet, la différence de salaire entre un IDE et un IADE diminue avec les années de carrière. Cette reconnaissance statutaire reste donc l'une de leurs principales revendications (parmi tant d’autres).

Nous sommes ici pour récupérer notre dû !

Des revendications exprimées depuis 2010

En 2010, Marisol Touraine nous avait dit de « ne rien lacher ». Et bien qu’elle se rassure : nous ne lâcherons rien !, garantit Jean-Marc Serrat. Ce mouvement est la suite logique du 5 juin 2014. Ce jour là, devant le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, nous avions promis de revenir. Nous sommes donc de retour. Depuis 5 ans, les infirmiers anesthésistes réclament, entre autres, une réaffirmation de leur rôle dans les services extra hospitaliers, notamment dans les SMUR. Les IADE sont de plus en plus évincés uniquement pour des raisons budgétaires. A leur place, on préfère recruter des IDE dans les SMUR parce que ça coûte moins cher. Mais de ce fait, la qualité de la prise en charge du patient s'en trouve altérée.

Depuis 2010, les infirmiers anesthésistes ont également perdu une reconnaissance de la pénibilité de leur profession. Pourtant, les raisons justifiant cette revendication sont multiples : des horaires décalés, un risque de contamination chimique et biologique important, un exercice de nuit, des astreintes et des gardes étendues... Nous sommes parfois amenés à endormir les patients après une journée de 22h. Si ce n’est pas une situation de pénibilité, qu’est ce que c’est ?, s’interroge Edouard Podyma, secrétaire général adjoint du SNIA.

Manifestation IADE ministère de la santé

Une mobilisation largement suivie par l'ensemble de la profession.

En 2010, Marisol Touraine nous avait dit de « ne rien lacher ». Et bien qu’elle se rassure : nous ne lâcherons rien !

Déterminés à mener cette action jusqu’au bout 

Nous nous sommes battus en 2014 pour le grade de master et nous l'avons obtenu « aux forceps », le mouvement va continuer. Nous n'avons pas pour habitude de baisser les bras. Et pour cause. Il a 5 ans, le conflit qui opposait les IADE aux représentants politiques a duré 7 mois et s’est soldé par des violences policières le 1er octobre 2010. Aujourd’hui les IADE sont résolus à obtenir ce qu'ils réclament. Nous n’aimerions pas en arriver là une seconde fois, mais nous n’allons pas nous laisser faire. Nous ne connaissons pas la soumission, réagit Jean-Marc Serrat. Ce jeudi à 11h, le SNIA, l'UFMICT-CGT et Sud Santé ont été reçus par Michèle Lenoir-Salfati, sous directrice des ressources humaines du système de santé à la direction générale de l’offre de soins (DGOS). Nous sommes très contrariés depuis hier soir, à l’annonce de cet entretien avec la DGOS. Nous nous attendions à être reçus par Grégory Guillaume, chef du cabinet de Marisol Touraine, et pas uniquement par des représentants administratifs. A défaut de nous recevoir aujourd’hui, les politiques auraient pu s'entretenir quelques minutes avec nous ou nous proposer une date de rendez-vous ultérieur, s’indigne Jean-Marc Serrat. Finalement, au cours de cette réunion aucune proposition concrète n'a été faite par la DGOS. Par conséquent, les représentants syndicaux appellent les IADE à une mobilisation massive en septembre prochain, afin d'obtenir à terme une reconnaissance statutaire à la hauteur de leur « juste valeur ».

Nous nous sommes battus en 2014 pour le grade de master et nous l’avons obtenu « aux forceps », le mouvement va continuer. Nous n'avons pas pour habitude de baisser les bras.

Creative Commons License

Journaliste infirmiers.com gwenaelle.hight@infirmiers.comhttps://twitter.com/GwenHight

Publicité

Commentaires (7)

Dop@mine

Avatar de l'utilisateur

61 commentaires

#7

Oui, l'IADE est réellement nécessaire

Il est impossible de ramener tout cela à des problèmes de personnes. Vous trouverez des exemples subjectifs et des histoires de chasse partout.

Concernant l'utilité des intervenants, on peut aussi mettre deux ambulanciers et leur demander de ramener tout le monde dare dare au SAU... Les pays anglo-saxons faisaient ça pendant des années et maintenant les cursus paramedic ont des volumes de formation et des durées qui s'approchent de celles de la spécialisation IADE. Un hasard sans doute...

On peut aussi former les ambulanciers à poser des VVP et faire des ECG. Ainsi on gardera les IDE au SAU. Ce genre de logique ne mène à rien de bon.

elhombredelamancha

Avatar de l'utilisateur

64 commentaires

#6

arf ...

suivant la qualité de la régulation et le motif réel de prise en charge , un IADE serait réellement nécessaire dans quelle proportion des interventions ?

suivant la composition de l équipage SMUR (IDE ou IADE,ambulancier ou pas) , on peut aussi s interroger sur la place de chacun dans l algorithme de prise en charge ...

assurer les meilleurs soins dans les meilleures conditions dans les meilleurs délais ...pour relativiser un peu l argument de dopamine que j entends et comprends au demeurant très bien , j ai vu de très bonnes équipes IDE/médecin bosser en synergie . j ai aussi vu des équipes IADE/médecin ou ce dernier regardait placidement bosser l IADE . pas besoin de dire lesquels étaient au final les plus performants .

Dop@mine

Avatar de l'utilisateur

61 commentaires

#5

Les IDE ne sont pas incompétents !

Le bon outil au bon endroit ludodu38 :)

De la même manière qu'au bloc, il faut que cela soit un IADE qui conduise l'anesthésie, il faut un IADE au SMUR.

La recommandation est la même, sauf que dans un cas la présence est obligatoire et exclusive et dans l'autre prioritaire. La priorité est donc grillée par souci d'économie.

Les médecins se sont spécialisés dans l'urgence, les infirmiers ont déjà cette spécialité depuis un moment (IADE)... Pourquoi seraient-ils moins présents ?

zeb24

Avatar de l'utilisateur

53 commentaires

#4

Mauvaise interprétation.

Il n'est dit nul part que les IDE font du mauvais travail. Au contraire !

Il est juste écrit que les IADE sont plus formés pour ce travail spécifique. Ce qui est logique. Rien de plus.

ludodu38

Avatar de l'utilisateur

3 commentaires

#3

Déçu

ah il me semblait que cela allait dans ce sens mais j'étais pas sur, ou du moins j'espérais me tromper :(

je suis pour vos revendications et il est bien normal que votre spécialité soit reconnu à sa juste valeur, j'ai eu l’occasion de travailler au bloc et je suis admiratif du travail des collègues IADE

Pourtant je suis déçu que vous employez de telle qualificatifs envers les IDE dire que nous faisons du mauvais travail cela m'affecte profondément car je n'ai pas l'impression de mettre les patients en danger depuis maintenant 16 ans que je fais ce métier.

il faut de la place pour tous et des priorités doivent effectivement mises mais les contraintes locales, budgétaires sont bien présentes.

Il faut que l'ensemble de la profession soit solidaire et j'ai peur qu'avec de tel propos nous nous divisions !!

en tout cas je vous souhaite pleine réussite dans vos revendications

amicalement

zeb24

Avatar de l'utilisateur

53 commentaires

#2

Evident

Ca veut dire que mettre du personnel moins cher parce que moins bien formé, cela fait diminuer la qualité de soins et les chances pour le patient. Les IADE sont des spécialites de l'urgence, leur place est indispensable au SMUR.

ludodu38

Avatar de l'utilisateur

3 commentaires

#1

Perplexe !!!

"Les IADE sont de plus en plus évincés uniquement pour des raisons budgétaires. A leur place, on préfère recruter des IDE dans les SMUR parce que ça coûte moins cher. Mais de ce fait, la qualité de la prise en charge du patient s'en trouve altérée".

ça veut dire quoi ??