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Photographie du corps professionnel des infirmiers anesthésistes

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Compétences infirmières

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Les résultats d'une enquête nationale inédite menée en mai 2018 par le SNIA (Syndicat national des infirmiers anesthésistes) auprès des IADE démontre l'autonomie supervisée de l'infirmier anesthésiste, son expertise clinique et technique et les potentialités existantes quant à son rôle dans le système de soin et notamment le virage ambulatoire. Revue de détails vertigineuse à l'image de ce portrait d'IADE qui l'est tout autant, compétences obligent !

Photographie du corps professionnel des infirmiers-anesthésistes

Rares sont les IADE affectés à un seul poste de travail ou une seule activité/spécialité. Les chiffres démontrent la polyvalence dont font preuve ces professionnelsw

Selon le SNIA, l'objectif de cette enquête (1) consistait en une photographie du corps professionnel des infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (IADE), de ses pratiques actuelles en France, mais aussi de ses attentes afin d'en extraire des données concrètes pour la promotion et la défense de la profession. Pour rappel, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) recense, pour l'année 2017, 10 311 IADE dont 69 % de femmes et 31 % hommes. Selon les résultats de l'enquête du SNIA, 40-44 ans est la fourchette en âge la plus représentée (23,25%), suivie de 35-39 ans (18,09%) et de 49-47 ans (17, 97%). On note également une surreprésentation significative des hommes de 40-44 ans (+13 points) et une sous-représentation des professionnels de plus de 60 ans. D'un point de vue géographique, les régions qui priment pour les répondants sont : l'Auvergne-Rhône-Alpes (13,06%),  l'Ile-de-France (12,35%), l'Occitanie (11,26%). Le Centre-Val-de-Loire est quant à lui peu représenté (2,95%). La répartition du panel selon les fonctions exercées se compose comme suit : IADE (93,06 %), Cadres de Santé (5,63%), IADE Cadres Supérieurs de Santé (1, 20 %), IADE Directeurs des Soins soit (0.11 %).

23,88 % des répondants IADE sont formés à l’hypnose

Le diplôme d’état infirmier français représente 98, 63 % des répondants, 1,37 % sont issus d’une formation étrangère (Belgique, Espagne, Suisse, Luxembourg, USA, Arménie, Roumanie, Italie). 16,2 % des répondants ont bénéficié de la nouvelle formation graduée Master mise en place depuis la rentrée d’octobre 2012 (promotions 2012-2014 et suivantes) suite à la réingénierie de la formation. Selon le SNIA, cette quasi-exclusivité des formations françaises peut s’expliquer par les grandes différences des niveaux d’exigence des diplômes européens entre eux. Dans le classement international d’exigences des formations paramédicales en anesthésie, la France arrive en deuxième position après le cursus et les pratiques professionnelles des États-Unis (CRNA).

22,25 % des personnes interrogées détiennent un ou plusieurs diplômes universitaires (DU ou DIU). L’algologie/la prise en soin de la douleur arrive en tête des intitulés de DU (l’intégration du DU douleur dans certains cursus d’écoles d’IADE est venue renforcer le taux de diplômés de ce thème de prédilection pour la profession). Les autres thèmes récurrents (par ordre décroissant) sont : Urgences, Hypnose, Réanimation, Catastrophe, Rapatriement sanitaire, Gestion, Pédagogie, Droit…   Les principaux domaines des diplômes nationaux universitaires (LMD) retrouvés sont : les Sciences de l’éducation, Sciences sanitaires et sociales, Management, Biologie, Gestion, Droit, Psychologie, STAPS, ingénierie des formations . 26.83 % des répondants sont détenteurs d’un diplôme officiel de formateur en secourisme (Monitorat national…).

23,88 % des répondants sont formés à l’hypnose. Ces derniers sont 80.55 % à pratiquer ces techniques soit 19.23 % des IADE pratiquants des techniques d’hypno-analgésie. La répartition des IADE en fonction de l’employeur correspond à 81,39 % de salariés publics, 6,93 % du privé non lucratif, 9,98 % du privé lucratif (dont 5,81 % de salariat de sociétés de médecins anesthésistes et 4,17 % de salariat de clinique de secteur privé lucratif). 80,45 % des IADE exercent à temps plein leur activité professionnelle. La formule de temps de partiel la plus répandue est le 80 % (12,4 % des répondants) et notamment pour 17 % de femmes.

20,31 % des IADE déclarent effectuer des vacations pour un autre employeur. La proportion d’IADE du secteur public déclarant exercer leurs fonctions pour un autre employeur s’élève à 14,1 % pour les IADE exerçant en CH(R)U et 19,57 % des IADE exerçant en CH ; soit une moyenne pour la fonction publique hospitalière de 16,82 %. Le SNIA rappelle à cet effet que l’IGAS, dans son rapport (2) expliquait que ces cumuls d’emploi, bien qu’illégaux, pourraient avoir une utilité sociale en permettant le maintien ou la continuité du service qui est assuré au bénéfice du patient. Le cumul peut éviter par exemple le report des activités programmées.

 Le profil des répondants de l’enquête correspond à la répartition employeurs des IADE en France, à savoir que la grande majorité du corps professionnel se situe au sein des établissements publics hospitaliers.

Les résultats d'une enquête nationale inédite menée en mai 2018 par le SNIAConcernant le secteur d'activité des répondants, on note que rares sont les IADE affectés à un seul poste de travail ou une seule activité/spécialité. Les chiffres démontrent la polyvalence dont font preuve ces professionnels. Bien évidemment, ce sont les activités anesthésiques en bloc opératoire et en secteurs interventionnels qui arrivent en tête des activités. Mais il y en a d'autres : exercice en SMUR (14,5 %), intervention au sein des urgences intra-hospitalières, représentation (4,52 %) des professionnels, secteurs de réanimation/Brûlés (4,11 %), intervention sur les lieux de formation (Écoles d’IADE, Instituts de formation, CESU) (7 et 8 %). L’encadrement des SMUR représente près de 19% des professionnels cadre et 9,45% de l’encadrement des services d’accueil des urgences. Les médecins urgentistes bénéficiant d’IADE au sein des équipages SMUR semblent majoritairement s’appuyer sur leurs compétences concernant la gestion de la sédato-analgésie et des voies aériennes supérieures. Néanmoins, il subsiste une part non négligeable de médecins urgentistes n’exploitant pas totalement les prérogatives délégables à l’IADE dans le cadre de ces activités.

L’activité de formation est l’autre domaine d’activité dans lequel on retrouve les IADE Cadres de santé (20% dans les écoles et instituts de formation et 14% interviennent dans les centres d’enseignement des soins d’urgence). 8% des IADE Cadres managent des services de réanimation chirurgicale et on note que plus de 10% exercent leur activité en réanimation médicale. Près de 12% déclarent également exercer au sein d’entités administratives auprès des directions (soins, qualité, RH …. Dans le secteur public hospitalier, 72,15% des IADE déclarent être encadrés par des personnels de leur spécialité. Dans les cliniques du secteur privé, il apparaît que le rapport s’inverse fortement.

28,3% des IADE exerçant en SMUR possèdent un DU ou DIU principalement en lien avec l’oxyologie, (médecine d’urgence, catastrophe, rapatriement) et la prise ne charge de la douleur. 43,7% sont détenteurs d’un diplôme de formateur en secourisme.

24, 26 % des IADE répondants exercent des fonctions de représentativité dans leur établissement, 68 % déclarent pouvoir exercer facilement/relativement facilement leurs mandats dans ces instances de représentativité. 32 % éprouvent des difficultés/impossibilités à les exercer. 37, 6 % des IADE et 67 % des IADE Cadres déclarent exercer des missions transversales dans leur établissement. 51,44 % d'entre eux ont des difficultés pour pouvoir exercer leurs fonctions. La formation est la première mission (tutorat de stage, formation dans le service et/ou l’établissement, directeur de mémoire), puis la rédaction et/ou évaluation de protocoles du service.

Pour le SNIA, ce taux d’engagement démontre l’implication et le leadership des IADE dans la formation du personnel, mais aussi dans toutes les missions concourant au bon fonctionnement du système dans lequel ils/elles évoluent. 18 % des IADE participent à des activités extra-professionnelles liées aux domaines sanitaires et sociaux (soins, secours) 7,69 % des répondants IADE sont Infirmiers Sapeurs-Pompiers (ISP), 4,5 % des répondants sont Réservistes EPRUS, 1,75 % sont Réservistes au Service de santé des armées, 2,13 % sont membres d’une ONG. Le SNIA souhaite rappeler ceci : considérant le nombre d’infirmiers sapeurs-pompiers en France qui serait de 6922 professionnels (3), les IADE représenteraient 11,4 % des Infirmiers Sapeurs-Pompiers. 67 % des IADE ISP déclarent exercer avec des protocoles infirmiers de soins d’urgence (PISU) spécifiques IADE dans leur département leur permettant de mettre en œuvre leurs compétences.

Les résultats d'une enquête nationale inédite menée en mai 2018 par le SNIA

 57 % des IADE réalisent des gardes sur place – pour la moitié d'entre eux des gardes de 24h - et les IADE Cadres de santé réalisent des gardes administratives pour 57,48 % d’entre eux.

Concernant les astreintes, 49.79 % des IADE les réalisent à leur domicile (contre 37 % en 2001). Pour le SNIA, cela tend à démontrer que le recours à l’astreinte a pris une ampleur certaine. La moitié des IADE hospitaliers en réalisent avec un recours notable dans le secteur privé non lucratif (64,4 %) et un faible recours dans le système privé lucratif (21,13 %) Tous secteurs confondus, l’astreinte est réalisée sur un mode de volontariat pour 75 % des répondants. Quant aux IADE Cadres de santé, ils sont 37,8 % à réaliser des astreintes administratives.

 87.69 % des IADE interrogés déclarent participer à l’activité ambulatoire.

Concernant l'exercice au bloc opératoire, dans le secteur public, un peu moins d’1/3 des IADE exercent au sein de petits blocs (1 à 6 salles), 1/3 dans des blocs de moyenne grandeur (7 à 12 salles) et le dernier tiers dans de grands blocs (13 à +de 20 salles). Dans le secteur privé non lucratif, 1/4 des IADE exercent au sein de petits blocs (1 à 6 salles), 40,5 % dans des blocs de moyenne grandeur (7 à 12 salles) et le dernier tiers (33,05 %) dans de grands blocs (13 à +de 20 salles). Enfin, dans le secteur privé lucratif, 18,58 % exercent dans de petits blocs, 45,35 % dans de moyens blocs et 46,59 % dans de grands blocs. 87,69 % des IADE interrogés déclarent participer à l’activité ambulatoire. Pour le SNIA, cette donnée confirme l’engagement et le rôle de la profession IADE dans le cadre du virage ambulatoire.

Malgré le peu d’espace ouvert aux IADE pour des activités de consultations/visites pré-opératoires/pré-interventionnelles, il s’avère qu'ils se sentent prêts à assumer de nouveaux rôles dans le système. Pour le SNIA, une collaboration permettant la réalisation par l’IADE de visites pré-anesthésiques, voir de consultations aux patients sans antécédents notables, dans le cadre de l’ambulatoire par exemple, aurait tout son sens et sa pertinence. Ces nouvelles activités pourraient permettre la redistribution de temps médical sur des activités de consultation "complexe" tout en permettant aux patients sans antécédents de bénéficier d’une information complète sur l’acte anesthésique délivrée par un professionnel de l’anesthésie, l’IADE.

Près de 18 % des IADE exercent des fonctions de régulation au sein de leur bloc opératoire. Les IADE Cadres de santé y travaillant sont 80,88 % à exercer ces fonctions. Autre constat, la stratégie anesthésique (anciennement protocole) établie par le Médecin Anesthésiste-Réanimateur (MAR), n’est toujours présente que dans 12 %, souvent 25 %. Elle n’est jamais présente dans 31 % des cas et seulement parfois présente dans 32 %. Une absence qui selon le SNIA, interpelle sur le fait légal de la pratique IADE en l’absence de stratégie écrite. Il semble également que le cadre réglementaire ne soit pas encore en adéquation avec les compétences développées par les IADE sur le terrain.

 Le médecin anesthésiste peut intervenir à tout moment dans 97,99 % des organisations mises en place.

En moyenne, 21 % des IADE pratiquent fréquemment (souvent/toujours) les inductions anesthésiques seuls, parfois 37,13 %, jamais 41,76 % . C’est dans le secteur privé lucratif que l’induction autonome est la plus fréquente, pratiquée régulièrement par les IADE salariés de cliniques de la FHP à 63,38 % (souvent : 18,31 % et toujours 45,07 %). Le MAR est toujours présent sur le site (pouvant lui permettre d’intervenir rapidement) pendant la phase d’entretien dans 85,14 % des déclarations. Des résultats qui, selon le SNIA, démontrent également l’autonomie dans la réversion anesthésique et le sevrage ventilatoire et hémodynamique.  Dans 89,67 % des cas, les IADE n’induisent jamais seuls les enfants (8,94 % parfois), les recommandations d’induction à 4 mains sont globalement strictement respectées.

 Les résultats de cette enquête d'envergure confirment la pratique quotidienne et l’expertise reconnue des IADE dans la gestion des voies aériennes supérieures.

Les résultats d'une enquête nationale inédite menée en mai 2018 par le SNIA

Une majorité d’IADE (64 %) serait favorable à ce que la pose d’abords vasculaires centraux soit une technique (ré)intégrée dans leur activité/formation. L'enquête attire également l'attention sur l’activité de poses d’abords veineux périphériques difficiles par les IADE en dehors de leurs secteurs n’avait jamais été quantifiée. On note que cette activité est extrêmement répandue, mais très peu cotée ni valorisée.  En effet, une écrasante majorité d’IADE (>90 %) déclare sortir de leur unité afin de perfuser des patients difficiles à la demande des services d’hospitalisation. Le SNIA souligne également qu’une majorité d’IADE (72,34 %) serait favorable à ce que des techniques d’Anesthésie-Loco-Régionale (ALR) soient totalement intégrées dans leur activité/formation. Comme sur les abords veineux centraux, nous appelons de nos vœux à l’enrichissement de nos référentiels de formation, de compétences et d’activités dans le domaine de l’anesthésie loco-régionale.

L’administration de thérapeutiques et la réalisation d’actes sans prescription apparaît être le quotidien de nombreux IADE en  Salle de Soins Post-Interventionnelle (SSPI). Le SNIA le souligne, il semble naturel pour ces personnels autorisés à pratiquer en autonomie l’anesthésie en salle d’intervention de continuer à exercer leurs compétences en post-opératoire (analgésie, corrections des effets secondaires liés à l’anesthésie, maintien de l’hémodynamie et de l’hématose…). De plus, les IADE estiment à juste titre (puisque cette pratique est factuelle) qu’ils/elles possèdent les compétences nécessaires pour valider les sorties de SSPI des patients opérés. Il reste la législation à faire modifier et enfin reconnaître cette responsabilité exclusive à l’IADE.

Une écrasante majorité d’IADE estime avoir les connaissances suffisantes pour prescrire et administrer des médicaments notamment à visée antalgique ou antiémétique. Pour le SNIA, il apparaît urgent pour sécuriser les pratiques, de faire reconnaître ce droit de prescription limité (ou d’utilisation professionnelle) déjà inscrit dans le référentiel, mais qui n’est ni effectif ni légalisé malgré le fait que la "poursuite de la réanimation per-opératoire" en SSPI figure dans le texte de loi régissant la pratique IADE (4).

Le moyen d’alerte le plus répandu impliquant la composition d’un numéro et l’attente de la réponse du MAR démontre clairement que l’intervention du MAR en cas de problème ne peut être immédiate.

En matière de matério-vigilance, de sécurité anesthésique et de procédures, l’IADE apparaît toujours comme le professionnel garant de la sécurité anesthésique notamment via la vérification quotidienne des matériels et de leur bon fonctionnement. Rappelons que la Check-list HAS stipule bien que la vérification du matériel nécessaire à l’anesthésie doit être effectuée par un personnel qualifié en anesthésie (excluant donc tout autre paramédical).

30,72 % des IADE déclarent connaître régulièrement des difficultés techniques dans l’utilisation du système informatique pour tracer l'anesthésie (souvent 27,7 % et toujours 2,8 %). Ces problématiques peuvent être liées aux solutions matérielles (stations, connectiques…), environnements réseau et/ou solutions logicielles (configuration, connexion serveur…). Le SNIA le souligne, ces problèmes récurrents peuvent notamment engendrer des interruptions de tâches (augmentant le risque d’erreur), le ralentissement de l’activité, la perte de traçabilité de l’anesthésie.

 Plus de trois quarts des répondants estiment que la définition officielle internationale de la pratique avancée correspond à la profession IADE. Pour les IADE Cadres de santé ce taux s’élève à 80,31 %.

Les résultats d'une enquête nationale inédite menée en mai 2018 par le SNIAConcernant la formation continue, 62,68 % des répondants ont bénéficié d’une formation au cours de la dernière année. La médiane indique que près de 50 % des formations effectuées par les IADE étaient d’une durée supérieure ou égale à 3 jours dans l’année 2017. Ces formations sont majoritairement financées par l’employeur (86,66 %), l’auto-financement concerne 12,29 %, tandis que la prise en charge financière par les laboratoires représente 10,89 %. Le SNIA rajoute que le sujet d’une re-certification validante, et de tout ce que cela impliquerait, divise quasi parfaitement les professionnels interrogés (49,67 %/50,33 %) pourtant l’obligation triennale de suivi d’un parcours de DPC (5) pourrait déjà s’assimiler à un début de re-certification et nécessite que ces parcours de formation soient adaptés et pertinents pour notre spécialité d’IADE.

Qu'en est-il de la représentation (associations professionnelles, collectifs régionaux, ordre national infirmier , syndicat) ?  Un quart des IADE répondants sont adhérents d’une association IADE locale ou régionale, 45, 51 % sont en lien avec un collectif IADE local ou régional. Seuls 27, 4 % des IADE sont inscrits à l’Ordre national infirmier alors qu'une majorité d’IADE (55, 4 %) estime qu’il est nécessaire que les IADE soient correctement représentés au sein de l’ONI. Enfin, 61 % des IADE admettent ne pas connaître les missions de l’Ordre national infirmier… 33 % du panel déclare être syndiqué (taux de syndicalisation des salariés en France : 11 %) (6). La part de syndiqués au SNIA représente la majorité des IADE déclarants être syndiqués. Les missions du syndicat professionnel sont connues et comprises par près de 75 % des répondants. Près de 90 % de la population IADE s’informe via les réseaux du SNIA.

Les IADE Cadres de santé sont 48,82 % à estimer exercer une profession ayant une reconnaissance sociale, soit 10 points de plus que l’ensemble des IADE (37,75 %). Ces résultats démontrent l’insatisfaction persistante sur les thèmes de la reconnaissance salariale de la filière IADE. Pour le SNIA, au vu du niveau universitaire, des responsabilités réelles exercées et des contraintes d’exercice il apparaît que le corps professionnel IADE et IADE Cadres poursuivra naturellement ses velléités à accéder à un statut et un salaire supérieurs.

Plus de trois quarts des répondants estiment que la définition officielle internationale de la pratique avancée correspond à la profession IADE. Pour les IADE Cadres de santé ce taux s’élève à 80,31 %. Une écrasante majorité (84,26 %) estime que l’accession au statut de profession intermédiaire est légitime pour la profession IADE. Ce taux s’élève à 88,19 % des IADE Cadres de santé.

Une majorité écrasante des répondants (92%) maintient la pertinence d’une période professionnelle pré-requise avant l’entrée en formation IADE. Pour eux, la période professionnelle est nécessaire pour l’acquisition des compétences de terrain dans le domaine des soins infirmiers et la confrontation à différentes situations de soin avant la poursuite d’étude et les futures fonctions cliniques IADE. Les IADE sont très attachés à ce pré-requis qui fait, en quelque sorte, partie de la formation.

Seuls 12,45% des IADE sondés déclarent avoir un projet-cadre pour leur carrière.

Cette grande enquête IADE réalisée par le SNIA est une véritable photographie du corps des infirmiers-anesthésistes qui permet de délimiter, en 2018, les réels contours de ses pratiques professionnelles, mais également de mettre en lumière ses aspirations d’évolution et de reconnaissance. Le corps des IADE apparaît comme une population professionnelle proactive au sein des établissements de soins. Professionnels polyvalents qui participent aux instances qui leurs sont ouvertes, se formant aux nouvelles techniques, aux nouveaux matériels et aux innovations pharmacologiques. Ils accompagnent l’avancée de leurs spécialités. De nombreuses réponses démontrent le rôle pivot que peuvent avoir les IADE dans le bon fonctionnement du circuit patient, dans sa sécurité et la qualité des soins dispensés. Elles révèlent également un investissement massif de cette profession dans la formation initiale et continue des autres professionnels de santé.

L’enquête met aussi en avant des pratiques professionnelles ne répondant pas à la réglementation en vigueur. Elle tend, également, à montrer le besoin de la profession d’obtenir une pratique sécurisée ainsi qu’une évolution législative en réponse à une certaine hypocrisie institutionnelle. Les différentes questions d’opinion sur d’éventuelles nouvelles prérogatives font comprendre qu’une majorité est disposée à faire avancer la profession IADE vers encore plus d’excellence.

 Les IADE sont demandeurs d’une reconnaissance statutaire et salariale qu’impose leur niveau d’étude, leurs compétences, les responsabilités assumées et aux contraintes d’exercice.

Notes

  1. Cette enquête a été réalisée par questionnaire informatique fermé sur invitation personnelle du 15 mars au 6 mai 2018. 6143 invitations : nombre de réponses : 2435 soit 23,6 % de la population professionnelle IADE. Les répondants se répartissent entre 57 % de femmes (1043) et 43 % d’hommes (787).  Réponses complètes et exploitables : 1830 soit 17,75 % de la population professionnelle IADE. Taux de réponse : 39.64 % Taux de réponse exploitables : 29.8 %.
  2. Rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur le cumul d’activités dans la FPH, sept 2011.
  3. Statistiques des Services d’incendie et de Secours (SDIS) Édition 2017 – DGSCGC – Ministère de l’Intérieur
  4. Article R4311-12 du Code de la santé publique.
  5. Développement Professionnel Continu initié par la loi HPST (2009), effectif depuis le 1er janvier 2013 et adapté par la loi de modernisation du système de santé (2016).
  6. Chiffres DARES Mai 2016

Accéder à l'intégralité de l'enquête et à ses résultats.

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Rédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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