IADE

Urgences : quelle place réservée aux IADE dans l'exercice pré-hospitalier ?

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Suite aux annonces d'Agnès Buzyn concernant le pacte de refondation des urgences, le SNIA, syndicat national des infirmier(e)s–anesthésistes, appelle à la concertation et à la mobilisation pour défendre non seulement la reconnaissance de l’IADE dans le domaine du pré-hospitalier mais également sa formation et son diplôme d’Etat.

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Pour le SNIA, les IADE peuvent légitimement se poser la question de leur devenir dans le domaine de la réponse à l’urgence alors qu'ils ne peuvent imaginer se laisser écarter de l’exercice pré-hospitalier.

Le pacte de refondation des urgences annoncé par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, le 9 septembre dernier ne cesse de susciter réactions et interrogations de la part de la communauté infirmière, toutes spécialités confondues. Après les IBODE et les PUER, c'est au tour du syndicat national des infirmier(e)s–anesthésistes (SNIA) de s'exprimer pour la deuxième fois sur le sujet, par voie de communiqué, et de souligner que le développement de la pratique avancée infirmière (IPA) ne concerne plus exclusivement la prise en charge des pathologies chroniques mais également les soins aigus. Le syndicat s'inquiète : quelle place va être réservée aux IADE dans l’exercice pré-hospitalier ? Quid de l'arrêté du 23 septembre 2014...
En effet, précise le SNIA, la mesure 7 du pacte de refondation des urgences prévoit de mieux utiliser le temps médical à travers une organisation plus graduée reposant sur une nouvelle offre de transport paramédicalisée. Sa mise en oeuvre devra s'appuyer sur le principe de la mesure 8 qui vise à "renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences".

Et de rappeler que ces deux mesures convergent vers les propositions faites de longue date aux services ministériels par la profession :

  • mise en place d’une réponse graduée IADE à l’urgence pré-hospitalière en s’appuyant sur la formation de grade master et les compétences spécifiques de l’IADE ;
  • participation à des missions de régulation au sein des centres 15 ;
  • développement et généralisation des mesures réglementaires prévues dans le code de la santé publique concernant les transports infirmiers inter-hospitaliers.

Le SNIA s'interroge donc d'autant que le 27 août dernier, il a été reçu par le Député Thomas Mesnier dans le cadre de la mission ministérielle menée avec le Professeur Pierre Carli. Mais force est de constater que les arguments développés lors de cet entretien semblent avoir été balayés par des considérations partisanes. Le syndicat indique avoir réagi très rapidement après la publication de ce pacte de refondation des urgences en envoyant un courriel aux chargés de mission dès le 11 septembre 2019, courriel à ce jour resté sans réponse. Dans le même esprit, le 19 septembre dernier, le SNIA a contacté la DGOS afin de lui exposer les problématiques de la profession et le positionnement des IADE dans les SAMU-SMUR. Le syndicat n'a reçu depuis aucune réponse concrète et à l’heure actuelle, nous n'avons été convié à aucun atelier de travail du pacte de refondation des urgences.

Pour le SNIA, les IADE peuvent donc légitimement se poser la question de leur devenir dans le domaine de la réponse à l’urgence alors qu'ils ne peuvent imaginer se laisser écarter de l’exercice pré-hospitalier. Le syndicat rappelle soutenir les revendications du Collectif Inter-Urgences, collectif favorable au maintien du décret actuel qui positionne les IADE en pré-hospitalier. Le syndicat soutient la journée de mobilisation du collectif en ce jeudi 26 septembre.

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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