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Check-list au bloc opératoire : une adhésion mitigée...

Un audit réalisé au sein du centre hospitalier Lyon-Sud (CHLS, HCL) a relevé une adhésion mitigée à la check-list au bloc opératoire, selon les résultats publiés dans les Annales françaises d'anesthésie et de réanimation (Afar).

La check-list au bloc opératoire

La check-list au bloc opératoire

Depuis janvier 2010, la Haute autorité de santé (HAS) a émis une check-list inspirée de la check-list "sécurité du patient au bloc opératoire" de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette check-list est éligible lors de la procédure de certification des établissements de santé, ainsi que dans l'accréditation des disciplines à risque.

Un an après le déploiement de cette check-list sur le CHLS, Pauline Hacquard et ses collègues ont voulu savoir quelles étaient l'adhésion ainsi que la perception du personnel médical et paramédical en ce qui concerne l'intérêt de la check-list, ainsi que son niveau d'intégration dans l'organisation du bloc opératoire.

Cette étude s'inscrit dans la phase II (la check-list est-elle bien réalisée ?) du programme d'évaluation de la HAS qui en comporte quatre. Elle consistait en un questionnaire de 19 items regroupés dans les catégories suivantes: difficultés rencontrées pour la mise en place de la check-list, investissement et rôle de chaque catégorie professionnelle, avis global sur son intérêt et la qualité de sa mise en place, et freins possibles à son utilisation.

Sur les 177 questionnaires qui ont été analysés, 29% provenaient d'infirmiers de bloc opératoire diplômés d'Etat (Ibode), 24% de chirurgiens, 16% d'anesthésistes-réanimateurs, 14% d'infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (Iade).

La check-list était considérée comme quelque chose d'utile pour 80% des personnels médicaux et paramédicaux, mais représentait une contrainte pour 70% d'entre eux. Les auteurs notent cependant que 33% de la population interrogée reconnaissait avoir déjà détecté une erreur grâce à la check-list, comme une erreur de côté ou l'oubli d'une allergie ou d'un antibiotique.

La check-list était "toujours réalisée" selon 45% des médecins et 30% des paramédicaux. Elle était "souvent réalisée" selon 60% des paramédicaux et 44% des médecins. Elle était "rarement réalisée" selon 10% des médecins et des paramédicaux.

Les auteurs pointent l'absence de définition claire de la catégorie de personnel qui assume le rôle de coordinateur de la check-list: deux tiers de personnes interrogées estimaient que ce rôle ne devait pas leur être attribué.

Le rôle de coordinateur était plus souvent assuré par les Ibode ou par les paramédicaux que par les médecins, puisque 96% des Ibode affirmaient assurer ce rôle contre 68% des paramédicaux et 20% des médecins.

Les trois phases de la check-list étaient inégalement réalisées entre les corps médical et paramédical. Lors de la première phase, donc avant l'induction, 24% des médecins et 56% des infirmiers déclaraient réaliser systématiquement la vérification. Lors de la phase II (avant l'incision) 48% des médecins et 39% des infirmiers affirmaient réaliser systématiquement cette vérification.

La troisième phase, quant à elle, n'était exécutée que par 12% des médecins et par 10% des paramédicaux. Ces écarts seraient en partie dus à l'absence de certains membres du bloc pendant l'une ou l'autre phase de la check-list.

L'audit observationnel a de plus relevé que l'activité n'était suspendue que dans 62% des cas lors de la phase II, que le silence nécessaire à la communication n'était obtenu lors des trois phases successives que dans 87%, 85% et 37% des cas.

Les auteurs estiment que la mise en place de la check-list est un réel changement de culture qui se traduit par une modification de l'organisation du travail, et qu'il faudra sans doute du temps pour que l'ensemble du personnel travaillant au sein d'un même groupe se sente concerné par cette procédure.

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