IDEL

Un AMI qui ne vous veut pas que du bien

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Clématite, une infirmière libérale à la plume bien aiguisée, s'attaque, dans son nouveau billet, à la sécu et aux indus qu'elle réclame. Elle pointe ainsi du doigt les incohérences existant dans la Nomenclature générale des actes professionnels...

soins à domicile bas de contention

La pose de bas de contention n'est pas inscrite à la nomenclature et donc non pris en charge par l'assurance maladie.

AHHHH!!! que de tourments chez cette chère profession d'infirmière libérale!!!

De "rapport de cour des comptes" à "loi de santé" en passant par les divers arrangements plus ou moins obscurs et non désintéressés des syndicats, notre petite infirmière libérale a bien du mal à reprendre son souffle.

Divers groupes se constituent, criant au loup, haranguant la foule IDEL, poussant à la révolte, au soulèvement, à la grève... Des slogans, des chansons, des images plus ou moins chastes… Bref la colère monte et le ton également. Nous sommes parfois plus proches de meeting de charretiers ou du "congrès annuel des poissonnières du vieux port" que de soignants mais, on peut comprendre...

"Nous" (c'est un "nous" corporatiste) en sommes à envisager une collecte, un fond de soutien des IDEL en difficulté, suite aux divers indus. Et oui les caisses ne sont pas très tendres avec ces pauvres infirmiers libéraux, qui font ce qu'ils peuvent au travers d'une nomenclature bien peu amène. Dans les revendications, en vrac, nous avons le peu de considération portée aux IDEL (mais ça c'est pas nouveau), la peur d'être happés par un système salarié, sous la coupe des médecins (de toute façon on est déjà sous leur gouverne), la notion de temps dans les actes et les indus. Encore et toujours. Alors c'est quoi ça encore ?? Les indus ? Eh bien pour simplifier, on fait des actes auprès de nos patients (actes prescrits par un médecin), on les facture, on est payé et deux à trois ans plus tard, la sécu contrôle les feuilles de soins et leur "conformité" avec la prescription/nomenclature/pertinence supposée... Et là ce sont souvent des indus à rembourser avec menaces et qualification de "fraude", "escroquerie", j'en passe et des meilleures.

Mais en quoi consistent ces prétendues "fraudes" ? Et bien c'est par exemple :

  • rester moins d'une demi-heure pour aider Germaine à prendre sa douche, alors qu'on encaisse honteusement 7,95€ bruts (dont il faudra ôter 42% de charges sociales). 1 AIS 3 = une demi-heure pleine selon la sécu, un peu moins selon les IDEL… ;
  • signifier dans sa demande d'entente préalable de soins (DSI) que l'on va poser des bas ou bandes de compression veineuse à la petite dame en insuffisance veineuse, qui est percluse de rhumatismes et très peu mobile ;
  • signifier dans la (même ou une autre) demande d'entente préalable de soins (DSI) que l'on surveille la tension artérielle de notre patient qui a déjà deux AVC et un infarctus à son tableau de chasse ;
  • signifier (encore) dans sa demande d'entente préalable de soins (DSI) que l'on passe deux fois par jour pour préparer, donner et surveiller le traitement de notre patiente très âgée, qui n'y voit pas bien, qui a les doigts noués, qui oublie, qui est juste "trop vieille pour avoir encore à se préoccuper de ce genre de choses" (reconnaître ses médicaments). Il faut dire qu'avec ces génériques de malheur, on a bien du mal à s'y retrouver nous mêmes !!! Ils sont tous blancs et impossibles à casser sans les émietter.

Et pareil pour mettre des collyres suite à une opération de la cataracte : "non, non, c'est pas un acte présent à la nomenclature!" nous dit la sécu. Ben voyons, c'est tellement simple de se mettre des gouttes dans les yeux à 80 ans, avec la tremblote et "ne voit que d'un oeil!"

Donc on nous rétorque: "des bas de contention ? Vous faites payer vos patients pour les poser"... Ha oui !! Faire payer des personnes qui vivent souvent au dessous du seuil de la pauvreté, qui n'ont pas toujours de quoi manger dans le frigo.. et passer encore pour des voleurs, nous les "nantis"... ben tiens!

Pareil pour la distribution de traitement. Il existe bien un AMI1, qui permet ce genre de passage mais pour le patients atteints d 'une pathologie mentale. En gros, si on est "zinzin" on y a droit, si on est bêtement vieux, non! On est censé, malgré des yeux en jachère, des doigts soudés et une mémoire de poisson rouge, reconnaître et penser à son traitement..."Je suis trop vieille" me martèle Marcelle.. "Autant mourir, si on est si peu considérés, nous les vieux qui avons cotisé toute notre vie.." C'est pas faux…

Au final quel paradoxe!

La comtesse de Ségur (Mme la ministre de la santé, ndlr) se targue de favoriser le maintien à domicile, d'augmenter le nombre de prises en charge en ambulatoire, de permettre un juste accès aux soins pour tous et voilà que les personnes qui seraient le pivot de ces ambitions là sont traitées comme de vulgaires truands...Comment faire Madame ?? Avez-vous une réponse ?

Alors AIS, AMI ??? Dans la danse macabre de notre avenir, je vois peu d'AMI amis... Dexter viens nous sauver de ces bourreaux (les initiés et dexterophiles comprendront).

AMIcalement vôtre (trop facile!).

Cet article a été publié le 26 septembre 2015 par Clématite que nous remercions de cet échange.

http://linfirmiere-libre-rale.eklablog.net/

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Commentaires (1)

nanas92

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2 commentaires

#1

pauvre infirmière

si c'était à refaire je ne choisirai jamais cette profession mal considérée par les différents gouvernements. l'infirmière est le PIVOT de l'hôpital, on lui rajoute des taches pour soulager le médecin et répondre en même temps à la demande mais sans toutefois lui octroyer un salaire décent.