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Di@pason : parcours de soins biologique intégré pour patients sous AVK

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Coopérations interprofessionnelles

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Le projet Di@pason, expérimentation inscrite dans le cadre du dispositif article 51 d'innovation organisationnelle en santé, concerne le parcours de soins biologique des patients bénéficiant d'un traitement chronique par anticoagulants oraux de type Antivitamines K (AVK) en ville. Il vise à moderniser ce parcours grâce à la biologie délocalisée connectée au laboratoire et à un protocole de prescription détaillé du médecin vers l'infirmier.

infirmière patiente domicile

Concrètement, le projet Di@pason propose de réduire la durée du parcours de soins de 6-12h actuellement à 15 minutes seulement, tout en améliorant la qualité des soins et la sécurité du patient, et en gardant l'ensemble des professionnels compétents impliqués auprès du patient.

Un arrêté paru au Journal officiel le 12 octobre 2019 détaille le projet Di@pason. Le résumé de ce projet de parcours de soins intégré pour les patients sous AVK rappelle le contexte : "la télémédecine est aujourd'hui une réalité en France et modernise de nombreux parcours de soins impliquant médecins et infirmiers, les parcours de soins biologiques sont jusqu'ici restés à l'écart. Ce décalage est principalement lié à une plus grande complexité de ce parcours biologqiue pour la télémédecine impliquant un acteur supplémentaire, le biologiste médical, auprès du patient. Trois acteurs doivent donc agir de concert, le médecin, l'infirmier et le biologiste."  

Près de 800 000 patients en France bénéfient d'un traitement chronique par AVK dans le but de fluidifier leur sang par suite d'accidents cardiaques ou souffrant de pathologies vasculaires. Le nombre de ces patients a doublé en dix ans en conséquence du vieillissement de la population des pays développés et de l'élargissement des indications de prescription. Les AVK, comme tous les anticoagulants, présentent un risque inhérent de complications hémoragiques ou thrombotiques en cas de dérive du traitement hors de sa zone thérapeutique. Les professionnels de santé le savent bien. Le projet Di@pason le spouligne : "afin de réduire ce risque, les patients ont besoin de mesures régulières de temps de coagulation, appelée également mesures d'INR, à raison d'une fois par semaine à une fois par mois, afin d'adapter la posologie si besoin. Les patients effectuent ainsi environ 20 mesures d'INR par an, principalement en laboratoire d'analyse médicales en ville".

Le profil des patients sois AVK ont en moyenne 73.7 ans et ont des parcours de soins différents en fonction de leur degré d'autonomie : dépendants (en EHPAD), aidés (maintien à domicile assuré par infirmier ou aidant), autonomes (à domicile)

Concrètement, le projet Di@pason propose de réduire la durée du parcours de soins de 6-12h actuellement à 15 minutes seulement, tout en améliorant la qualité des soins et la sécurité du patient, et en gardant l'ensemble des professionnels compétents impliqués auprès du patient. Cette expérimentation doit durer 18 mois à compter de l'inclusion du premier patient. elle prévoit d'inclure près de 10 000 patients sur les 12 premiers mois du projet, soit courant 2020. Les régions concernées sont : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, PACA, Centre-Val de Loire, Occitanie et Nouvelle Aquitaine. Cette innovation organisationnelle a préalablement été testée et validée à petite échelle par des biologistes ùmédicaux, des médecins et des infirmiers. En pratique, le projet s'appuie sur 4 points : 

  • la réalisation de mesures biologiques régulières, en l’occurrence la mesure de l’INR par un infirmier sur une petite goutte de sang capillaire prélevée au doigt du patient, là il où se trouve (à domicile, en cabinet, en établissement médicosocial, en EHPAD), grâce à un dispositif portable connecté du type LabPad INR ; 
  • la connection permanente du dispositif et de l'infirmier au laboratoire de biologie médicale grâce à une applicationmétier du type PAD (société Sil-Lab Innovation) ; 
  • l’adaptation de la posologie AVK du patient effectuée en direct par l’infirmier et la réalisation des INR de contrôle, dès lors que le médecin traitant a prescrit en amont à l'infirmier un protocole spécifique. Si besoin, l’infirmier peut mettre en place une prise en charge urgente du patient, en coordination avec le biologiste et le médecin traitant ;
  • la prise en charge de ce parcours intégré au travers d’un forfait rattaché au patient permettant d'inclure efficacement l’ensemble des actes de biologie et infirmiers.

Trois acteurs doivent donc agir de concert, le médecin, l'infirmier et le biologiste. 

Les avantages pointés par cette nouvelle organisation sont multiples : immédiateté du résultat biologique, confort du patient, sécurité en cas de risques hémorragiques avérés, qualité du résultat biologique, coordination des acteurs du parcours de soins, permanence et égalité d'accès aux soins, sécurité du patient, économie de temps médical et infirmier, visibilité budgétaire et efficacité opérationnelle. L'arrêté indique en conclusion que "suite à cette expérimentation, l’innovation organisationnelle proposée ici pourrait servir de modèle et être progressivement étendue à d’autres maladies chroniques dont le suivi repose sur la réalisation régulière d’actes biologiques".

Arrêté du 4 octobre 2019 relatif à l’expérimentation d’un parcours de soins intégrant la biologie délocalisée pour des patients chroniques sous AVK (Di@pason). 

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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