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IDEL : Comment remplir ses obligations de formation ?

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DPC

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Le 5 juin 2013, la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) a diffusé sa toute première émission en ligne consacrée au Développement Professionnel Continu. L'occasion de faire le point sur les obligations de formation de l'ensemble des professionnels de santé et en particulier des infirmiers libéraux.

Tisserand Cohen Lanlo Dos Santos Nagels Weber FNI TV

Le DPC, sujet de la première émission en ligne FNI TV

La première émission FNI TV du 5 juin 2013, présentée par Brigitte Fanny Cohen, journaliste et spécialiste des questions santé, a réuni Philippe Tisserand, Président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), Monique Weber, directrice de l'Organisme Gestionnaire du Développement Professionnel Continu (OGDPC), Cidalia Dos Santos, chargée de mission FNI, Marc Nagels, enseignant chercheur en science de l'éducation à l'université Rennes 2, Virginie Lanlo, consultante en formation e-learning et Daniel Guillerm, vice-président de la FNI, autour de la question du Développement Professionnel Continu (DPC).

A l'heure où certains professionnels de santé avouent ne pas savoir ce qu'est le DPC ou ce qu'il suppose en pratique, il paraissait important pour la FNI de répondre aux questions que se posent notamment les infirmiers libéraux. Comme le souligne Philippe Tisserand dès le début de l'émission aujourd'hui, la réforme sur le DPC est en cours et s'applique. Il y a une obligation de formation qui pèse sur les infirmières libérales et notre rôle est de les aider.

Le DPC, une obligation de formation pour tous les professionnels de santé, salariés et libéraux

Contrairement à la Formation Professionnelle Continue (FPC) qui n'impliquait ni obligation, ni continuité, le DPC, mis en place depuis le 1er janvier 2013 dans le cadre de la loi HPST (Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires), est une obligation de formation qui s'effectue à présent tout au long de la vie professionnelle. Comme le précise Monique Weber toutes les professions de santé sont concernées par le DPC, quel que soit le mode d'exercice, salarié ou libéral, y compris les IDEL remplaçantes ne possédant pas de carte de professionnel de santé. Le DPC comporte deux volets, l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et la formation, qui doivent permettre d'améliorer la pratique de l'infirmier ainsi que la qualité et la sécurité des soins. Aujourd'hui, 6.000 infirmiers libéraux (sur plus de 80.000 en exercice) ont créé leur compte sur mondpc.fr et 4.500 sont d'ores et déjà inscrits à un programme de DPC.

schéma formation DPC

Le suivi du DPC s'effectue sur le site mondpc.fr. Il permet à chaque professionnel de santé libéral de gérer son programme directement en ligne. Une fois que le professionnel de santé a créé son compte, il peut :

  • visualiser les formations ;
  • s'inscrire à un programme de DPC ;
  • évaluer en ligne le programme de DPC suivi ;
  • demander l'indemnisation de son DPC.

Chaque infirmier libéral dispose en effet d'un forfait annuel de 1.065 euros afin de se former. Par ailleurs, Monique Weber ajoute : on ne raisonne plus en nombre de jours. Il faut s'appuyer sur les limites du forfait. Au-delà de 1.065 euros, la formation n'est plus prise en charge par l'OGDPC. L'obligation de formation des infirmiers libéraux est contrôlée par l'Ordre National des Infirmiers et celle des salariés par les ARS.

L’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) pour une meilleure qualité et sécurité des soins

Comme le souligne Marc Nagels l'EPP sera réussie dès lors que l'on pourra noter un engagement. Pour que l'autoévaluation soit efficace, il faut en effet s'engager, être motivé et pouvoir faire le diagnostic de ses propres compétences. Il faut savoir se remettre en question car 80 % du travail ordinaire est fait sans y penser et 20 % nécessite certaines adaptations notamment lorsqu'il faut mobiliser des ressources pour réussir lors de situations plus compliqués. Il faut donc savoir se poser les bonnes questions : Qu'est-ce qu'on fait ? Pourquoi le fait-on ? Comment mieux faire ? Comment être moins démuni face à des situations nouvelles ? Que connaît-on de son activité professionnelle ? Cette autoévaluation structurante doit permettre d'améliorer la qualité et la sécurité des soins. Ainsi, les infirmières vont pouvoir poursuivre leur développement et leur apprentissage professionnel. Il concède qu'aucune autoévaluation n'est strictement fiable mais « cette dynamique va porter la profession vers l'avant ».

Monique Weber considère que l'évaluation des pratiques professionnelles n'est pas contraignante dans la mesure où les professionnels font depuis longtemps de l'EPP sans le savoir. Ce n'est pas quelque chose qui va les handicaper. Cela devrait leur permettre de se poser et de réfléchir à leur pratique. Cidalia Dos Santos ajoute par ailleurs que dans le nouveau référentiel de formation, il existe un module qualité où les étudiants apprennent à faire des EPP.

Le e-learning, véritable levier de formation pour les libéraux

Pour les infirmières libérales, souvent sur la route lors de longues journées, la formation en présentiel s'avère parfois compliquée. Virginie Lanlo explique que le e-learning est un bon moyen de formation pour les libéraux qui peuvent ainsi se former lorsqu'ils en ont le loisir. En outre, les infirmiers, grâce à l'utilisation de webcams et de micros, peuvent se réunir autour d'un même cas et échanger sur celui-ci. Quant à l'EPP, elle peut être réalisée en ligne à une heure précise, avec un tuteur ou non. Dans ce cas de figure, les infirmiers peuvent observer et analyser un cas réalisé par un expert, le comparer à leur propre pratique puis mettre en place des actions d'amélioration. Il faut cependant disposer d'une bonne connexion à Internet, notamment pour pouvoir lire les vidéos. L'infirmier, suivi par un tuteur, doit également être autonome. Le e-learning est généralement couplé à une formation en présentiel. La formation mixte (à distance et en présentiel) présente en effet d'excellents résultats.

Un programme de DPC pour tous ?

Des programmes de DPC seront mis en place dans les DOM, comme l'a souligné Monique Weber. Cependant, il y aura moins de choix même si le e-learning peut faciliter les choses.

En outre, l’ensemble des professionnels de santé éligibles au financement par l’OGDPC ne pourront être pris en charge cette année : sur les 88 000 infirmiers libéraux, entre 10 000 et 11 000 professionnels devraient être pris en charge en 2013. Ces chiffres seront revus chaque année au regard de l’activité de DPC réalisée afin de permettre la prise en charge, à terme, de l’ensemble des professionnels de santé. Aucun délai n'est encore fixé pour remplir cette obligation de DPC puisque la transition se fera progressivement. Selon Monique Weber, la dynamique des infirmiers libéraux devrait permettre de promouvoir au mieux le DPC.

Tous les infirmiers libéraux pourront-ils honorer leur obligation de DPC d'ici 2015 ? Rien n'est moins sûr...

Pour (re)voir l'émission (1h)

Tisserand Weber Cohen FNI TV

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Aurélie TRENTESSE Rédactrice Infirmiers.comaurelie.trentesse@infirmiers.com

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