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Des émotions, en veux-tu en voilà

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Dans sa dernière chronique, « C'est l'infirmière » décrit l'ascenseur émotionnel, et les marches qu'elle monte et descend chaque jour pour tenter d'atteindre le haut de sa tour des soins...

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« Un sourire plein de reconnaissance pouvait me faire grimper sans effort deux étages alors qu’une porte fermée et un patient absent me faisaient redescendre vers le palier du dessous »

Finger in the nose, j’te dis !. Ouais j’avoue, ce n’est pas la réflexion la plus classe du monde et le genre de confession sur l’oreiller dont mon conjoint se passerait bien avant de se coucher. Mais j’avais une franche envie de me la péter, pas peu fière de ma journée de travail sans une ombre au tableau... Le sommeil est venu m'alourdir tranquillement le cerveau avec toute la force d’un Vidal pris en pleine tête. Je me suis endormie avec l’impression de culminer fièrement tout en haut d’une tour : ma tour des soins.

Je viens de relancer mon réveil pour la cinquième fois et je maudis cette sonnerie de soi-disant relaxation mais qui me sort de ma torpeur avec toute la douceur d’une caresse au papier de verre. La chambre encore plongée dans la pénombre, je m’étire, je soupire, assise au bord de mon lit. Mon pied chaud touche le sol froid à la recherche du chausson. Mon œil est encore collé par cette nuit aussi réparatrice qu’une soi-disant crème anti-âge. Je passe ma main sur mon visage puis ma nuque douloureuse et je me rappelle que je n’ai toujours pas pris rendez-vous avec mon ostéo’. Je tente d’enfiler mon soutien-gorge avec cette étrange impression d’avoir de tous petits bras mous. Mes cheveux longs sont en friches devant mes yeux et je tente de les écarter en soufflant dessus, ce qui n’a pour seul effet que de me donner cette tête bizarre de Popeye. Un Popeye en grave carence d’épinards. Je les repousse en arrière en me prenant les doigts dans des nœuds. Aïe…

Ce matin, rien ne va. J’ai arrêté de me la jouer. Ce matin, j’ai arrêté d’être fière et je suis redescendue du sommet de ma tour des soins. J’arrêterais bien de me plaindre en sortant fumer une cigarette devant l’entrée de cette tour infernale, mais ça aussi j’ai arrêté… Je me lève. Un instant de ressource que je savais nécessaire mais que je devais quitter car je savais d’expérience que les petits retards accumulés font les grosses emmerdes en...

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