IDEL

Les infirmières ne veulent pas risquer leur vie pour soigner...

Cet été, une infirmière victime d’un coup de carabine tiré par son patient à Strasbourg est décédée. Deux autres infirmières à Toulouse, puis Montpellier, ont été sauvagement agressées. Les réactions ont été nombreuses. Nous avons recueilli celle de Marie-Léa Cabrol, infirmière libérale à Marseille. Un témoignage qui appelle à la mobilisation et au changement. Merci à la Fédération nationale des infirmiers (FNI) pour le partage de cet article paru dans Avenir et santé en septembre 2014.

infirmière libérale soins à domicile

Un témoignage d'infirmière libérale face à la montée des violences

Marie-Léa Cabrol est infirmière libérale à Marseille depuis bientôt quinze ans et heureuse de l’être parce que, dit-elle c’est une profession utile. Je trouve que la société se délite et quand je vois la solitude grandissante des personnes âgées et les problèmes sociaux dans lesquels sont plongées les familles, oui, je me dis que nous avons un rôle, un rôle à la fois soignant et social. Un beau métier mais à quel prix ? Aussi quand elle a appris la série d’agressions dont ses consoeurs de Strasbourg, Toulouse et Montpellier ont été victimes, elle a ressenti à la fois un sentiment de colère et de tristesse. De colère explique-t-elle, parce que ce n’est pas possible de voir qu’on arrive à tirer ou à passer à tabac des infirmières, les sondages et les reportages de la télé répètent que nous sommes les personnages préférés des Français, alors oui, ça me révolte ! Et ça me rend doublement triste de voir que ceux qui font ça n’ont aucune considération. Ils s’en prennent à des femmes, nous ne sommes pas des policiers ni des représentants de l’ordre public. Nous sommes seulement des femmes, des infirmières qui se rendent seules au chevet de malades dans le but de soulager des souffrances. Cela prouve que la place de la femme dans la société maintenant régresse.

Mobilisez-vous !

Marie-Léa a tenu à témoigner : Il faut réagir. Que la FNI bouge, c’est bien et j’ai vu aussi que l’Ordre qu’on critique souvent a aussi réagi puisqu’il a écrit au ministère de l’Intérieur. Bien que ces réactions soient à ce jour restées lettre morte, elle affirme que comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, toutes les mobilisations comptent et espère qu’un front uni sur la question de l’insécurité fera bouger les choses....

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Commentaires (6)

vertba

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25 commentaires

#6

Una agression

Pourquoi les sympathiques habitants des joyeuses cités qui agressent les policiers, caillassent les pompiers et menacent sans cesse les enseignants ne s'en prendraient-ils pas aux infirmières...?

C'est atroce mais c'est tout sauf une surprise.

eusèbe

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499 commentaires

#5

D'accord !

Pour le fait qu'il ne serve à rien, on est d'accord ; il est donc plus qu'utile de s'en débarrasser.

viegasb

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3 commentaires

#4

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !

Je n'ai pas dit que l'ordre actuel était puissant.
Mais nous devrions nous battre pour qu'il le devienne.
Les médecins sont 220 000, nous sommes environ 600 000. Il n'y a aucune raison pour que nous soyons sous représenté à tous les échelons.

Toujours plus de responsabilités, toujours plus de tâches à accomplir, de plus en plus on compte sur les infirmiers mais aucune revalorisation (que ce soit financière, statutaire, où en terme de valorisation...)

Alors oui l'ordre actuel n'est pas efficace, ne sers à rien (la seule fois où j'ai fait appel à eux, aucune réponse ne m'a été donnée...)

PS. Je n'ai aucune envie de faire médecine.

eusèbe

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499 commentaires

#3

Occasion

Comme dans un commentaire, il est évoqué l'ordre, puissant, et blablabla, profitons-en pour rappeler, qu'à part tenter de défricher des territoires vierges, de faire du lobbying auprès des députés de droite, et avoir des envies de dissoudre ce qui le gêne, il ne fait pas grand chose alors qu'il aurait dû publier ses comptes 2013 depuis belle lurette : l'argent viendrait-il à manquer ?
Et pour ceux qui veulent appartenir à un ordre puissant, un conseil, qu'ils fassent médecine, il seront peut-être comblés.

eusèbe

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499 commentaires

#2

Payer...

Quand on donne de l'argent à l'oni, en fait on rembourse sa dette : les cotisations filent directement dans les comptes de la banque.

Pourquoi donc, à votre avis, les comptes 2013 de l'ordre ne sont-ils toujours pas publiés ? Misère, misère...

viegasb

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3 commentaires

#1

Chère Dominique Coves

Êtes vous sérieuse ?
Moi qui suis infirmier, qui inscrit mon diplôme à ADELI, qui paye ma cotisation à l'ordre vous voudriez en plus que je me syndique ?
Et bien je refuse ! Et ce, pour plusieurs raisons :

1) Les syndicats dans notre pays marchent sur la tête : refus de toute évolution, grève systématique, non représentativité des travailleurs, représentation par des gens qui ne sont plus sur le terrain, collusion avec les politiques ...

2) Nous avons désormais un Ordre. Organisons le, structurons le, et rendons le aussi puissant que celui des médecins, ainsi nous gagnerons en crédibilité.

3) Je ne suis pas une vache à lait et les temps sont durs pour tous, je n'ai pas envie de payer X cotisations pour des actions bien trop marginales.


Cordialement,