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Le moral des professionnels de santé libéraux repart vers l’optimisme

L’ensemble des acteurs de la santé libérale seraient un peu plus optimistes qu’il y a six ans sur leurs conditions d’exercice. C’est la conclusion qui ressort de la dernière étude de l’observatoire CMV Médiforce des professions libérales de santé, publiée le 27 avril dernier et qui vient confirmer une tendance légèrement à la hausse amorcée en 2016.

personne âgée infirmière libérale

« Situation générale : sur ces cinq dernières éditions, seuls les chirurgiens-dentistes et les infirmiers voient leurs notes négatives progresser significativement. »

Une note d’espoir. C’est ainsi que l’observatoire CMV Médiforce présente sa sixième étude sur le moral des professionnels de santé libéraux, initiée en 2011. Le suivi des indicateurs de climat général permet en effet de saisir les évolutions du sentiment des acteurs de ces professions au fil des années. 495 professionnels libéraux de santé (PLS) ont été interrogés cette année, répartis en huit métiers : pharmaciens, médecins généralistes, chirurgiens-dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes-ostéopathes, vétérinaires, biologistes et radiologues. L’édition 2017, dévoilée le 27 avril dernier, indique une tendance assez nette : le moral repart doucement vers l’optimisme, même s’il faut toutefois nuancer ce tableau.

Les infirmiers donnent une note de 5,4 sur 10 à la situation générale de leur profession

La note moyenne (sur 10) que les professionnels de santé attribuent à la situation générale de la profession [qu’ils exercent] atteint 5 sur 10 en 2017. Ce chiffre vient confirmer une tendance à la hausse amorcée l'année dernière pour la première fois depuis cinq ans. La note générale, toutes professions confondues, frémit à la hausse, souligne ainsi le communiqué. Malgré tout, il existe des nuances de plus d’un point entre certaines professions de la santé libérale. Si les vétérinaires (5,6/10), les kinésithérapeutes-ostéopathes (5,7/10) et les infirmiers (5,4/10) se rejoignent dans une vision plus optimiste de la situation actuelle, à l’inverse, les pharmaciens (4,4/10), les chirurgiens-dentistes (4,4/10 également de note globale) et les médecins généralistes (4,5/10) vivent le plus négativement la situation ambiante.

L’observatoire CMV Médiforce note également que sur ces cinq dernières éditions, seuls les chirurgiens-dentistes et les infirmiers voient leurs notes négatives progresser significativement.

Les vétérinaires (5,6/10), les kinésithérapeutes-ostéopathes (5,7/10) et les infirmiers (5,4/10) se rejoignent dans une vision plus optimiste de la situation actuelle

Une vision moins sombre du futur pour l’ensemble des professionnels

Depuis que [cette étude] existe, la vision de la situation de la profession dans les années à venir est toujours plus sombre que celle de la situation actuelle, relevait l’observatoire en 2016, faisant tout de même observer une stabilisation de la note à 4 sur 10. En 2017,  l’observatoire constate bien l’arrêt de la chute avec une note moyenne de 4,1 sur 10, proche des chiffres de l’année dernière. Sur la question de savoir si les professionnels de santé libéraux recommanderaient à un jeune d’exercer sa profession en libéral, la tendance s’est aussi inversée à la hausse dans cette sixième édition. Ils sont ainsi 53% à répondre positivement.

Cartographie des sources de satisfactionet d'insatisfaction

Des inquiétudes et des difficultés partagées

Le baromètre révèle aussi des aspects négatifs du secteur partagés par l’ensemble des professionnels : 48% des professionnels libéraux de santé interrogés placent ainsi le manque de perspectives de leur métier en première place des sources d’insatisfactions. 45% d’entre eux alertent davantage sur leurs conditions de travail quand 42% notent plutôt le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle comme la première source d’insatisfaction. La difficulté liée aux horaires de travail est soulignée par 46 % des professionnels libéraux de santé. Enfin, 43% des PLS interrogés considèrent leur niveau de revenu comme une source d’insatisfaction. Plus généralement, 67% d’entre eux attestent d’un rapport déséquilibré entre leur charge de travail et leur rémunération.  72 % des PLS indiquent enfin qu’ils ont l’impression de ne plus faire vraiment leur métier, et nombreux sont ceux qui soulignent le manque de considération à leur égard.

Quel avenir pour l’exercice en libéral?

Aujourd’hui, 61 % des professionnels interviewés exercent seuls en libéral, 35% en libéraux regroupés et 4% en tant que salariés. Interrogés sur le mode d’exercice qu’ils souhaiteraient adopter dans 5 ans s’ils en avaient la possibilité, leurs réponses sont sans équivoque : le pourcentage des seuls en libéral chuterait alors à 49%, celui des libéraux regroupés passerait à 44%, tandis que le salariat en attirerait 19%… On constate donc, cette année encore, la confirmation d’une franche tendance au regroupement, toute population confondue.

87% des professionnels de santé libéraux se disent fiers d’exercer leur métier

Une vision positive des métiers de santé

Bonne nouvelle : malgré la morosité ambiante et les difficultés rencontrées, 8 Professionnels sur 10 sont satisfaits de leur travail (78%) et 9 sur 10 sont, avant tout, fiers d’exercer leur métier (87%), souligne l’observatoire CMV Médiforce. Dans l’ordre des points de satisfaction, on trouve d’abord l’intérêt du travail, mis en avant par 77% des professionnels, la qualité de la relation avec les patients appréciée par 75% d’entre eux, la liberté dans l’organisation de son travail qui arrive en tête chez 73% des professionnels. 73% d’entre eux apprécient particulièrement la variété des activités, 66% l’acquisition de nouveaux savoir-faire et 60% la possibilité offerte d’utiliser pleinement ses compétences.

Les valeurs et l’utilité de leur métier arrivent aussi en très bonne place dans les sujets de satisfaction. Ils sont ainsi 81%  à considérer apporter une contribution réelle à la société. 72 % notent aussi que l’apport des outils informatiques les aide à faire mieux leur travail. Un travail dont tous s’accordent à dire qu’il reste passionnantstimulant et utile.

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Journaliste Infirmiers.com susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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