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Le Paerpa jugé peu convaincant par les libéraux

Un sondage réalisé auprès de professionnels de santé libéraux par l'Union nationale des professionnels de santé(UNPS) pointe des difficultés du dispositif Paerpa (Parcours de santé des personnes âgées en risque de perte d'autonomie), rapporte un communiqué de l'UNPS diffusé le 8 mars 2017.

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Les raisons invoquées par les professionnels de santé libéraux pour l'abandon du Paerpa sont relatives à la lourdeur du dispositif, son inutilité et à ses modalités irréalistes.

L'UNPS s'est retirée du comité national de pilotage du dispositif Paerpa en février 2016, rappelle-t-on. Les expérimentations Paerpa, menées dans neuf régions choisies en 2013, encouragent la coordination entre les acteurs d'un même territoire autour de la prise en charge de personnes de plus de 75 ans. Le "pacte territoire santé 2" contre la désertification médicale, présenté en novembre 2015, prévoit leur généralisation dans chaque région.

Dans son communiqué, l'UNPS explique avoir lancé, lors de l'été 2016, un sondage sur les expérimentations Paerpa auprès des professionnels de santé libéraux afin de connaître leur implication dans leur dispositif et recueillir leur avis. Elle rapporte que 1444 professionnels ont répondu à ce sondage (234 médecins généralistes, 482 infirmières, 18 pharmaciens, 156 masseurs-kinésithérapeutes, 519 orthophonistes, 19 médecins spécialistes, 12 pédicures-podologues et 4 biologistes). Elle note que 127 de ces professionnels de santé exercent sur un territoire Paerpa et 72 affirment avoir participé au dispositif (29 médecins généralistes, 19 infirmières, 14 pharmaciens et 10 masseurs-kinésithérapeutes).

Parmi ces professionnels de santé, ont abandonné le dispositif 13 médecins généralistes, trois infirmières, un pharmacien et trois masseurs-kinésithérapeutes, indique-t-elle. Les raisons invoquées sont relatives à la lourdeur du dispositif, son inutilité et à ses modalités irréalistes, résume-t-elle, sans donner de chiffres. De nombreux professionnels de santé mentionnent par ailleurs des patients "captés" par des structures sanitaires et médico-sociales (Ssiad, HAD, réseaux de santé...) qui n'intervenaient pas jusque-là dans les soins, ajoute-t-elle. Par ailleurs, l'UNPS précise que seuls deux tiers des médecins généralistes et 50% des infirmières indiquent avoir participé aux plans personnalisés de santé (PPS) et que les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes sont très peu impliqués dans l'écriture du PPS.

En matière de coordination des acteurs sanitaires au sein de la coordination clinique de proximité [CCP], l'organisation proposée par le cahier des charges ne génère pas davantage de concertation pluriprofessionnelle ni de réels échanges d'informations sur le patient lorsque les professionnels de la CCP exercent seuls ou en cabinet monoprofessionnel, alors que c'est un des objectifs affichés par les défenseurs du Paerpa, assène aussi l'UNPS. Les missions et responsabilités des professionnels de santé sont insuffisamment définies et rémunérées, poursuit-elle, soulignant que le modèle Paerpa souffre également de l'absence de logiciel interprofessionnel opérationnel commun et adapté à l'exercice coordonné hors les murs.

S'appuyant sur ces données, l'UNPS réitère sa volonté de revoir le modèle pour qu'il réponde aux besoins de coordination des professionnels de santé libéraux sur lesquels repose l'enjeu du virage ambulatoire, et demande à ce que le modèle de coordination et les outils associés soient définis avec les professionnels de santé libéraux dans le cadre du dialogue conventionnel.

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