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Ces quelques gouttes feront-elles déborder le vase ?

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Je vais vous soumettre un cas clinique. Vous savez, comme lorsque vous êtes en formation et que l'on vous propose en post-prandial (ou en pré-prandial pour éviter la fameuse somnolence et profiter de toute l'adrénaline disponible de votre cerveau affamé), que l'on vous propose donc un cas inventé - ou non - et que vous mettez à rude épreuve vos neurones anesthésiés par la voix monocorde et quasi hypnotique du formateur… Alors voyons voir... 1, 2, 3 qui dorment, non 4, le dernier vient de tomber de sa chaise. Les autres, vous méritez la suite. Clématite, alias L'infirmière libre râle , reprend du service pour notre plus grand plaisir et nous rapporte une histoire de nomenclature qui la « dé-goutte ! »

goutte branche

Le cas d'une patiente âgée pour qui l'instillation de gouttes oculaires 4/jour suscite bien des questions d'organisation… et de cotation…

Ce n'est pas un cas fictif, car une amie, toute jeune infirmière libérale, vient de  me le  relater, me demandant, la peucheurette (ça veut dire la pauvre, mais version gentille, en marseillais), comment coter une prise en charge qu'elle s’apprête à accepter.  Bah!  je suis pas l'experte du siècle en nomenclature générale des actes professionnels (NGAP), mais après quelques dizaines d'années en libéral je taquine la bête.

Le cas clinique...

Voilà donc notre dame, 75 ans, à peu près valide, diabétique non insulino-dépendante, mais avec pas mal de comorbidités tout de même, aidante naturelle de son Alzheimer de mari de 81 ans ( vous savez cet Allemand pour qui beaucoup de dames d'un certain âge perdent la tête). Des enfants, mais pas trop dans le périmètre de son logement, et tous fort occupés… Et pas trop de voisins disponibles dans les parages non plus. Notre dame vient de se faire opérer de la cataracte sur un oeil, ben oui...

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Commentaires (3)

druna11

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5 commentaires

#3

Oui si on y va pour autre chose

Trop risqué, ne pas faire mère Thérésa. nous ne le faisons plus dans le cabinet... C'est donc le SSIAD à 31 euros par jour qui le fait pour faire 1 douche par S.... Une amie à été redressée de 40 000 euros pour collyres, TA et bas sur 3 ans (par contre si c'est à ta défaveur la sécu ne voit que 2 ans dans son ordi...c'est dommage...). elle à fait un crédit à 5 ans de la retraite et à remboursé aussi les IK pour des soins pourtant effectués mais pas dans la nomenclature....Dans l'Aude il y a un "ordre" pour les ophtalmos de ne pas prescrire de pansement oculaire quand c'est des collyres.... j'ai parlé du problème de cotation à un chir-opthalmo , il m'a répondu que les IDE n'ont qu'a appliquer la nomenclature et informer les patients que le soin n'est pas remboursé.....mais il continu à prescrire "par ide à domicile"....par contre j'ai sauvé un œil avec un début d'infection sans signes cliniques (juste un ressenti, avec un "ça pique" et un recul à la mise des gouttes...car la patiente démente à eu la chance que j'y allais pour la toilette et les médicaments 2 f/jr. pour 1 AIS3 matin et soir...elle n'avait les gouttes que 2 fois mais c'est mieux que rien....la surveillance clinique c'est notre rôle propre.. pas payé et pas reconnu... c'est vrai tout le monde peut mettre des gouttes....mais la surveillance qui la fait ?? Me MST notre ministre doit considérer qu'on peut sacrifier un œil de temps en temps... et puis à 80 ans c'est un bel âge, on a bien vécu...et faut payer les retraites....Et puis cette dame à eu le VSL de sa poche pour aller voir 1 spécialiste à 60 km qui veuille bien la recevoir (refoulée 2 fois. le sien en congés..l'ambulancière en connaissait un..ouf...). Si je m'étais planté et si il n'y avait pas eu d'infection j'aurai été surement l'incompétente qui s'affole pour rien et qui à fait jeter de l'argent à une pauvre retraitée..(les enfants étant loin et absents). Cette dame est rentrée en MDR et se porte très bien .

Vaeblo

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5 commentaires

#2

Pansement !

Hello !
De notre côté, nous avons aussi régulièrement ce genre de soins à prendre en charge. C'est toujours pareil : rien de compliqué dans le soin, mais quand on a plus de 70 ans, qu'on tremble et qu'on arrive pas à lever les coudes plus haut que ses épaules, là ça devient compliqué. Mais ça, les gens qui travaillent dans les bureaux et nous pondent la nomenclature ne peuvent rien en savoir.

Bref, tout ça pour dire que la plupart du temps, chez nous, les ophtalmo ont l'intelligence de noter "pansement oculaire avec instillation de collyre, X fois/jour". Qu'il y ait un "pansement réel" ou non, comme a pu le dire Kiliad, c'est une "plaie à l'air", et donc un pansement quand même !

Et oui, ça fait donc dans le cas présent un AMI2 quatre fois dans la journée. Bah tant pis pour la sécu qui n'a qu'à pondre une nomenclature adéquate :).

Kiliad

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3 commentaires

#1

Soin de plaie à l'air ?

Par curiosité, je suis allé poser la question à un pote ophtalmo (je suis IDE en chirurgie, c'est-à-dire un hématome en matière de cotation)

Il me répond qu'il suffit de traiter ça comme une gestion d'une plaie à l'air.
L’œil doit cicatriser et l'instillation de goutte peut-être vue comme un soin de plaie à l'air.

Je me rend bien compte que ça n'apporte de réponse directe mais j'espère que ça aidera quand même :)