IDEL

Une infirmière libérale décroche un prix du Care Challenge

Exerçant en Ille-et-Vilaine, Micheline Quesnel-Deshayes, infirmière libérale a donné une orientation inédite à sa carrière. Refusant d’être accaparée par l’ouverture d’un cabinet, elle a opté pour le statut de remplaçante et fait de l’éducation thérapeutique son leitmotiv. Un pari gagnant couronné par une récompense du Care Challenge, parmi une sélection de projets internationaux.

Micheline Quesnel-DeshayesTrès tôt, Micheline Quesnel-Deshayes s’est efforcée de marquer sa différence et son indépendance d’esprit. Déjà, à l’Ifsi de Coutances (50), elle était mue par l’envie de faire découvrir et d’apprendre aux autres, et d’abord à ses acolytes qui éprouvaient quelques difficultés à assimiler certains enseignements. Son premier poste au service cardiologie de l’hôpital de Fougères (35), sitôt diplômée en 1979, a confirmé la tendance. Souvenirs de temps heureusement révolus : « La situation était archaïque. Il y avait entre trois et huit malades par chambre. Et un jour sur trois, j’étais affectée aux urgences. » En revanche, le revers de la médaille était positif car source d’enrichissement et de perfectionnement : « On assistait alors aux débuts de l’éducation thérapeutique qui m’a immédiatement intéressée, par exemple concernant les protocoles de prise d’anticoagulants oraux. Malheureusement, la priorité n’était pas sur cet aspect-là mais uniquement sur le soin. Et puis, nous n’étions pas formées ni n’avions les outils nécessaires qui nous auraient permis de la promouvoir.

L’exercice libéral plutôt que les pesanteurs administratives

Pas étonnant donc qu’au bout de trois ans, Micheline Quesnel-Deshayes ait rendu sa blouse et soit allée enseigner à l’Ifsi de Fougères avec l’objectif d’inculquer à ses élèves un aspect essentiel de la profession : l’écoute et l’orientation des patients. Là-encore, les pesanteurs administratives, notamment le fait qu’elle n’ait pas le statut de cadre de santé, l’incitèrent à trouver davantage de liberté, en optant, en 1988, en faveur de l’exercice libéral en tant que remplaçante par souci de privilégier son équilibre familial. J’ai postulé en envoyant des courriers dans les cabinets aux alentours. Sans prétention, ma démarche était assez novatrice car à l’époque, les infirmières prenaient du temps pour se reposer seulement pendant les vacances, jamais en semaine.

Même si, financièrement, la chose est parfois périlleuse, la diversité des collaborations successives a été synonyme d’opportunités susceptibles de donner un nouvel essor à son parcours professionnel. Ainsi en 2007, Micheline Quesnel-Deshayes a-t-elle participé à une formation organisée par le réseau Diabète 35 et portant sur l’insuline basale. L’occasion de s’engager davantage dans cette voie et d’accepter le rôle de référente en éducation thérapeutique de la structure au sein du pays de Fougères.

« Écoute, empathie et posture éducative »

Une mission qui revêt une dimension pédagogique évidente. Elle consiste, en particulier dans le cadre du Plan personnalisé de santé (PPS), à rencontrer les patients qui ont contacté Diabète 35 spontanément ou à l’instigation de leur médecin. Il ne s’agit pas de dispenser des conseils techniques, hormis en cas de difficulté à se tester. Le but est davantage d’aider à retrouver une motivation au quotidien et de favoriser une parole libératrice : Je sollicite mon expertise de l’écoute et mon empathie. J’adopte une posture éducative, par exemple en reformulant les propos de mon interlocuteur afin de m’assurer que ce que je lui suggère répond à ses besoins et à ses aspirations. L’objectif est de le rendre le plus autonome possible. Sachant que ceux qui ne parviennent pas à gérer leur diabète, par exemple les personnes âgées, sont eux, véritablement pris en charge.

Toujours sous l’égide de Diabète 35, Micheline Quesnel-Deshayes a conduit depuis deux ans une action semblable à l’hôpital de Fougères épaulée par des bénévoles de l’association qui partagent sur le terrain leurs expériences et délivrent de précieux conseils. La visée est identique, en l’occurrence, motiver, aider et valoriser les malades qui sont demandeurs afin de faciliter la transition lors du retour au domicile. C’est que là, comme ailleurs, l’éducation thérapeutique est un outil précieux, souvent indispensable.

Cet article a été publié dans la revue de la FNI Avenir et Santé de janvier 2013, n°410, p. 36/37.

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