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VIDEO - "Il faut que les étudiants prennent la parole"

Aymeric Le Corre est infirmier libéral à Fontaine-Le-Comte près de Poitiers depuis 2012. C’est dans cette ville d’environ 4 000 habitants qu’il a ouvert, la même année, son cabinet. Aujourd’hui, avec Benoît, son associé, ils reçoivent des étudiants en soins infirmiers qu’ils entraînent dans leurs tournées. Mardi 23 mai, il était accompagné de Fabien Beaufreton, son quinzième étudiant depuis l’ouverture du cabinet, en stage pour 10 semaines.

Accueillir des étudiants ? C’est l’objectif que s’était fixé Aymeric Le Corre à l’ouverture de son cabinet, en 2012. Cet infirmier libéral tenait en effet à "offrir un espace de formation aux étudiants, en dehors de l’hôpital. Le dernier étudiant en date : Fabien Beaufreton, 37 ans, ancien délégué médical en pleine reconversion professionnelle à la suite d’un plan de sauvegarde de l’emploi.

L’accent sur la pratique, en immersion

Quand on accueille les étudiants avant le stage, on fait un petit bilan de ce qu’ils savent faire, on fixe leurs objectifs et on définit rapidement ce qu’ils vont faire sur le terrain, explique Aymeric Le Corre qui avoue privilégier l’expérience. L’important pour ce formateur ? Que ses étudiants acquièrent rapidement de la dextérité et donc de l’autonomie. Recevoir des étudiants n’est d’ailleurs pas sans intérêt sur la pratique des formateurs. Ça nous permet d’avoir un regard extérieur, confie Aymeric Le Corre qui apprécie particulièrement ces échanges de professionnel à professionnel.

Les étudiants doivent davantage prendre leur place  

On dit à nos étudiants en début de stage : n’hésite pas, si tu vois quelque chose qui te gêne, qui t’offusque, à nous le faire partager, raconte Aymeric Le Corre qui observe, commente et rectifie quand il le faut les gestes précis de Fabien Beaufreton lors de la tournée. Des remarques qui permettent vraiment un échange selon le formateur. Mais pour Aymeric Le Corre, les étudiants ont encore du mal à prendre cette place de professionnels. Ils ont toujours peur de ce statut d’étudiants, de la manière dont ils vont être jugés et ne se donnent pas toujours cette liberté-là de dire les choses de manière sincère, regrette-t-il avant d’insister : Il faut vraiment que les étudiants prennent la parole.

Un étudiant dans les pas de son formateur

Chez les patients, Fabien Beaufreton semble plutôt à l’aise. On le voit plaisanter avec eux tout en leur prodiguant des soins, toujours sous l’œil attentif d’Aymeric Le Corre. Après les avoir quittés, l’étudiant et son formateur « débriefent ». De la pratique bien sûr, mais aussi de l’état général des patients auxquels ils rendent visite. Durant son stage, Fabien Beaufreton aura deux rendez-vous à l’IFSI dont il dépend : l’un à mi-stage et l’autre en fin de stage, où l’on se regroupe par pôles, explique-t-il. Le but de ces réunions : faire un partage d’expérience sur des situations, des problématiques rencontrées, cette fois avec les formateurs de l’IFSI, pour compléter et enrichir ce qu’on apprend en stage.

Pour l’instant, le stage semble réussir à Fabien Beaufreton et même, le conforter dans l’idée de suivre la voie de son formateur : L’exercice d’Aymeric et de son collègue Benoît m’ont permis de renforcer ma conviction de faire ce métier d’infirmier libéral, résume-t-il. Dans dix ans, il se voit même ouvrir son propre cabinet et cela, même si Aymeric Le Corre ne voit pas forcément d’un très bon œil cette arrivée de la concurrence, plaisante l’intéressé. Il y aura pourtant été largement pour quelque chose.  

Journaliste susie.bourquin@gmail.com @SusieBourquin

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Commentaires (1)

nenette86

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1 commentaires

#1

COMPLIMENTS

Je suis dans la même promo que Fabien et à peu près du même âge.
Je vois que l'encadrement est primordial pour cet IDEL et je dis BRAVO !
Il a comprit que si un étudiant était bien encadrer, il sera un professionnel réflexif et à l'aise .
Moi , je suis dans un service du CHU et l'encadrement est sommaire malgré les plaintes des étudiants précédents .
Nous serons des collègues demain et la relation sera peut être amère !
Mais je ne suis pas prête d'oublier par où je passe pour être efficace auprès des étudiants que j'encadrerais à mon tour .
Merci pour ce reportage !