MODES D'EXERCICE

Christophe et Sophie, infirmiers militaires au service de la France

En décembre dernier, nous vous proposions deux portraits d'infirmiers militaires, une façon de valoriser ces femmes et ces hommes rarement valorisés, parce que leur engagement et leurs missions sont souvent passées sous silence. Ces deux nouveaux portraits lèvent à nouveau une partie du voile. Infirmiers militaires ils sont et fiers de l'être ils l'affirment.

Jamais de routine pour Christophe

Christophe infirmier militaire

Engagé dans l’armée de Terre par esprit d’aventure, le sergent-chef Christophe, artilleur depuis 15 ans, décide de passer le concours infirmier. Une réussite et une belle « reconversion ». Il nous le raconte...

« J’ai dû me replonger dans les études (Ecole du personnel paramédical des armées de Toulon - EPPA) après 15 ans comme soldat et beaucoup travailler. J’ai eu mon diplôme d’Etat en 2008. Après 3 ans en salle de soins de l’Antenne Médicale de Chaumont Semoutiers - expérience très utile en sortie d’école - j’ai été muté en 2012 comme responsable de l’antenne de Varennes sur Allier. Un double défi à affronter : être seul à gérer une antenne, sans médecin à moins de 80km et travailler pour l’armée de l’Air. Heureusement, mes 2 auxiliaires m’ont bien épaulé.  J’assume donc tous les rôles avec mes 2 auxiliaires sanitaires : le cœur de métier d’infirmier, auquel l’EPPA nous prépare très bien, avec les visites médicales périodiques des militaires, la gestion des dossiers médicaux, mais aussi toute la gestion d’une antenne médicale : matérielle, informatique, de l’infrastructure, de la pharmacie, du ravitaillement, de la comptabilité, la médecine de prévention et surtout, l’administration : rapport mensuel, référentiel qualité, messagerie, contentieux… En tant qu’interlocuteur direct du commandant de base pour les questions santé, j’assiste également aux réunions de commandement et aux différentes commissions. L’avantage : j’ai mes objectifs et je gère totalement mon emploi du temps. Devoir tout gérer parait difficile au début. En fait, il faut être rigoureux, évidemment, mais surtout curieux, avoir le sens du contact, ensuite on acquiert les bons mécanismes. Cette multiplicité des tâches rend cette fonction très enrichissante au quotidien, il n’y a jamais de routine ! Cette réorientation a été une vraie bouffée d’oxygène. Sans cela, je ne serai peut-être plus militaire aujourd’hui. A l’avenir, si je ne peux pas rester dans les forces comme infirmier major, j’envisagerai une mutation en service psychiatrie d’un hôpital militaire. »

Travail d’équipe et autonomie : j’ai mes objectifs et je gère totalement mon emploi du temps.

Sophie : infirmière militaire responsable d’antenne

Sophie infirmière militaire

L’infirmière de classe normale Sophie a choisi une carrière d’infirmière militaire « par goût de l’effort et envie de se surpasser ». Elle s’est engagée dans l’armée de Terre puis a été formée pendant 3 ans à l’EPPA (Ecole du personnel paramédical des armées de Toulon) jusqu’à l’obtention de son diplôme d’état. D’abord militaire puis infirmière, elle est aujourd’hui responsable de l’antenne de Mailly-le-camp rattaché au 4e plus grand centre médical des armées de France. Elle nous explique le coeur de son métier et ses missions.

« Mon métier est riche de sa diversité. Le centre médical des armées (CMA) de Mourmelon-Mailly soutient 8750 militaires, 1069 civils et 2500 stagiaires. Cela me permet d’effectuer des soins et des gestes techniques quotidiennement (prises de sang, vaccinations) mais aussi de prendre en charge des urgences régulièrement. En tant qu’infirmière responsable d’antenne, j’assure également le suivi de carrière et de formation des brancardiers secouristes. Je suis aussi l’interlocuteur privilégié du médecin responsable d’antenne, de l’infirmier-major et du médecin chef commandant le CMA. Pour faire ce métier, il faut avant tout être polyvalent ! En effet, nous ne faisons pas que des soins. Nous assurons également la prévention (cours sur l’hygiène en campagne, l’eau, les infections sexuellement transmissibles… aux nouveaux incorporés), la prise en charge des urgences, la gestion du personnel, l’apprentissage des techniques de soins aux brancardiers secouristes. Les clés de la réussite : faire preuve d’adaptation, savoir se remettre en question et, surtout, ne pas avoir peur de la charge de travail.

L’expérience qui m’a le plus marquée a été la prise en charge de plusieurs camarades blessés lors de ma première mission au Liban, en 2010 (DAMAN 12). Il a fallu agir vite, en équipe et accepter la perte de camarades que l’on côtoyait quotidiennement. Tout au long du mandat, j’ai dû être à l’écoute pour soutenir et rassurer. Cette tragique expérience a aussi permis de souder l’équipe médicale et de garder une cohésion même après la mission. Mon prochain objectif : être mutée dans une autre antenne médicale afin de travailler avec une nouvelle équipe pluridisciplinaire, d’acquérir des techniques différentes, vivre de nouvelles expériences mais toujours au sein des forces. »

Un métier polyvalent : faire preuve d’adaptation, savoir se remettre en question et, surtout, ne pas avoir peur de la charge de travail.

Note

  1. ICN Christophe, infirmier responsable de l’antenne médicale de Varennes sur Allier (CMA Clermont-Ferrand)
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Commentaires (2)

Marine2506

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1 commentaires

#1

Formation militaire à l'EPPA

Bonjour,
Voilà j'ai passé 6 concours infirmiers cette année dont celui de l'armée, je les ai tous eu (certains sur liste complémentaire) mais pensant que je n'aurai pas celui de l'armée (vu la sélection qu'il y a..) je me suis dirigée vers l'école de Vannes.
Cependant j'ai aussi eu le concours de l'armée donc maintenant j'hésite beaucoup, je suis perdue, je ne sais pas où aller l'année prochaine et je n'ai que ce weekend pour prendre ma décision...
C'est pour cela que j'ai besoin de votre aide. J'aimerai avoir plus de renseignements sur l'EPPA en particulier sur la formation militaire, par exemple :
-Est-ce que le service militaire est difficile ? Pour des personnes pas forcément très sportives
-L'internat c'est la première année, mais seulement lors du service militaire ou jusqu'à la fin de la première année d'étude ?
-La rémunération est-elle vraiment suffisante pour se payer un appartement les années suivantes ?