SAPEURS POMPIERS

Les infirmiers de sapeurs-pompiers et le jugement clinique

    Suivant

Le concept de « jugement clinique » n'est pas explicitement défini lors des études d'infirmier, pourtant, il fait partie intégrante de l’exercice professionnel quotidien. Il constitue l’un des concepts clés du cheminement clinique des infirmiers de sapeurs-pompiers (ISP). Souvent décrit comme une compétence exclusivement médicale, le jugement clinique est fortement associé à la notion de diagnostic. Pour autant, la capacité d’aboutir à un jugement, au travers d’une démarche clinique utilisant un raisonnement, revêt également une dimension infirmière indéniable qu’il convient d’identifier et de clarifier.

Selon Margot Phaneuf1 « le jugement clinique relève d’une idée, d’une opinion claire que l’infirmière se fait à la suite d’un processus d’observation et de raisonnement sur les données observées ; il est, en somme, la conclusion qu’elle en tire ». On peut aisément comprendre que chaque infirmier n’ait pas la même approche ni le même recul face au jugement clinique. Pour autant, le référentiel de compétences IDE2 inscrit dans le champ réglementaire l’obligation pour les infirmiers d’acquérir plusieurs compétences amenant à réaliser un jugement clinique, notamment dans le contexte de l’urgence.

Trois compétences sont ainsi particulièrement attendues des infirmiers de sapeurs-pompiers :

  • compétence 1 - « Évaluer une situation clinique et établir un diagnostic dans le domaine infirmier » (cf. détail des sous compétences et des habiletés de cette compétence ci-dessous) ;
  • compétence 2 - « Concevoir et conduire un projet de soins infirmiers ». Il s’agit de hiérarchiser et planifier les objectifs et activités de soins en fonction des paramètres du contexte et de l’urgence des situations ;
  • compétence 4 « mettre en oeuvre des actions à visée diagnostique et thérapeutique ». Il s’agit, d’une part, de réaliser les soins techniques prescrits ou relevant du rôle propre avec la dextérité et la sécurité d’un professionnel de santé. Mais il est attendu de l’infirmier, d’autre part, de déterminer la pertinence du déclenchement des soins ou de leur adaptation au contexte clinique.

infirmiers de sapeurs pompiers interventionEn dehors de la présence d’un médecin ayant réalisé un diagnostic médical, il est essentiel pour l’infirmier de pouvoir associer ses compétences. D’une part, il s’agit d’être apte à formuler un jugement clinique fin et précis. En effet, le recueil des données doit aider le médecin à l’établissement du diagnostic médical, mais il ne doit pas, à contrario, l’enfermer dans une vision captive de la situation. Les signes cliniques évoquant des hypothèses interprétatives doivent donc être recherchés par l’infirmier et transmis sans filtre. D’autre part, il s’agit ensuite de réaliser la prise en charge thérapeutique adaptée. Cette démarche s’inscrira soit dans le cadre de son rôle partagé (application d’une prescription médicale comme un protocole infirmier de soins d’urgence ou d’antalgie), soit dans le cadre de son rôle propre, et ce, jusqu’au relais médical.

Selon Margot Phaneuf, le jugement clinique se construit grâce à plusieurs éléments : des connaissances théoriques sur le problème en lui-même ; une expérience clinique ; des capacités rigoureuses d'observations ; la capacité de raisonner correctement sur la réalité observée ; avoir un certain « feeling » afin de ressentir les choses ; reconnaître les signes et les symptômes caractéristiques des différents problèmes surtout...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (0)