PUERICULTRICE

L'image corporelle des adolescents atteints de cancer

Chaque année depuis 2010, la Fondation MACSF récompense les travaux de professionnels de santé traitant de l'amélioration de la relation de communication patients-soignants. Cette année, Céline Lebras, puéricultrice, a obtenu le 1er prix dans la catégorie professions paramédicales pour son travail sur les perturbations de l'image corporelle des adolescents atteints de cancer.

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La Fondation MACSF récompense une puéricultrice pour son travail de recherche sur  les perturbations de l'image corporelle des adolescents atteints de cancer.

Céline Lebras, puéricultrice au CHU de Rennes, est lauréate du « Prix de la Fondation MACSF 2013 ». Voici le résumé de son travail mené sur les perturbations de l'image corporelle des adolescents atteints de cancer.

Chaque année, en France, 700 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chez des patients de 15 à 19 ans. Chaque adolescent traité par chimiothérapie, radiothérapie, corticothérapie ou chirurgie endure des perturbations de son image corporelle. Ces patients ont-ils des besoins particuliers? Ont-ils les ressources nécessaires afin de construire leur identité? Quel accompagnement mettre en place dans les services de soins? Les adolescents sont une population à part entière, ayant ses propres besoins: celui de s’identifier, de prendre ses distances, de ressentir du plaisir, de s’intégrer ; mais aussi ses troubles: peur de changer, appréhension de la vie sexuelle, manque de confiance en soi. Il est important de tenir compte de ces spécificités lors des soins.

Le corps du sujet est au cœur de l’adolescence, un corps en transformation, en identification et en cours de sexualisation. Un équilibre précaire existe entre le corps de l’enfant et celui de l’adulte. Si cet équilibre vacille, une rupture peut avoir lieu, provoquant alors la perte d’identité. On peut ainsi imaginer qu’un adolescent atteint de cancer, subissant d’autres transformations en plus de celles liées à la puberté, puisse être démuni face à ces changements.

Adolescent, son environnement et l’image qu’il a de lui-même nourrissent son estime. Les cinq domaines recouvrant celle-ci sont : l’apparence physique, la réussite scolaire, les compétences athlétiques, la conformité comportementale et la popularité. Or, les adolescents atteints de cancer sont souvent hospitalisés, ne vont plus à l’école, ont changé physiquement, ne sont plus capables de faire du sport et sont séparés de leur groupe. C’est en fonction de la manière dont l’adolescent aura traversé l’expérience de la maladie et de l’adolescence qu’il sera disponible pour assurer son avenir social et sexuel. Les soignants ont donc un rôle primordial à jouer. Une enquête qualitative réalisée dans un service d’oncologie pédiatrique auprès de six soignants et de quatre adolescents a mis en évidence que les troubles de l’image corporelle que les adolescents ressentent sont liés aux différents traitements. Tous les changements sont vécus difficilement, mais les adolescents s’efforcent de relativiser et disent que, de toute façon, ils n’ont pas le choix.

En tant que soignant nous devons faire en sorte que ces jeunes se sentent acteurs dans leur parcours de soins. Les professionnels évoquent un accompagnement compliqué des adolescents, d’une part parce que le contact peut être délicat, d’autre part parce qu’ils estiment ne pas avoir les ressources nécessaires pour les soutenir. Ils ne se sentent pas assez formés pour prendre soin de la population adolescente, disent ne pas connaître réellement leurs besoins. Les adolescents soignés dans ce service souhaitent quant à eux se réapproprier leur corps, ont besoin de parler.

Certains professionnels conscients de ne pas être à l’aise avec le sujet, ne laissent pas de place à l’adolescent pour s’exprimer. D’autres considèrent que ce n’est pas un problème majeur. Il est donc important de sensibiliser les soignants qui travaillent dans des services accueillant des adolescents. Des propositions sont formulées pour un meilleur accompagnement, la possibilité d’être dans un service adapté à leur âge et de participer à des ateliers d’esthétique ou à des groupes de parole. Toutes ces suggestions pourraient faire partie intégrante d’un projet visant à améliorer l’aide aux adolescents.

https://www.macsf.fr/

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