PUERICULTRICE

Infirmière puéricultrice : des clés pour améliorer sa pratique

Du 17 au 19 juin 2015 se sont déroulées, à Marseille, les 40èmes Journées Nationales d'Études de l'Association Nationale des Puéricultrices(teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants (ANPDE). 900 congressistes se sont ainsi réunis afin d'aborder les problématiques de la profession et améliorer leurs pratiques.

enfants affiche anpde

Enfants et adolescents étaient au coeur des réflexions durant les 40èmes Journées Nationales d'Études de l'ANPDE.

Les 40èmes Journées Nationales d'Études de l'ANPDE se sont tenues du 17 au 19 juin 2015 à Marseille. L'occasion de rappeler l'importance des infirmières puéricultrices dans le secteur de la santé de l'enfant et d'alerter sur les difficultés que la profession rencontre...

Un syndicat pour valoriser l'exercice spécifique des infirmières puéricultrices libérales

Un nouveau syndicat, créé lors du dernier conseil d'administration de l'ANPDE a été présenté aux congressistes des JNE. Il s'agit du Syndicat National des Infirmières Puéricultrices Libérales présidé par Florent Brault, délégué de région Aquitaine (ANPDE) et Géraldine Michard, déléguée de région Bretagne-Pays-de-la-Loire (ANPDE). Au vu des difficultés de créer un syndicat regroupant l’ensemble de la profession, les secteurs d'activité étant multiples, il est apparu que la création de ce syndicat était la meilleure solution pour défendre les intérêts professionnels des puéricultrices(-teurs). L'objectif est notamment de parvenir à créer une nomenclature spécifique, qui pourra par la suite être utilisée dans les autres secteurs.

Des conférences et ateliers pour mieux prendre en charge enfants et adolescents

Ces trois journées ont également été l'occasion, pour les participants, d'assister à des conférences et ateliers aux thématiques variées afin d'enrichir leur pratique quotidienne.

Prévenir les abus d'écrans dès la petite enfance

Serge Tisseron, reconnu entre autres pour son travail sur les écrans dans l’enfance, a rappelé l’importance de trouver un équilibre entre les dangers et les intérêts de tout type d’écran au plus jeune âge. Les « balises » « 3/6/9/12 » permettent d’aider les enfants à apprivoiser les écrans. En effet, les enfants viennent à présent au monde avec la télévision, parfois allumée en continu. Or le petit enfant a besoin de créer des liens entre ce qu’il peut voir, toucher et manipuler. L’utilisation des cubes permet d’associer la vue au toucher, comme un cube pour lequel l’enfant va pouvoir découvrir sa couleur, sa forme, son poids et sa texture. Avec la télévision le jeune enfant réduit ses interactions sensorielles puisqu’il peut seulement voir et entendre. La télévision apparaît donc nocive avant 3 ans car elle influence également la qualité du sommeil et, même utilisée en fond sonore, elle ne permet pas à l’enfant d’apprendre à se concentrer sur ses activités. Une étude récente va même jusqu’à montrer un risque accru de victimisation à la préadolescence par une plus grande passivité face à l’environnement. Concernant les tablettes numériques, S. Tisseron considère qu’elles ne doivent pas être laissées seules à l’enfant, et qu’il s’agit bien d’un moyen de jouer et non d’éduquer malgré les logiciels éducatifs qui ont vu le jour ces derniers temps. Une utilisation moindre des écrans (télévision, tablette…) permet de prendre le temps de parler, d’échanger, notamment sur les supports audiovisuels. L’enfant peut ainsi intégrer les différentes expériences qu’il a pu réaliser.

L'influence de l'environnement sur les déterminants de santé

Autre thématique traitée par Gilles Nalbone, chimiste-toxicologue, qui a étudié l’influence des perturbateurs endocriniens : l'influence de l'environnement sur les déterminants de santé. Il remarque qu’entre 1997 et 2013, il s’est produit une augmentation de 86% des affections de longue durée. De plus, en 50 ans, la qualité du sperme à l’échelle mondiale a diminué de 50%. Or, les facteurs génétiques, le meilleur dépistage ou le vieillissement de la population ne suffisent pas à expliquer ces problématiques selon André Cicolella. Les perturbateurs endocriniens (environ un millier sont en circulation dans l'environnement mondial) semblent avoir une part importante de responsabilité. Ce sont des molécules de synthèse qui peuvent se lier à des récepteurs physiologiques. Le Distilbène ou le Bisphénol A en sont de bons exemples.

La problématique est complexe puisque la toxicologie des perturbateurs endocriniens ne répond pas aux normes classiques. En effet, de très faibles doses peuvent être suffisantes pour agir, voire être plus efficaces que des doses importantes. De plus, si chaque perturbateur endocrinien a une certaine nocivité pris individuellement, on ne connaît pas toujours l’effet de plusieurs molécules associées. Ainsi, une molécule apparemment sans danger peut devenir nocive en étant combinée à d’autres : c’est l’effet cocktail. Enfin, les effets sont dus plus à la durée d’exposition qu’à la dose reçue. La prévention est donc primordiale, en évitant notamment certains plastiques (type 3,6 et 7), en favorisant des produits simples, voire naturels pour l’entretien des locaux, ou encore en évitant les aérosols qui diffusent plus largement les molécules. Ces mesures sont notamment sources de réflexion pour les professionnels de la petite enfance dans l’aménagement et l’entretien des établissements d’accueil du jeune enfant.

L'éducation thérapeutique de l'enfant atteint de diabète de type 1

Martine Samper, infirmière puéricultrice en SSR, a évoqué l’éducation thérapeutique chez l’enfant atteint de diabète de type 1. Il a été question du diagnostic éducatif de l’enfant et de sa famille permettant d’évaluer quatre grands domaines de compétences de l’enfant :

  • la maîtrise des gestes (glycémie capillaire…) ;
  • la compréhension de sa maladie ;
  • la perception de ses symptômes et des signes d’alertes ;
  • l’adaptation de son cadre de vie.

Ce dispositif s’avère pertinent puisque 90% des cas de diabète pédiatrique sont de type 1. L’éducation thérapeutique se joue alors sur plusieurs niveaux puisqu’elle est initiale dans le cadre de l’annonce, pour répondre aux besoins vitaux de sécurité, puis de suivi dans le cadre d’un accompagnement et enfin de reprise quand l’enfant a besoin de mettre à jour ses acquis ou de les consolider.

Bien d'autres sujets ont été abordés, comme la mise en place, par une infirmière puéricultrice et directrice de deux crèches associatives, d'un projet intergénérationnel, en collaboration avec un EHPAD, le curriculum pour améliorer les pratiques d'accueil de la petite enfance, les soins de développement en néonatologie ou encore le dispositif d'annonce en oncologie pédiatrique. Certains intervenants évoquent ces problématiques au travers de vidéos visibles sur la page Facebook de l'ANPDE.

L'année prochaine, les 41èmes JNE de l'ANPDE, qui se dérouleront du 15 au 17 juin 2016 à Poitiers, promettent d'être aussi riches et traiteront notamment de e-santé, transculturalité, de l'adolescence ou de la création d'Équipement d'Accueil du Jeune Enfant (EAJE).

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Infirmier puériculteur A.N.P.D.E.

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