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Recherche : Quand l’emmaillotage est soin…

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Recherche en soins infirmiers

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En septembre 2015, Isabelle Brulé, alors étudiante au sein de l'institut de formation d'infirmiers puériculteurs Houphouet Boigny, a soutenu son travail de recherche sur la thématique « Quand l'emmaillotage est soin – Les bienfaits de la culture dans le soin ». Elle souhaite le partager avec la communauté d'Infirmiers.com et nous l'en remercions.

bébé emmaillotage

Isabelle a mené son travail de recherche sur l'emmaillotage.

Isabelle débute ainsi son travail de recherche : « La pratique de l‘emmaillotage est ancestrale, évoluant au fil du temps afin de s‘adapter aux différentes cultures qui l‘ont adoptée. Dès l‘Antiquité en France, l‘enfant était emmailloté jusqu‘au 40ème voire 50ème jour de vie, dans le but de le protéger du froid, l‘empêcher de porter ses mains à ses yeux par crainte qu‘il ne les abîme, raffermir son corps mou de nouveau-né et l‘aider à grandir « droit ». Aristote pensait que les peuples qui emmaillotaient les enfants en feraient des guerriers, alors que les enfants non emmaillotés deviendraient des adultes « poltrons et veules ». La pratique de l‘emmaillotage fut ensuite introduite dans l‘éducation des petites filles au XVIème siècle. Dans les familles paysannes, le bébé était accroché à un clou afin de le protéger du froid et des animaux. Il était emmailloté dans plusieurs langes, les bras le long du corps, une planche entre ses jambes tendues. L‘enfant restait ainsi longtemps sans être changé et cette position pourrait être à l‘origine de divers malaises et maladies de l‘époque. L‘évolution des connaissances avec l‘apparition de l‘anthropologie et des naturalistes du XVIIIème siècle a permis de constater que les enfants des peuples qui n‘utilisent pas l‘emmaillotage se développent correctement entraînant une réflexion sur le bienfait de cette pratique. Jean-Jacques Rousseau et son livre « Émile ou de l‘éducation » va participer à l‘évolution des moeurs en critiquant l‘emmaillotage ainsi que les nourrices le pratiquant. De même au XIXème siècle, l‘évolution des pratiques d‘hygiène entraîne les médecins à déconseiller l‘emmaillotage qui empêche la toilette journalière de l‘enfant. L‘apparition de la layette au début du XIXème siècle va contribuer à la diminution de la pratique, entraînant son arrêt vers 1960.

Il faut attendre la fin du XXème siècle pour que l‘emmaillotage devienne une théorie reconnue, basée sur les besoins du nourrisson d‘être soutenu et contenu physiquement et psychologiquement.

Dans les années 2000 le terme « swaddling » est repris par un pédiatre Américain le Dr Harvey Karp, qui se sert de l‘emmaillotage pour calmer les pleurs des enfants et améliorer le sommeil. L‘Europe redécouvre les pratiques de l‘emmaillotage et du portage qui sont souvent liées, en se basant sur les connaissances actuelles, mais aussi sur les pratiques observées en Afrique ou en Amérique du Sud. En France, les techniques d‘emmaillotage sont retrouvées dans certains services hospitaliers comme la maternité, la néonatalogie, les soins intensifs et la réanimation néonatale. Dans la première partie de ce travail, je décrirais la situation de départ qui m‘a permis de choisir le thème, ainsi que l‘élaboration de ma question PICO « L’emmaillotage du nouveau-né lors d’un soin permet-il une diminution de la douleur et/ou du stress ? ». La deuxième partie présentera une revue de littérature basée sur des textes scientifiques, ainsi que l‘analyse de ces textes. Enfin, j‘élaborerais des recommandations de bonnes pratiques applicables en service, afin d‘améliorer les pratiques professionnelles ».

Lire le travail de recherche « Quand l'emmaillotage est soin – Les bienfaits de la culture dans le soin »

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Aurélie TRENTESSE Journaliste aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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