PSYCHIATRIE

A voir - L'Asile des photographies

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Vous êtes à Cherbourg ou simplement de passage dans la Manche ? L'exposition « L'Asile des photographies » constitue à la fois une histoire parallèle de la photographie, vue depuis l'hôpital psychiatrique de Picauville, et une mémoire rendue aux anonymes qui en furent les sujets. A voir !

Le dortoire des agités

« Le Dortoir des agités », Picauville, 2010, installation réalisée et photographiée par Mathieu Pernot  sur le site de l'hôpital. 

Le photographe Mathieu Pernot et l'historien Philippe Artières ont travaillé trois ans à l'hôpital psychiatrique de Picauville/Fondation Bon-Sauveur (Manche) situé à une quarantaine de kilomètres de Cherbourg. Ce lieu résume toute l'évolution de la psychiatrie depuis le XIXe siècle, mais il recèle surtout des archives visuelles exceptionnelles dont les deux acolytes ont fait la matière d'une élaboration commune. L'exposition « L'Asile des photographies » qu'ils présentent jusqu'au 26 janvier 2014 au Point du Jour en témoigne.

En 2010, expliquent-ils, nous avons été en effet invités à travailler par Le Point du Jour, Centre d'Arts, et la Fondation Bon-Sauveur sur les archives de l’hôpital psychiatrique de Picauville. Les vieux bâtiments de l’hôpital seraient bientôt détruits et il fallait, d’une manière différente, conserver la mémoire  du lieu. Mathieu Pernot et Philippe Artières poursuivent : nous ne savions pas précisément ce que nous trouverions mais on nous avait indiqué qu’un service audiovisuel animé par un infirmier passionné, Léon Faligot, disposait de films et de photographies anciennes ; parallèlement, nous aurions libre accès aux archives écrites de l’hôpital, et notamment aux dossiers médicaux datant parfois d’avant la Seconde Guerre mondiale. Ils découvrent ce qui s'apparente à un trésor de mémoire oublié : des centaines d’images, des années 1930 à nos jours, conservées dans de nombreux cartons, pochettes, classeurs. « La plupart des images n’étaient pas légendées, expliquent Mathieu Pernot et Philippe Artières, on n’en connaissait ni les auteurs, ni les personnes représentées, mais le corpus était formidablement divers et témoignait, outre de la vie d’une institution, de tous les usages du médium : portrait d’identité, photographie d’architecture, imagerie  médicale, photographie de vacances, reportage de presse, instantanés domestiques, cartes postales ou images officielles...

Carte postale de la série « Bon-Sauveur de Picauville » (Manche), sans date. Photographie : Chardey. Archives Fondation Bon-Sauveur L’idée que ce corpus constituait moins l’histoire en images d’une institution, emblématique de l’évolution de la psychiatrie, qu’une histoire de la photographie vue depuis l’hôpital, lieu de vie à la fois spécifique et banal s'impose à eux : une histoire non marginale mais, à la marge, une sorte « d'asile des photographies »....

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