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Anatomie d'une mallette !

Certaines personnes prêtent attention aux moindres détails. C’est ce qu’à remarquer la petite infirmière dans la prairie face à une patiente qui scrutait avec intérêt l’intérieur de sa valise. Mais même après le fameux rangement de printemps, il arrive que la mallette d’une infirmière se retrouve à nouveau rapidement à l’image de ses journées… débordées !

Anatomie d'une mallette !

Une bonne heure après, ma valise ressemblait à un appartement-témoin où chaque chose était parfaitement à sa place.

Ben, dis donc, elle est bien remplie votre valise ! Lorsque ces mots ont claqué dans l'air, j'étais en train de ranger mon garrot dans sa pochette et j'avais bien vu que la dame à la manière du Terminator scrutait le contenu de ma valise. Elle explorait du regard tous les recoins de ma mallette. Vous en avez des choses ! a-t-elle continué.

J'avais comme la désagréable impression que sa petite phrase n'était pas uniquement destinée à me complimenter sur la diversité du contenu de ma valise. Me sentant passée au laser (un Terminator je vous dis !) autant que ma mallette, je vérifiais du regard l'intérieur de ma valise : tout y était à peu près à sa place. Je poussais un ouf de soulagement tout en me disant que je ne me serais pas permise en entrant dans une maison de fouiller dans les placards en m'exclamant : Ben dis donc, ils sont bourrés à craquer vos placards !.

J'avais bien vu que la dame à la manière du Terminator scrutait le contenu de ma valise

En sortant, je me persuadai qu'un petit rangement de printemps ne serait pas de trop. La tournée terminée, la pause repas engloutie, je m'attelai donc à débarrasser ma mallette de son contenu. Plus je vidais et plus la table se remplissait. Je poussai des ah oui, c'est vrai ! J'avais mis ça là ! et des ben ça, je ne m'en sers pas mais bon on ne sait jamais... toutes les dix secondes. Le matériel était éparpillé sur la table et à la manière d'une Marie Kondo survoltée, je décidai de classer soigneusement mes affaires, histoire de retrouver en un clin d'œil même la plus minuscule des plus petites seringues plutôt que de tout vider sous le regard mi-perplexe mi-effrayé d'un patient qui a l'air de se demander sur quelle infirmière il est tombé !

Je suivais à la lettre les conseils de la reine du rangement en utilisant des boîtes et des sachets de tri. Une bonne heure après, ma valise ressemblait à un appartement-témoin où chaque chose était parfaitement à sa place : les compresses avec les compresses, les pansements triés en fonction de leurs tailles, les seringues rassemblées selon leur contenance... Un sentiment de bien-être m'envahit, car il faut bien l'admettre : ranger permet de faire également du tri dans sa tête et j'avais, à ce moment-là, la sensation d'être tout à fait remise en ordre.

Au bout de quelques jours, ma valise avait pris l'allure d'une Marie Kondo légèrement échevelée

Je partis toute guillerette pour ma tournée du soir. J'ouvrais ma valise et trouvais tout et n'importe quoi avec une facilité déconcertante. Je me fis, à la fin de la journée, la promesse de garder ma mallette toujours ordonnée, sous peine d'être bannie du cercle des maniaques du rangement !

Pourtant, au bout de quelques jours, ma valise avait pris l'allure d'une Marie Kondo légèrement échevelée : les sachets et boîtes étaient certes toujours là mais leur contenu avait quelque peu été mélangé parce que mine de rien dans le feu de l'action, ce n'est pas toujours facile de trier par couleurs ou formes ! On prend ce qui vient et on repose le tout comme on peut, ce qui a pour résultat un joyeux bordel à l'intérieur de ma valise et vous savez ce que je fais dans ces moments-là ? Je referme ma mallette en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire et fais comme si de rien n'était ! Ni vu, ni connu !

Cet article a été publié par la petite infirmière dans la prairie le 03 mai 2019

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