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Autisme : un diagnostic précoce recommandé mais difficile

La Haute Autorité de Santé a actualisé en février dernier ses recommandations concernant le trouble du spectre de l’autisme (TSA). L’occasion de faire le point sur les premiers signes d’alerte et le repérage en première ligne des professionnels, chez l’enfant et l’adolescent.

Enfant jeu jardin d'enfant

Quid des troubles du spectre de l’autisme chez l’enfant et l’adolescent

L’enjeu est important puisqu’un repérage précoce peut permettre une prise en charge adaptée pour mettre en œuvre des interventions globales, personnalisées et coordonnées, si possible avant l’âge de 4 ans. En France, ce sont au moins 600 000 personnes qui sont atteintes par un trouble du spectre de l’autisme. Selon la cour des comptes, 42 000 élèves avec TSA sont scolarisés sur les 100 000 vivant en France.  Aujourd’hui, le diagnostic est en effet posé entre 3 et 5 ans, alors qu’un diagnostic dès 18 mois permettrait d’aider l’enfant de façon précoce dans son développement. L’objectif des recommandations est alors d’optimiser le repérage et d’harmoniser les pratiques des professionnels (professionnels de la petite enfance, ceux de l’Éducation nationale et les médecins généralistes, pédiatres et paramédicaux exerçant en libéral, en PMI, en maison de santé…). En 1ère ligne, un objectif affiché est également de réduire le délai entre les premières inquiétudes parentales et la mise en place d’interventions appropriées.

La HAS rappelle ainsi les signes qui doivent alerter les acteurs de 1ère ligne. Quel que soit l’âge, c’est tout d’abord l’inquiétude des parents pour leur enfant  concernant la sociabilité et le langage ainsi que la régression des habiletés langagières ou relationnelles qui doivent faire penser à un trouble du spectre de l’autisme.  Plus particulièrement, c’est en fonction de l’âge de l’enfant et de son développement que les troubles peuvent être observés.

Chez le jeune enfant, l’absence de babillage ou de pointage à 12 mois, de mots à 18 mois, et d’association de mots à 24 mois, sont des signes qui doivent alerter. A partir de 18 mois, l’association de deux signes liés aux troubles du spectre de l’autisme doit également questionner les professionnels, notamment l’absence d’attention conjointe, l’absence de réponse au prénom, l’absence de sourire partagé… L’ensemble des signes sont ainsi listés par la HAS.

"Tout professionnel de la petite enfance et de l’enfance doit porter une attention particulière au développement de la communication sociale chez tous les enfants, tout au long de leur développement, avec une vigilance accrue lors de l’entrée en collectivité préscolaire et lors de l’entrée à l’école."

Si les professionnels repèrent des signes évocateurs chez un enfant, il est alors nécessaire d’orienter les parents vers le médecin habituel de l’enfant (médecin traitant, de PMI ou médecin référent de la structure d’accueil). La HAS recommande par la suite une consultation dédiée, réalisée par le médecin, pour évaluer le neuro-développement de l’enfant et rechercher des signes inhabituels pouvant évoquer un trouble du spectre de l’autisme. Le médecin pourra alors orienter l’enfant vers une équipe de 2ème ligne (Équipes de pédopsychiatrie -services de psychiatrie infanto-juvénile dont centres-médico-psychologiques – CMP-, services de pédiatrie, centres d’action médico-sociale précoce -CAMSP-, centres médico-psycho-pédagogiques -CMPP-, réseaux de soins spécialisés sur le diagnostic et l’évaluation de l’autisme ou praticiens libéraux coordonnés entre eux par un médecin ). Celle-ci correspond à une équipe coordonnée, constituée de professionnels spécialisées dans ce domaine et pouvant procéder à des évaluations standardisées. Dans le cas où le diagnostic est confirmé, l’équipe pourra alors proposer un projet d’intervention, en fonction de l’enfant et de sa famille, et en relation avec le médecin traitant.

Dans le cas de situations complexes, une consultation de 3ème ligne, au sein notamment d’un Centre Ressources Autisme, pourra permettre de poser le diagnostic.

Ces recommandations mettent ainsi l’accent sur les inquiétudes des parents qui ne doivent pas être banalisées ou minimisées, mais bien prises en compte alors qu’ils sont les plus à mêmes d’analyser finement le comportement de leur enfant. Le repérage précoce peut alors permettre aux enfants concernés d’évoluer dans un environnement adapté à leurs potentialités.

La société inclusive c’est aussi pour les personnes autistes

Le 2 avril dernier a eu lieu la Journée Mondiale de Sensibilisation à l’Autisme, durant laquelle de nombreuses associations se mobilisent pour faire évoluer la situation des personnes concernées par ce trouble mais aussi pour changer le regard que nous portons sur l’autisme. Les association rappellent toutefois que la France est en retard dans la prise en compte de l’autisme et l’urgence de former correctement l’ensemble des professionnels concernés et de mettre à disposition des moyens permettant aux équipes de prendre en charge la population, enfants et adultes atteints par ces troubles.

• En savoir plus sur www.autisme-france.fr   

Pour aller plus loin

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Charles EURYPrésident de l’ANPDEpresident@anpde.asso.fr

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Commentaires (2)

brrruno

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7 commentaires

#2

Psychiatrie

Comme beaucoup de pathologie psychiatrique depuis ... 1975. Enfin bref

Sabine quentin

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1 commentaires

#1

Psychiatrie

Votre article est très bien mais sa classification dans dossier "psychiatrie" me dérange.

L'autisme est reconnu comme un handicap.

Si vous pouvez en prendre considération, je vous en remercie d'avance.