CINESANTE / Regards croisés

    Suivant

Regards croisés, paroles échangées, questions partagées…
… fut le leitmotiv de ces séances !

 

L’Éducation à la santé par le cinéma :

Le Dispositif « Adolescents et Jeunes Adultes » du Centre Hospitalier psychiatrique de RAVENEL et le CODES (Comité Départemental d’Education pour la Santé) des Vosges se sont rejoints autour d’une action intitulée « CINESANTE ». Ces deux structures ont l’habitude de travailler ensemble. Leur principale préoccupation consiste à créer des échanges adaptés à la singularité du public accueilli afin d’avoir une vision humaniste centrée sur la personne, c’est à dire l’adolescent.

 

Les valeurs d’un partenariat :

Le dispositif Adolescents prône depuis sa création en 2003 la promotion de la santé opposée souvent au concept de la prévention plus imposée aux jeunes. Les membres de l’unité de soins ne veulent pas partir de l’unique hypothèse : « le jeune est potentiellement défaillant ». Elle préfère s’adresser aux jeunes à travers leurs potentiels, leurs habilités plutôt que de s‘adresser à eux en pensant à leur faiblesse….

Le Comité Départemental d’Education pour la Santé développe depuis 1982 des actions de promotion de santé dans un souci de respect de certains principes, à savoir, la prise en compte de la diversité des déterminants de la santé, le respect des équilibres individuels et sociaux, l’adoption d’une démarche globale de la promotion de la santé (au-delà d’un prévention du risque), la perspective de responsabilisation (il ne s’agit pas de normaliser les comportements mais de favoriser la responsabilisation et l’éclairage des choix) et enfin le souci d’une approche démocratique (consistant à favoriser le partage et la négociation avec la population à chaque étape de l’action).

Ces valeurs et principes d’intervention associés ont permis de construire une action concertée partant du constat qu’une représentation des jeunes, considérés comme une population particulièrement sensible aux difficultés, aux risques, produit un effet pervers, celui de croire qu’ils sont tous en difficultés…pourtant cette période de questionnement, d’incertitude, de doutes, est une véritable construction identitaire.

Le support cinématographique s’est imposé comme un outil médiatique consensuel. Un «ciné santé » ; c’est regarder ensemble un film « grand public ». Contrairement au cinéma à visée éducative ayant une fonction de donner des leçons, le film « commun » visionné dans un souci éducatif n’a nulle volonté d’enseigner, d’éduquer mais il permet d’exprimer, de ressentir, de confronter, d’écouter, de dialoguer, de faire résonner et d’agrandir son univers…

Le ciné santé permet en toute humilité de se questionner sur :

  • Comment parler aux jeunes sans stigmatiser leurs comportements et leurs attitudes ?
  • Comment valoriser leurs compétences, leurs paroles sans prôner la science infuse ?

Une sélection de film a été effectuée par les structures partenaires du projet. Tous portaient sur l’adolescence, les normes sociales et morales, les choix d’avenir et les conduites à risque. Le choix s’est arrêté sur deux d’entres eux, à savoir, « Billy Elliot » réalisé par Stephen Daldry et « Le péril Jeune » de Cédric Klapisch.

Quatre séances « Ciné santé » ont été menées, auprès d’adolescents et jeunes adultes, dans différents lieux de vie et rencontre du département. A chaque séance, une petite introduction permettait d’accueillir et de décrire ce qui allait se passer. Installé, le petit groupe de 12 à 15 personnes visionnait le film avec les animateurs référents des structures, une ou deux personnes du CODES et de l’unité de soins (2 thérapeutes)…A la fin du film, un moment de convivialité permettait à chacun de « papoter » autour de gâteaux, boissons….. Chacun, ensuite, se réinstallait à sa manière afin de pouvoir échanger…

Les premières paroles étaient facilitées, se poursuivaient « tout naturellement » après le « pot de convivialité », il suffisait de dire « tout à l’heure une personne m’a dit, « j’ai trouvé le film… » Cela suffisait pour délier la parole… il restait à distribuer le temps de parole tant ils avaient de choses à confier. La re-formulation de certains mots, paroles, quelques précisions donnaient un cadre aux échanges…les sujets s’enchaînaient et tous partageaient, se regardaient…..pas de jugements, pas d’expériences personnelles, juste « j’ai ressenti, j’ai vu, j’ai entendu, j’ai compris….. »

 

Mieux vaut parler autour d’un film que de soi….

L’activité d’un service de psychiatrie de l’adolescence comme le Dispositif Ados et Jeunes Adultes ne se limite pas à la prise en charge ambulatoire au sein de leurs bureaux. Aller au devant des jeunes dans des lieux où ils ont leur habitude (lycée, MJC, association de quartier…) et travailler en partenariat avec le CODES mais aussi avec les professionnels travaillant dans ces lieux c’est favoriser une rencontre un peu « décalée ». C’est également ne pas toujours rencontrer des jeunes dont les situations sont trop dégradées….et ne plus percevoir une réalité de terrain qui est autre…

Lors de ces séances, les professionnels du soin ne sont pas dans une relation thérapeutique mais dans un temps de partage collectif ou l’expression de la pensée individuelle n’est pas confidence mais est expression d’un ressenti à un moment donné dans un contexte particulier et surtout avec un support cinématographique « commun ».

Le projet serait d’étendre ces interventions dans d’autres lieux de vie de rencontre et auprès d’autres publics qu’ils soient parents, professionnels ou personnes âgées…

Partenaires de l’action et interlocuteurs :

Dispositif Adolescents et Jeunes Adultes EPINAL
Mme Véronique MOUGEL
Tél. : 03-29-68-28-09


CODES 88
Mmes Delphine GILLET et Sabrina ANCEL
Chargées de projet en Education Pour la Santé.
Tél. : 03-29-64-11-91

Retour au sommaire du dossier Psychiatrie

Publicité

Commentaires (0)