Historique de la profession des infirmiers en psychiatrie

Les origines de la profession : entre charité et maintien de l’ordre social

Le statut de l’infirmier en psychiatrie s’est adapté en fonction de l’évolution de la considération de la folie dans la société et des progrès de la psychiatrie.

Le mot infirmier apparaît en 1398. Il est issu du terme infirme (1247), qui vient du latin « infirmus » (faible, impotent, invalide). Ce terme a d’abord désigné dans les maisons religieuses la moniale chargée de soigner ses consœurs, puis au XVIe siècle, on appelle couramment infirmière la sœur qui prend en charge les soins. Il était admis en occident culturellement catholique, que les soins apportent un soutien tant sur le plan spirituel que corporel. Ces religieux soignants travaillent et sont hébergés dans les lieux d’accueil des nécessiteux (Hôtel-Dieu, Maison Dieu…). Crées par l’église dans un but charitable, ils emploieront par la suite du personnel et des anciens patients.

La folie a eu sa place dans la cité : « le fou du roi », « l’idiot du village », le fou y avait un rôle reconnu. L’édit royal du 27 avril 1656 qui portait création de l’hôpital général, a eu pour objectif de séquestrer tous les désordres, tous les insensés en marge des normes sociales, morales, économiques. Les hôpitaux généraux, les hospices de charité, les prisons accueillaient les « insensés » mais également des exclus, des enfants abandonnés…

Apparition du « gardien des fous »

A la fin du XVIIIe siècle, la pénurie en religieuses et l’augmentation des institutions a suscité la laïcisation des personnes qui s’occupaient des « fous ». C’est alors qu’apparaît « la classe dangereuse des gardiens des fous »(1), cette catégorie des travailleurs n’est presque pas différente des gardiens de prison. Néanmoins il faut les rémunérer pour vivre avec les fous, pendant que les médecins essayent de les guérir.

A partir de la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, les aliénés se distinguent des autres individus faisant l’objet d’un enfermement. Les « gardiens des fous » se distinguent du personnel pénitentiaire et sont embauchés parmi les anciens malades d’asile, qui peuvent être sujets aux rechutes, ce sont des illettrés, ils ont un rôle d’exécution, de soumission et d’obéissance aux médecins ayant pour référence le modèle religieux. A cette époque, la folie est considérée comme une maladie contagieuse ; cette notion a conduit les médecins à recruter des « surveillants » et des « serviteurs » pour limiter la contagion. Ces personnes doivent être sages, vigilantes, douces, fermes et capables de contenir les furieux ; des individus qui peuvent rendre compte des faits observés aux officiers de santé.

La libération des aliénés par JB PussinUn auteur (Ducamp) écrit « Il (Pinel) rencontre à Bicêtre un homme du peuple de formes un peu rudes, de cœur généreux, sorte de bourru bienfaisant qu’on appelait Pussin. C’était un simple surveillant chargé du service des aliénés, service fort pénible auquel il avait de son autorité privée, associé sa femme. Pussin sans avoir pris l’avis de personne et sans qu’on l’eut remarqué,...

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