PSYCHIATRIE

Un infirmier poignardé par un patient au Vinatier

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Un infirmier du Centre Hospitalier Le Vinatier (Lyon) travaillant au sein du pôle de pédopsychiatrie a été blessé à l'arme blanche par un adolescent de 17 ans le 28 janvier 2015. La victime a été hospitalisée à l'hôpital Herriot, à Lyon, et ses jours ne sont pas en danger. Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes a exprimé son soutien au soignant dans un communiqué de presse.

Un infirmier a été blessé à l'arme blanche par un adolescent au CH Le Vinatier.

Un programme d'actions pour prévenir et éviter les risques

Dans un communiqué de presse daté du 30 janvier 2015, l’Ordre infirmier déplore cette nouvelle agression violente et rappelle son engagement dans la lutte contre ce fléau. Didier Borniche, président de l'Ordre national des infirmiers (ONI) explique que les infirmiers sont en première ligne dans la prise en charge des patients. L’agression à l’hôpital psychiatrique de Vinatier illustre les problèmes de terrain que chacun d’entre nous peut être amené à affronter. Les situations sensibles voire dangereuses se multiplient et les professionnels ne savent pas toujours comment y faire face.

En 2015, l'Ordre des infirmiers, en partenariat avec le ministère de l'Intérieur, prévoit de mettre en oeuvre un programme d'actions pour mieux prévenir et éviter les risques dans le cadre de l'exercice des professions de santé. Selon Didier Borniche, notre action s’inscrit dans un partenariat renforcé avec le Ministère de l’intérieur. Notre organisation décentralisée permet de disposer d’un référent violences dans chaque conseil départemental ou interdépartemental, incité à prendre contact avec le correspondant sûreté de chaque direction départementale de la sécurité publique. Il s’agit de veiller à l’application des protocoles de sécurité signés entre les conseils de l’ordre et les préfectures et d’organiser, sur le terrain, des sessions de formation à la prévention des risques.

Rappelons qu'actuellement, les IDE peuvent déclarer les violences qu'ils subissent auprès de l'Observatoire des violences envers les infirmiers. En 2014, 72 signalements ont ainsi été recueillis et une condamnation sévère a été prononcée dans les Hautes-Alpes à l'encontre d'un patient qui avait séquestré une infirmière à son domicile.

Rappel des faits

Un patient de 17 ans a poignardé à l'arme blanche, à plusieurs reprises, un infirmier du Centre Hospitalier Le Vinatier travaillant au sein de l'unité Flavigny, dédiée aux adolescents, le 28 janvier 2015. Selon la direction de l'établissement il a été pris en charge par le SAMU et transféré à l'hôpital Edouard Herriot. Ses jours ne sont pas en danger. Ce drame fait écho à l'assassinat, en 2002, d'un infirmier tué par un jeune schizophrène qui refusait d'être hospitalisé à la suite de sa consultation au sein de la même unité.

 Certains jours, nous recevons 30 patients alors que ce service est doté de 11 lits, selon la CGT.

Pour les syndicats, cet accident est notamment dû au manque de personnel. Jean-Louis Guglielmetto, infirmier et secrétaire du CHSCT déplore le fait qu'il y ait deux infirmiers pour contenir vingt-cinq patients. Lorsqu'on a aucun moyen de calmer l'un d'entre eux, cela fait monter la tension, notamment chez d'autres patients qui absorbent leur mal-être, selon 20minutes.fr. Dans un communiqué de presse daté du 27 janvier 2015, la CGT du Vinatier indique avoir signalé un danger grave et imminent (DGI) dans ce service. Selon l'APM, les délégations CGT et FO de l'établissement précisent, dans ce signalement, que l'UMA, dotée de 11 lits, accueille 29 patients dont cinq devraient être en chambre d'isolement. Ils soulignent également que le service ne disposant que de trois espaces psychiatriques de soins intensifs (CI), deux patients sont donc attachés sur des lits simples qui ne sont pas sécurisés. De plus, le dispositif d'appel d'urgence est en panne depuis plusieurs mois. Marc Auray représentant de la CGT, raconte que les urgences sont saturées. Certains jours, nous recevons 30 patients alors que ce service est doté de 11 lits. Selon la direction, l'unité n'était ni en sous-effectif, ni en sur-activité. Cet incident n'est aucunement lié au pic d'affluence observé ces derniers jours aux urgences de l'hôpital. Des mesures ont d'ailleurs été prises par la direction pour renforcer le personnel. En effet, le 28 janvier 2015 l'effectif de l'unité, qui accueille dix patients, était de quatre infirmiers, un aide-soignant et un agent de service hospitalier (ASH), selon l'établissement. Il est habituellement de trois infirmiers, un aide-soignant et un ASH. Les syndicats CGT, FO et UNSA du Vinatier ont appelé à la mobilisation, ce jeudi matin, afin de dénoncer la situation intenable de l'UMA.

La communauté attendait un signe fort de Marisol Touraine. Son communiqué de soutien à l'infirmier agressé souligne qu'elle n'est pas indifférente à la situation des soignants.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes s'est exprimée dans un communiqué de presse daté du 28 janvier 2015. La ministre témoigne ainsi à l'infirmier son soutien et lui adresse tous ses vœux de rétablissement. Plus largement, elle tient à exprimer sa solidarité avec les professionnels de cet établissement, particulièrement choqués par cette agression brutale. Elle souhaite faire part de sa profonde reconnaissance à l’ensemble des professionnels de santé pour le travail remarquable qu’ils accomplissent chaque jour, dans des conditions parfois difficiles, au service de leurs patients. En complément de l’enquête judiciaire en cours, la ministre a demandé à l’Agence régionale de santé (ARS) de Rhône-Alpes de réaliser, dans les plus brefs délais, une enquête pour établir les circonstances exactes de cette agression. La communauté infirmière n'en attendait pas moins de la part de la ministre de la Santé qui, rappelons le, se montre d'ordinaire particulièrement silencieuse lors de l'agression d'un soignant. Les infirmiers attendaient pourtant un signe fort en juillet dernier, notamment lors du meurtre d'une infirmière libérale strasbourgeoise et de la violente agression subie par une infirmière toulousaine. Gageons que ce ne sera pas la première et dernière fois que la ministre s'exprimera ainsi et que des actions concrètes seront menées pour endiguer les situations de violence répétées à l'encontre des soignants hospitaliers ou libéraux...

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Aurélie TRENTESSE Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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Commentaires (3)

sarahconor

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1 commentaires

#3

pas compris

j'ai pas bien compris, il y'a 29 patients pour 11 lits??

eusèbe

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497 commentaires

#2

Ça y est !

L'ordre a déjà récupéré le truc avec ses référents/observatoire/formations et tout le bazar : les sauveurs sont là...

dan65

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36 commentaires

#1

solidarité et poudre aux yeux

bien sûr solidaire avec notre collègue qui, quand il aura récupéré, n'aura rien à craindre : l'Ordre a un référent violence, la ministre a compati, l'enquête a déjà ses résultats (pas de sous-effectif, dit la direction...), TOUT VA BIEN !
Rappelons à ces messieurs/dames qu'un service régulièrement en surcharge et en sous-effectif ne va pas mieux si, par hasard, un jour, il y a le bon nombre de patients et de soignants.
Je reste sidéré, si c'est le cas, par un service ados de 25 patients, c'est peut-être par ça qu'on pourrait commencer l'enquête...