Infirmier(e)s en psychiatrie : un véritable choix

L’évolution historique de la profession d’infirmier de secteur psychiatrique va de paire avec celle de la reconnaissance de la souffrance morale et de la maladie psychique au sein de la société toute entière et du milieu médical en particulier. Autrefois recrutés pour leur force physique dans la paysannerie locale (pour les malades difficiles de Villejuif on faisait même appel aux forts des Halles), ces « gardiens » d’alors n’ont rien à voir avec les soignants d’aujourd’hui qui participent pleinement au projet thérapeutique.

Les infirmiers en psychiatrie ont ainsi une fonction d'observation dynamique et clinique, une fonction de permanence des soins, de répétiteur (donner un sens au temps qui passe), une fonction d'improvisation (quand le recours au cadre institutionnel n'est plus opérant), une fonction d'étayage (pour aider un patient dans son face-à-face à la réalité), d'attention, d'information, une fonction réponse et une fonction d'écoute. Bref, c’est un vrai métier, long à apprendre et qui n’a absolument rien d’anodin tant il est proche de la souffrance morale.

Jeunes diplômés : la vocation

Pour les jeunes diplômés sortant des Instituts de formation en soins infirmiers, ce choix a de toute évidence un lien fort avec l’altruisme et une motivation réelle pour l’aspect relationnel. Souvent, ces étudiants ont choisi dès la première année d’école, à la différence de ceux qui se dirigent vers des disciplines plus axées sur les techniques et dont le choix s’opère plus tardivement. La prise en charge d’un sujet dans ses problématiques les plus profondes, la prise en compte de son histoire personnelle sont des éléments moteurs pour ces jeunes soignants.

Leur volonté est forte de s’investir en tant qu’acteurs au sein d’une relation humaine souvent marquée par des pathologies au cœur de nos problèmes de société (troubles menant à des conduites de dépendance, difficultés sociales marquées, etc.). Parfois, c’est un besoin de réparation personnelle qui les a conduits dans cette voie. Dans tous les cas, ce sont des professionnels qui ont une capacité à l’empathie très poussée et qui savent que le soin en psychiatrie se joue majoritairement sur le travail de médiation.

Deuxième expérience : changer de contexte

Certains soignants s’orientent en cours de carrière vers un établissement de psychiatrie. La plupart viennent de l’exercice libéral ou de services de médecine, de chirurgie (cardiologie, endocrinologie, gériatrie, soins de suite) mais très peu viennent de services hypertechniques comme la réanimation. Leurs motivations résident dans la volonté de mettre à profit leur expérience professionnelle dans un contexte hospitalier différent et au bénéfice d’une population de malades qui ne pose pas les mêmes problématiques que celles qu’ils ont pu rencontrer jusqu’à présent.

Leur grande capacité d’écoute ainsi que leur aptitude à tisser des relations de confiance et de respect avec les patients qu’ils prennent en charge et qui caractérisent généralement la profession dans toutes ses composantes favorisent clairement cette réorientation. Ils se retrouvent ainsi pleinement dans leur vocation d’aidant au sein d’un environnement où le travail relationnel avec les patients est au cœur du projet thérapeutique.

Magazine Info Santé
Paris, 23 décembre 2009

Texte original : Infirmier(e)s en psychiatrie : un véritable choix - Magazine Info Santé

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