AU COEUR DU METIER

"Pour prévenir le cyberharcèlement, le rôle de l’IDE scolaire est fondamental !"

Messageries instantanées, réseaux sociaux, forums, chats, jeux en ligne… si l’avènement d’internet nous permet d’être informés et en contact avec nos proches en temps réel, toutes les innovations qui en découlent n’ont pas que des effets bénéfiques. En effet, elles ont permis de développer un nouveau mode de harcèlement via ces nouveaux moyens de communication : le cyberharcèlement. Devenu un enjeu éducatif majeur, les infirmiers scolaires ont un rôle à jouer pour éviter ce type de dérives qui reste malheureusement encore trop courant en milieu scolaire, notamment aux collèges et lycées.

"Pour prévenir le cyberharcèlement, le rôle de l’IDE scolaire est fondamental !"

Face aux nouvelles technologies, les comportements abusifs ont pris de nouvelles formes. Les réponses à ces dérives doivent être adaptées en conséquence.

D’après les enquêtes effectuées, on peut estimer que 10 % des écoliers et des collégiens rencontrent des problèmes de harcèlement et que 6 % d’entre eux subissent un harcèlement que l’on peut qualifier de sévère à très sévère, selon l’association e-enfance. Des estimations parcellaires si on tient compte du fait que les études demeurent relativement rares et sont réalisées sur la base d’auto-questionnaires d’où la grande difficulté d’avoir des données fiables. Le harcèlement à la base reflète une intension agressive et répétée visant à établir une situation de dominant/dominé. La victime n’arrive pas à s’en sortir seule. Avec l’arrivée des réseaux sociaux en 2010 et celle des smartphones, le phénomène a changé de forme. La différence c’est que la victime parvient parfois à se défendre et que les spectateurs restent moins souvent passifs, explique Nicole Catheline pédopsychiatre. Celle-ci a entre autres publié un ouvrage sur le harcèlement scolaire en 2008.

Dans le cadre du harcèlement sur le net, on peut surtout noter les phénomènes d’usurpation d’identité, de postage de photos ou vidéos sans l’accord de la personne, de propos agressifs souvent relayés par une communauté entière ce que l’on nomme l’effet de meute. Evidemment le fait que les comportements soient répétitifs est nécessaire pour parler de harcèlement. Si c’est un acte unique le terme approprié est cyberviolence. On évalue qu’entre 40% et 60% des enfants et d’adolescents ont déjà été confrontés à ce type de dérive (cyberharcèlement et cyberviolence confondus). D’ordre général, il est établi que le harcèlement sur le net est plus fréquent qu’en face à face. En revanche, en ce qui concerne le harcèlement sévère, pour ce que l’on peut en juger d’après les rares données dont on dispose, les chiffres sur le net ou de visu sont assez similaires : de l’ordre de 5 à 7 % des élèves. Mais on peut supposer que près d’un enfant sur deux a au moins une fois été confronté à une situation pas très agréable. 

De son côté, Pascale Massines, infirmière scolaire depuis près de 11 ans au collège et au sein de 4 écoles primaires de secteur estime voir sur le terrain environ une affaire de cyberharcèlement par an. Au début c’était pire ! Au commencement de Facebook, c’était quasiment hebdomadaire. On intervenait lors de bagarres après que les élèves s’étaient déjà insultés sur le réseau social. Depuis la rentrée de 2018, une loi interdisant...

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