PSYCHIATRIE

Quid de la prise en charge des patients en soins sans consentement à l'IPPP ?

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Le rapport de la mission de l'Assemblée nationale d'évaluation de la loi de 2013 sur les soins psychiatriques, rendu public le 15 février 2017, dévoile les dessous de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP), qui accueille des patients en soins sans consentement alors qu'elle n'a pas le statut d'établissement de santé.

Couloir d'une prison

Un rapport dévoile les dessous de l'infirmerie psychiatrie de la préfecture de police de Paris (IPPP).

L'IPPP a été créée en 1872 après la Commune de Paris, et est situé à proximité du centre hospitalier (CH) Sainte-Anne. A Paris, ce n'est pas le maire, mais le commissaire de police, qui est habilité à prendre des mesures de soins psychiatriques sans consentement provisoires, sous l'autorité de la ville de Paris représentée par le préfet de police, rappelle-t-on. L'IPPP, qui dépend donc directement de la préfecture de police de Paris et dont le personnel médical et soignant est salarié de la préfecture, fait régulièrement débat.

La loi de santé du 26 janvier 2016 prévoyait que, dans un délai de six mois, le gouvernement présente au Parlement un rapport sur l'évolution de l'organisation de l'IPPP pour sa mise en conformité avec le régime de protection des personnes présentant des troubles psychiques et relevant de soins psychiatriques sans consentement. Ce rapport est toujours attendu. La mission de l'Assemblée nationale d'évaluation de la loi de 2013 sur les soins psychiatriques, rapportée par Denys Robiliard (socialiste, Loir-et-Cher) et Denis Jacquat (Les Républicains, Moselle), qui a rendu son travail le 15 février, a cherché à lire ce document, a précisé à APMnews Denys Robiliard, en marge de la conférence de presse de présentation du rapport. Mais, comme les députés l'écrivent à l'issue de leur mission, à défaut de transmettre à l'Assemblée ledit rapport en bonne et due forme, le gouvernement a fourni aux rapporteurs un document, transmis au ministère de l'intérieur par la préfecture de police en juin 2016, intitulé 'Éléments pour le rapport au Parlement relatif à l'évolution de l'organisation de l'infirmerie psychiatrique près la préfecture de police de Paris. Les députés, qui ont par ailleurs visité l'IPPP dans le cadre de leur mission, diffusent de très larges extraits de ce document, qui justifie l'existence et la légalité de l'infirmerie.

Jusqu'à 16 personnes simultanémentL'IPPP a reçu 1 800 personnes en 2016, parmi lesquelles un tiers de personnes en état de grande précarité, écrivent les députés. Les patients lui sont adressés par un commissaire de police qui s'appuie soit sur un avis médical d'un service d'urgence hospitalier (SAU), soit sur un certificat médical des urgences médico-judiciaires (UMJ) établi à l'occasion des cas de gardes à vues.L'unité fonctionne en permanence et peut accueillir...

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Commentaires (1)

Forum-Neptune

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2 commentaires

#1

La contention a été abolie en Islande

Bonjour,

Notre association regroupe à ce jour 715 patients en psychiatrie, et proche entourage. Nous ne sommes pas d'accord avec ce satisfecit de l'IPPP, que nombre d'entre nous ont connu. Les discours changent certes, mais pas les actes, au contraire, il y a de plus en plus de contention et d'isolement, et l'on voit bien dans cet article que c'est la seule méthode employée. D'autres établissement continuent, en dépit des recommandations (qui existent depuis 2005 et ont simplement été renouvelées en 2016) à attacher pendant plus de 6 heures : 12, 24, 48 heures, et même souvent plus.

Il est possible d’abolir la contention et non de la « limiter » car, comme elle n’est pas thérapeutique, et elle dégrade soignants et patients. Même débat que pour la peine de mort : la contention ne soigne pas et e fait qu’aggraver une situation.
D’autres l’ont abolie, comme décrit dans le lien, avec tous les chiffres utiles et le processus décrit, sans avoir davantage de personnels ni de moyens, simplement par une meilleure organisation, et de la volonté. C’est surtout cette dernière qui manque chez nous.
http://www.forumpsy.net/t1093-islande-la-contention-mecanique-abolie-en-psychiatrie