PSYCHIATRIE

"Se réapproprier la clinique, par la recherche !"

    Suivant

Les 5èmes Rencontres de la Recherche en soins en psychiatrie ont fait salle comble pour une session destinée à affirmer une philosophie de la recherche dans un contexte incertain. Les intervenants qui se sont succédés au pupitre ont répondu à l’appel de Jean-Paul Lanquetin pour que les infirmiers psy se réapproprient la clinique par la recherche.

"Se réapproprier la clinique, par la recherche !"

Pour les organisateurs, la confrontation des modèles et les questionnements qui en découlent sont l’essence même d’une démarche de recherche performante en psychiatrie.

Les 31 janvier et 1er février 2019, se sont tenus à Ecully (région Lyonnaise), les 5emes Rencontres de la Recherche en soins en psychiatrie organisées par le GRSI (Groupe de Recherche en Soins Infirmiers) et le centre Hospitalier de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Deux cent participants étaient au rendez-vous, représentants 70 structures, 54 établissements de 4 pays francophone dont le Canada. Cette manifestation est la deuxième en France qui concilie des PHRIP d’équipes débutantes, confirmées et expertes.

Une philosophie de la recherche affirmée dans un contexte incertain

La recherche en soins en psychiatrie est en expansion et tente à se développer dans un souci de se réapproprier la clinique et de réintégrer les soignants dans leur métier. L’implantation des objets de recherche sur le terrain avec ses différents outils d’appropriation reste le cœur même du dispositif. La dimension épistémologique ouvre des possibles entre des approches fondées sur des preuves et/ou celles au service de la pratique.

Alors même que la ministre a annoncé la mise en place des IPA en psychiatrie, il convient d’être en alerte sur les missions qui leur seront confiées au regard des pratiques existantes et de la diversité des lieux d’exercices. Le COPIL de recherche en soins de la DGOS, dont fait partie Jean-Paul Lanquetin, infirmier, responsable du GRSI et du comité d’organisation, pourra peut-être infléchir quelques décisions au regard des doctorats infirmiers, ancrés dans la pratique, accordés cette année.

Une manifestation dynamisée par les rencontres

Jean-Paul Lanquetin insiste sur la dynamique des échanges entre participants et intervenants. La recherche n’est pas une fin en soi, c’est un moyen de se réapproprier la clinique. Pour les organisateurs, la confrontation des modèles et les questionnements qui en découlent sont l’essence même d’une démarche de recherche. Pour se faire, une ambiance conviviale, centrée sur le plaisir de se retrouver autour de moments de partage est mis en œuvre : des pauses gourmandes, un buffet dinatoire rythmé par une respiration musicale et l’idée originale d’un repas thématique pour favoriser les rencontres avec des thèmes à chaque table ; une restitution des idées est prévue en guise de - et en plus du - dessert.

Mr Aguiar, représentant des usagers de l’association FNAPpsy, nous fait part de sa satisfaction de participer aux échanges des journées et de contribuer à mieux faire connaitre la psychiatrie dans la société qui, selon lui, a une représentation erronée de cette spécialité.

Des intervenants et des communications de très grande qualité ont jalonné ces journées

Le programme riche a satisfait un grand nombre de participants. De Philippe Svandra aux chercheurs débutants, en passant par un infirmier doctorant exerçant à l’hôpital de la pitié Salpêtrière (Jean Lefevre-Utile), les journées ont traité de sujets variés :

  • restitution de l’image de la psychiatrie à travers un reportage photographique mais aussi l’histoire des infirmiers en psychiatrie et intervention auprès des aidants par une infirmière de Lausanne ;
  • intervention d’Amélie Perron, infirmière, Professeur agrégée à l’école des sciences infirmières de l’université d’Ottawa : pour une culture "désobéissante" dans les soins infirmiers en psychiatrie vu comme un engagement "pour" quelque chose… ;
  • Mathilde Meriaux et Jennifer Denis, psychologues, université des Mons en Belgique sur les principes de l’entretien d’explicitation ;
  • des modèles des hôpitaux psychiatriques lyonnais : St Jean de Dieu, Vinatier et St-Cyr-au-Mont-d’Or ;
  • une session de posters et d’autres interventions autour de la prise en charge des patients, de la qualité de vie des personnels en psychiatrie, l’ETP et les équipements de protection alternatifs à la contention.

Des rencontres intéressantes et pétillantes qui présagent de 6ème journées de recherche soignante exceptionnelles ! Rendez-vous est pris en 2020 ! 

Cadre supérieur de santéHospices civils de Lyondominique.combarnous@chu-lyon.fr

Retour au sommaire du dossier Psychiatrie

Publicité

Commentaires (0)