SANTE AU TRAVAIL

Santé au travail : le rôle des infirmiers valorisable... et valorisé !

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Médecin

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Pour palier le manque de médecins du travail, l’Agence régionale de Santé Occitanie a initié un projet de gestion de la Santé au travail, au sein de la fonction publique hospitalière, piloté par une infirmière, Catherine Higounenc. La professionnelle de santé a présenté son projet qui se montre efficace et valorise le travail des paramédicaux, lors du Salon infirmier 2019, qui se tenait du 21 au 23 mai derniers, à la Porte de Versailles, à Paris.

infirmière de santé autravail salon infirmier 2019

Un processus en matière de Santé au travail comme une bonne réponse à la pénurie de médecins du travail qui sévit depuis plusieurs années en Occitanie et qui valorise le travail des acteurs paramédicaux impliqués.

Les objectifs de la santé au travail évoluent, notamment depuis que l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) a publié un Livre blanc sur ce thème en 2017. La tendance ne serait plus seulement à la médecine préventive, mais également à la Santé au travail.

Conduire des actions et agir en tant que conseil de santé au travail

Les objectifs des services de Santé au travail couvrent plusieurs domaines. Il s’agit tout d’abord, dans les établissements de santé comme dans les entreprises, de conduire des actions spécifiques et d’agir comme conseil aux employeurs et aux partenaires sociaux pour améliorer la qualité de vie au travail, en plus des missions historiques de suivi de la Santé des salariés et de veille sanitaire. C’est ce qu’a expliqué Catherine Higounenc, infirmière titulaire d’un master 2 dédié à cette thématique, lors d’un agora organisé pendant le Salon infirmier le 22 mai dernier. Elle a mis en lumière un modèle innovant de gestion de la Santé au travail dans la Fonction Publique Hospitalière (FPH) qui permet, de surcroît, de valoriser le travail infirmier.

Une large enquête menée dans la région Occitanie

Ce modèle est issu d’une mission que lui a confiée l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Occitanie pour améliorer la Santé au travail des agents de la région dans un contexte de pénurie des médecins du travail. Elle a, dans un premier temps, pris son bâton de pélerin pour sillonner le territoire en vue de faire un bilan des forces et faiblesses rencontrées sur le terrain. Cette enquête, qu’elle a synthétisée et présentée aux acteurs de la Santé régionale, a fait l’objet d’un rapport qu’elle a élaboré, dans lequel elle décrivait 14 actions d’amélioration. Elle a fait, lors de son enquête, le constat d’une augmentation des Risques Psyco-Sociaux (RPS) et des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), responsables d’un absentéisme significatif, mais également de problèmes récurrents dans le maintien ou le retour à l’emploi des agents touchés par ces pathologies.

Un modèle alternatif à la médecine du travail classique

Après analyse de ces résultats, Catherine Higounenc devait proposer des pistes d’amélioration et structurer un projet dans ce sens. Elle a tiré de sa réflexion un modèle d’organisation territoriale de la gestion de la Santé au travail, faisant intervenir des équipes pluridisciplinaires dédiées, qu’elle a mis en place. Ces équipes sont composées principalement d’infirmières et de conseillers en prévention en puisant des ressources dans les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT), au sein des personnels infirmiers hospitaliers et en faisant intervenir la télémédecine, a-t-elle précisé. Le système est organisé autour du Service de Santé au travail du GHT et fait intervenir des infirmiers au sein des autres hôpitaux regroupés au niveau territorial.

Un processus efficace qui valorise le travail des paramédicaux

Ce modèle s’avère efficace étant donné le petit nombre de médecins de Santé au travail exerçant dans cette région. Les acteurs apportent une vraie réponse aux agents en termes de prévention des risques professionnels et viennent en appui aux établissements de santé pour promouvoir la Santé au travail, leur apporter les connaissances réglementaires et coordonner les dispositifs de maintien dans l’emploi, a-t-elle déclaré. Les infirmières sont recrutées et formées spécifiquement pour réaliser notamment des consultations individuelles en Santé au travail, apporter du conseil et réaliser des actions de sensibilisation auprès des agents.

Ce processus s’avère, au final, une bonne réponse à la pénurie de médecins du travail qui sévit depuis plusieurs années et valorise le travail des acteurs paramédicaux impliqués dans le projet.

Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34

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Commentaires (1)

binoute1

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584 commentaires

#1

@Bruno BENQUE, rédacteur...

"C’est ce qu’a expliqué Catherine Higounenc, infirmière titulaire d’un master 2 "
titulaire d'un master, tout court.

Master 1 ou 2 cela veut simplement dire 1e ou 2eme année de master. Donc master 1 cela n'a pas de valeur juridique