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Des soignants désabusés à Calais

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Humanitaire

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Laurence Thibert et Hannane Mouhim, infirmières, Mady Denantes, médecin au sein de la maison de santé pluriprofessionnelle de Pyrénées Belleville et Pascal Teulade racontent l'expérience inhumaine vécue par les réfugiés à Calais.

enfant réfugié calais

À Calais, les enfants font face à des conditions de vie épouvantables.

Nous sommes venus à Calais à l’appel de Médecins Du Monde (MdM). Nous avons été abasourdis, choqués par ce que nous avons vu. Nous sommes quatre citoyens dont trois soignants et, nous avons l’habitude de gérer la maladie, son malheur. C’est notre métier. Nous travaillons dans un pays où nous sommes aidés, conseillés, soutenus par des autorités sanitaires qui nous proposent des protocoles de suivi, de prise en charge de qualité, gèrent les épidémies. Nous savons à qui faire appel si nous recevons une jeune femme qui a peur d’être violée ou si nous craignons qu’un enfant est en danger. Nous n’avons pas l’habitude d’abandonner une jeune femme de 20 ans qui pleure à l’idée de passer une nouvelle nuit dans le bidonville où elle a été agressée la veille. Nous n’avons pas l’habitude de voir des jeunes gens désespérés, mal nourris, épuisés par un terrible voyage et qui viennent nous voir avec des mains déchirés par les barbelés, des talons cassés par des chutes terribles pour passer à tout prix en Angleterre.

M. V. 22 ans souffre d’une sévère toxidermie. Il est Afghan et demandeur d’asile. Il a été hospitalisé quelques jours à Boulogne et on attend les résultats des biopsies. En attendant, un repos en lit halte soins santé est recommandé. Ce jeune homme a besoin d’un toit, de douche et d’un traitement cutané assez lourd. Il est fatigué, abattu et ne semble plus avoir la force de réagir. Il parle de plus en plus de mourir. Il faudra l’énergie et le dévouement de notre responsable à MdM pour lui trouver une place en sécurité après 15 jours de coups de fil quotidiens.

Mais reprenons l’histoire de Calais, ou plutôt de son bidonville. Un bidonville de plus de 3 000 personnes installé sur une décharge publique, battue par les vents sur une zone appelée sur les cartes : la zone industrielle des dunes. Ses habitants et les médias l’appellent « la nouvelle jungle ». Pourquoi ce nom ? Parce que jungle veut dire « petit bois »  en Afghanistan et, avant d’arriver dans ce bidonville, les exilés étaient dans un petit bois qu’ils...

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