SCOLAIRE

Le surpoids des adolescents français de plus en plus marqué

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18,2% des adolescents en classe de 3e sont en surcharge pondérale, dont plus d'un quart sont obèses. C'est ce que nous révèle cette enquête de santé de la Drees qui a proposé à 7 200 élèves un examen de santé ainsi qu'un entretien portant sur leurs habitudes de vie et leur santé respiratoire en 2016 et 2017. Des chiffres marqués par le poids des inégalités sociales.  

adolescentes poids

Entre 2009 et 2017, les prévalences de la surcharge pondérale et de l’obésité sont en hausse, en particulier pour les filles (de 17 % en 2009 à 20 % en 2017).

Menées depuis 2000, alternativement auprès des élèves de grande section de maternelle, de CM2 et de troisième, les enquêtes nationales de santé scolaire permettent de suivre l’évolution de l’état de santé des enfants et des adolescents. Cette étude de la Drees, parue ce jour, présente les résultats de l’enquête réalisée en 2016-2017 auprès d’un échantillon d’adolescents scolarisés en classe de troisième dans les collèges publics et privés sous contrat d’association.

Trois modes de recueil coexistent dans le questionnaire principal : il s’agit, selon les questions, de données issues directement de l’examen de santé (poids, taille, dépistage sensoriel), d’informations recueillies à partir d’un entretien avec l’adolescent (habitudes de vie, accidents de la vie courante, santé respiratoire…) ou d’un relevé d’informations issues de son carnet de santé (vaccinations). Afin de pallier le manque d’information sur la santé psychique des adolescents, un autoquestionnaire élaboré avec l’appui d’experts pédopsychiatres a été greffé à l’enquête. La santé psychique y est abordée par le biais de la consommation de tabac, d’alcool, de cannabis et des comportements à risque, des troubles des conduites alimentaires, des automutilations, des violences subies (racket, harcèlement) ou encore des syndromes dépressifs.

La prévalence de l’excès pondéral reste socialement très marquée. En effet, celle-ci est plus élevée chez les adolescents issus des milieux sociaux les moins favorisés : elle concerne un adolescent sur quatre parmi les enfants d’ouvriers, contre un sur neuf parmi les enfants de cadres.

Rappelons que dans le cadre de leurs missions, les personnels de santé de l’Éducation nationale, notamment les infirmier(e)s de santé scolaire, en collaboration avec les enseignants, s’attachent à dépister les facteurs susceptibles de gêner l’élève dans ses apprentissages et le bon déroulement de sa scolarité. Outre la surcharge pondérale, l’enquête s’intéresse notamment aux troubles sensoriels, à la santé respiratoire et au statut vaccinal.

Voici les principaux enseignements à retenir de cette enquête :

  • En 2017, des adolescents plutôt en meilleure santé physique mais plus souvent en surcharge pondérale. 18 % des adolescents en classe de troisième sont en surcharge pondérale et 5 % sont obèses. Entre 2009 et 2017, les prévalences de la surcharge pondérale et de l’obésité sont en hausse, en particulier pour les filles (de 17 % en 2009 à 20 % en 2017).
  • La part d’adolescents en surcharge pondérale est en augmentation et reste très socialement marquée. En effet, celle-ci est plus élevée chez les adolescents issus des milieux sociaux les moins favorisés : elle concerne un adolescent sur quatre parmi les enfants d’ouvriers, contre un sur neuf parmi les enfants de cadres.
  • Des inégalités sociales persistantes : les enfants d’ouvriers, sont deux fois moins nombreux à prendre un petit-déjeuner. En classe de troisième, 63 % des collégiens déclarent prendre un petit-déjeuner tous les jours. Ce pourcentage est en baisse par rapport à 2009, où il s’élevait à 68 %. Les enfants d’ouvriers moins souvent équipés de lunettes. Une nette mais inégale amélioration de la santé bucco-dentaire - en 2017, 68 % des collégiens ont des dents indemnes de caries. Cet indicateur est en nette amélioration depuis 2009, où le pourcentage s’élevait à 56 % - mais une santé bucco-dentaire moins bonne chez les moins favorisés socialement.
  • Pour la plupart des adolescents, le temps passé devant les écrans est supérieur aux recommandations publiées en 2013 par l’Académie des sciences et qui suggèrent de ne pas excéder deux heures par jour devant les écrans à l’adolescence. 73 % des élèves dépassent ce seuil durant la semaine.
  • Près de sept collégiens sur dix déclarent pratiquer un sport, les garçons plus que les filles (81 % contre 67 %). Les enfants issus des familles les plus modestes font moins de sport que ceux issus des familles les plus aisées : 63 % des enfants d’ouvriers déclarent pratiquer une activité sportive en dehors des cours dispensés dans le cadre scolaire, contre 84 % des enfants de cadres. Toutefois, les adolescents issus de familles modestes ont plus souvent une activité sportive non encadrée, plus difficile à capter lors de l’entretien.
  • Près d’un adolescent sur huit déclare avoir eu des sifflements dans la poitrine au cours des douze derniers mois contre 10 % en 2009. Par ailleurs, 16 % ont déclaré avoir déjà eu une crise d’asthme dans leur vie. Les filles étaient plus fréquemment concernées par les sifflements que les garçons (15 % contre 9 %). 
  • Moins d’un quart des jeunes filles de troisième ont initié une vaccination contre le papillomavirus humain. Le document rappelle que la vaccination est recommandée pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans. Dans le cadre du rattrapage vaccinal, la vaccination est recommandée pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus.  En 2009, la recommandation de vaccination commençait à 14 ans, de sorte que certaines jeunes filles enquêtées n’avaient pas eu le temps de compléter leur vaccination HPV.

La limitation du temps quotidien passé devant les écrans, la pratique d’un sport et la prise régulière d’un petit déjeuner sont liés à une moindre prévalence de la surcharge pondérale.

"En 2017, des adolescents plutôt en meilleure santé physique mais le plus souvent en surcharge pondérale", Nathalie Guignon (DREES), Coll. Etudes et résultats, n°1122, août 2019. (PDF)

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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