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Troubles du comportement : et si on changeait notre regard ?

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Un homme, réveillé à l’aube, entame comme chaque matin, sa ronde autour de la maison de retraite dans laquelle il vit, au grand dam de l’équipe encadrante. Vieilles habitudes, petites manies inexpliquées ou véritables comportements inadaptés ? Ce qu’on appelle "les troubles du comportement" sont des messagers. Ils disent les vulnérabilités des patients. C’est ce que nous explique Hervé Menaut, infirmier en psychiatrie, cadre de santé chargé de formation à l’IFSI/IFAS de l’Aigle (dans l’Orne) et auteur d'un guide pratique d’intervention pour les soignants*. Nous lui avons tendu notre micro lors du Salon Infirmier 2022, alors qu’il animait un atelier sur la question…

Un trouble du comportement est un comportement inadapté mais qui va avoir une fréquence et une durée. On ne peut pas parler de trouble du comportement sur un moment, explique Hervé Menaut. C'est aussi un comportement inadapté par rapport à des normes sociales, institutionnelles, et également un comportement troublé quantitativement et qualitativement. On pense à l'agitation mais le patient qui s'isole présente aussi un trouble du comportement souvent moins détecté. Enfin, le trouble du comportement a forcément des conséquences sur l'état de santé physique, psychologique ou social de la personne. Ces critères doivent se combiner pour que l'on puisse véritablement parler de troubles du comportement

Certains comportements passent pour des troubles du comportement dans certaines institutions et pas dans d'autres, comme par exemple le "manger main"

De la nécessité de changer de regard

Assez souvent, face à un trouble du comportement, les équipes vont se dire que le patient a un comportement irrationnel, qu'il est fou où qu'il agit ainsi pour les embêter, observe Hervé Menaut. Peut-être qu'en changeant de regard et en observant ce que ce comportement provoque en chacun de nous, les soignants vont parvenir à une approche différente : les troubles du comportement nous imposent leur tempo, souligne l'infirmier en psychiatrie. Il suggère de se dire : Si je ne peux pas tout tout de suite, ça ne veut pas dire que je ne peux rien pour toujours. Changer ce regard-là, c'est important parce qu'on porte un autre regard sur le patient, mais ça nous permet aussi, nous de prendre patience, de garder patience et peut-être de pouvoir durer sans s'épuiser

Pour aller plus loin : 

Troubles du comportement, Guide pratique d’intervention pour les soignants* : auteur : Hervé Menaut, paru en octobre 2021 aux éditions Lamarre.

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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