COURS IFSI

Cours - Psychiatrie - Les bouffées délirantes aigües

1.Définition

2.Terrain

3.Circonstances d'apparition

4.Types de délires

5.Évolution

6.Éléments pronostics

7.Traitement

8.Actions infirmières


I - DEFINITION.

Il s'agit d'un épisode psychotique transitoire caractérisé par un délire à thèmes polymorphes, souvent accompagné de troubles hallucinatoires multiples, survenant brusquement chez un sujet jusque-là indemne de troubles psychiques et disparaissant spontanément au bout de deux à trois semaines et guérissant la plupart du temps sans laisser de séquelles.

II - TERRAIN.

La BDA survient le plus souvent chez les adolescents et les jeunes adultes, entre 18 et 30 ans, chez des personnes fragiles, vulnérables, sans personnalité bien posée, mal adaptés sur le plan social et dans des carrières professionnelles ou des situations qui les satisfont peu.

III - CIRCONSTANCES D'APPARITION. 

Diagnostic.

- Début brutal.
- Parfois comportement inhabituel 3 à 4 jours avant le début de la crise / troubles du sommeil.
- Parfois il y a des circonstances déclenchantes.
- Choc émotionnel.
- Echec professionnel ou scolaire.
- Séparation, deuil.
- Emprisonnement.
- Service militaire.

IV - TYPES DE DELIRE

Idées délirantes polymorphes.

- S'enchaînent, se chevauchent, se mélangent : grande impression d'incohérence.
- Il y a toujours un "automatisme mental" : le sujet se plaint que ses idées sont devinées.
- Les hallucinations sont très riches.
 - Surtout auditives.
- Cénesthésie.
- Olfactives.
 - Visuelles.

Les mécanismes.

Les mécanismes sont polymorphes avec :
 - Hallucinations.
 - Illusion.
- Interpolation.
 - Intuition.

Thèmes multiples.

 - Mystique.
 - Mégalomanie.
 - Persécution.
Erotisme.
C'est un délire qui n'est pas systématisé (il va dans tous les sens). L'adhésion du patient à son délire est totale (aucune critique du délire). L'humeur du patient va osciller selon les phases délirantes.
La BDA peut induire des troubles du comportement :

- Excitation psychomotrice.
 - Stupeur.
- Logorrhées ou mutisme.
 - Fugue.
 - Des actes médico-légaux.

Très souvent, une dépersonnalisation importante, soit l'impression de ne plus être soi-même. Il n'y a pas de désorientation temporo-spatiale.

V - EVOLUTION.

Episode régressif et unique.

- Dans 50 % des cas, il n'y a jamais aucune récidive de bouffée délirante aiguë.
- La guérison se fait en quelques jours ou quelques semaines avec un mois d'hospitalisation.

Evolution intermittente avec récidive.

- Parfois identique à la première bouffée délirante aiguë ou différente.
- Diagnostic différentiel : psychose maniaco-dépressive.

Evolution vers la chronicité.

- Dés la première bouffée délirante aiguë ou après plusieurs (rapprochées).
 - Sujet jeune : schizophrénie.
- Sujet âgé : Délire non schizophrénique.

VI - ELEMENT PRONOSTIC.

Eléments de bon pronostic (qui sont en défaveur d'une psychose chronique).

 - Bouffées délirantes aiguës (début brutal) surtout s'il y a un facteur déclenchant.
- Personne pré-morbide, extravertie avec une bonne adaptation affective et sociale.
- Accès délirants brefs avec une guérison rapide.
 - Bonne sensibilité au traitement.
 - Participation dysthymique importante (troubles de l'humeur importants).
 - Délires riches avec des thèmes et mécanismes multiples.
 - Critères de délire rapide.
 - Antécédents maniaco-dépressifs.

Eléments de mauvais pronostic.

- Début subaigu précédé de manifestations insidieuses.
 -Personne pré-morbide schizoïde.
-Antécédents de tentatives de suicide.
-Difficultés d'adaptation.
-Préoccupations hypochondriaques.
-Angoisse.
- Absence de variation de l'humeur.
-Résolution incomplète, persistance des éléments délirants.
-Critique imparfaite du délire malgré le traitement. 

VII - TRAITEMENT.

Hospitalisation.

La bouffée délirante aiguë est une urgence psychiatrique car il peut être dangereux pour lui-même et pour les autres. Une HDT peut être mise en place, voire une HO selon les circonstances.

Bilan complet

 - Clinique et biologique.
- Toujours rechercher la prise de toxiques.
- Scanner cérébral à la recherche de troubles organiques.

 Traitement médicamenteux.

- Neuroleptiques : incisifs (anti-hallucinatoires) Haldol.
- Le traitement dure en général 6 mois.
- Quand le délire disparaît, il peut suivre un épisode dépressif.

Psychothérapie.

- Pas de psychothérapie structurée mais du soutien qui aura pour but d'accompagner le patient.
- Cette psychothérapie devra se poursuivre après la sortie de l'hôpital et jusqu'à l'arrêt du traitement.

Sismothérapie.(Electroconvulsivothérapie)

- Elle est efficace.
 - Seulement utilisée en seconde intention, si les neuroleptiques ne sont pas efficaces.

VIII - ACTIONS INFIRMIERES

La disponibilité de l'infirmière à l'écoute du patient est essentielle. On comprend par là qu'il ne s'agit pas d'adhérer au discours du patient qui est de toute façon complètement délirant et incompréhensible. Il faut simplement l'écouter sans angoisse ni agressivité, en sachant que si parfois le patient utilise agressivité et sarcasmes à l'égard du personnel soignant, il masque plus ici son désarroi et sa détresse devant les expériences qu'il vit. Il faut de ce fait utiliser, dans la mesure du possible, opter pour une attitude positive sans réaction de défense qui permettra à termes d'engager l'alliance thérapeutique. Une alliance thérapeutique nécessaire ensuite pour aider le patient à réinvestir la vie collective dont il était complètement déconnecté.

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Commentaires (1)

hoppas

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1 commentaires

#1

BDA

Bonjour à tous,
Je suis nouvellement inscrite sur ce site et je cherche des informations sur la BDA "la bouffée délirant aigue" je trouve que les symptomes sont bien décrits dans ce cours car je connais bien...
Ma question est la suivante : comment faut t il se comporter avec les personnes qui ont déjà présenté un épisode de BDA mais qui sont guéries "des proches bien sûr, plus précisément une ado" car je sais que le stress est très mauvais pour eux et peut les faire rechuter mais le problème dans ce genre de maladie est que quelques fois on ne sait pas si l'excès d'humeur va perdurer ou s'arrêter car il y a des hauts et des bas et qu'on a peur des rechutes donc on a tendance à les surprotéger et g l'impression qu'elle en joue....
Alors cmt trouver un juste milieu , il faut dire que les médecins psychiatres ne nous renseignent pas bien, je ne sais pas pourquoi ?
Merci de me répondre seulement si vous voyez précisément de quoi je parle et si vous avez rencontré des cas similaires soit dans le boulot ou dans la vie privée car j'ai très peur des rechutes mais en même temps je e veux pas surprotéger la personne concernée....
Merci