Ouvertes depuis juillet 2025, les négociations conventionnelles autour de l’avenant 11, qui doit revaloriser les infirmiers libéraux, progressent mais sont encore loin de donner satisfaction. Début mars, l’accord n’était pas finalisé, alors que s’approche l’échéance du 31 mars fixée par les syndicats pour parvenir à une signature. Le 6 mars, Convergence infirmière dégainait la première en pointant un texte qui n’était «toujours pas finalisé». «Des éléments essentiels manquent encore dans la revalorisation de l’AMI» (Acte médico-infirmier), écrivait-elle dans un communiqué, s’agaçant notamment de l’absence d’un chiffrage précis. Le 19, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) faisait écho à ces préoccupations. «Le compte n’y est pas» malgré les «quelques concessions» accordées par la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM), dénonçait-elle. «L’avenant ne répond toujours pas aux réalités économiques des cabinets, ni aux enjeux d’attractivité de la profession.» Fin janvier, la FNI alertait en effet sur la hausse du nombre de fermetures des cabinets d'infirmiers libéraux, alors que pèsent à la fois sur eux les effets de l'inflation et l'augmentation de leurs charges.
Une ouverture possible sur la rémunération et la consultation infirmière
Pourtant, parallèlement, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), qui s’était retiré des discussions début mars face à des propositions de la CNAM qui ne le satisfaisaient pas, a de son côté décidé de revenir à la table des négociations. Il mettait notamment en cause un «décalage» entre les nouvelles responsabilités des infirmiers issues de la loi infirmière de juin 2025 et les revalorisations avancées par l’Assurance maladie. «Lors des entretiens que nous avons eus avec elle, nous avons vu que quelques évolutions étaient possibles, qu’il y avait un peu de marge», explique John Pinte, le président du Sniil. À l’origine, la CNAM proposait ainsi une augmentation du tarif de l’AMI de 20 centimes en 2026, suivie d’une hausse supplémentaire de 5 centimes en 2027. Cette partie de l’avenant pourrait donc faire l’objet d’une nouvelle négociation.
La reconnaissance de la consultation infirmière représentait le deuxième point d’achoppement. Celle-ci, rappelle John Pinte, ne faisait pas partie des priorités de la CNAM. Mais ne pas s’accorder sur les conditions de sa mise en application à l’occasion de ces négociations conventionnelles supposait de repousser à 2027 au mieux la mise en œuvre de sa rémunération. Inacceptable, pour le Sniil. Depuis, les choses semblent avoir bougé. «Même s’il reste à en déterminer les paramètres, la consultation infirmière pourrait être effective dès la mise en place de l’avenant. C’est-à-dire, si on le signe à la fin du mois, dès la fin de l’année 2026.»
Une dernière séance prévue dans la semaine
Le retour du syndicat dans la discussion «s’inscrit dans une volonté claire : maintenir un dialogue exigeant, uniquement s’il permet d’aboutir à des avancées concrètes pour la profession», fait ainsi savoir le syndicat dans un communiqué. Une dernière séance de négociation est prévue dans la semaine – la date n’est pas fixée mais elle aurait lieu le jeudi 26 mars. «Il faut qu’on aille au bout de ces négociations», justifie John Pinte, «sans nécessairement présager si on signe ou pas. Cette dernière séance sera importante pour déterminer ce que l’on va faire ensuite.» En l’absence d’un accord satisfaisant, les syndicats d’IDEL appelleront à une «mobilisation dure». «Le compte à rebours est lancé», menaçait ainsi la FNI, le 19 mars.
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