IDEL

Alerte sur les fermetures de cabinets libéraux

Publié le 28/01/2026

Les défaillances d’entreprises ont atteint un sommet en 2025 dans l’ensemble de l’économie française. Le phénomène gagne désormais le secteur de la santé : menacés, des cabinets d’infirmiers libéraux ferment leurs portes.

voiture, affiche infirmière libérale

Crédit photo : VOISIN/PHANIE

En 2025, 68 057 sociétés ont été placées en procédure collective, d’après les données du Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ). Ce niveau inédit ne touche plus seulement les secteurs habituellement exposés, mais aussi des activités essentielles telles que les soins de ville et tout particulièrement les infirmiers libéraux.

Les IDEL dans la tourmente

Le secteur de la santé est loin d’être épargné par les difficultés économiques. Les cabinets d’infirmiers libéraux apparaissent particulièrement fragilisés, avec en 2025 des entrées en procédure de redressement en hausse. «Les cabinets infirmiers figurent parmi les plus durement touchés, avec une hausse de 72 % des entrées en procédure de redressement», affirme la Fédération nationale des infirmiers (FNI).

Des revalorisations attendues, une profession sous pression

L’adoption en 2025 de la loi infirmière devait marquer une étape importante dans la reconnaissance des compétences des infirmiers libéraux et ouvrir la voie à une évolution de leur rôle dans la prise en charge des patients. Toutefois, la déclinaison financière du texte tarde à voir le jour. Elle doit s’inscrire dans le cadre des négociations conventionnelles, toujours en cours. En l’absence de ces dispositions, les changements attendus ne peuvent être pleinement mis en œuvre.

Face à cette situation, la FNI fait part de son inquiétude et estime que les professionnels libéraux ne disposent plus des marges suffisantes pour absorber les charges et attendre des revalorisations annoncées depuis plusieurs mois. Selon elle, certains cabinets cessent leur activité, tandis que d’autres se trouvent dans une situation financière très dégradée.

Des cabinets infirmiers meurent et d’autres sont en grande difficulté!

Ces difficultés interviennent alors que la demande de soins à domicile progresse fortement. Le vieillissement de la population entraîne une hausse des besoins en suivi régulier, en accompagnement des pathologies chroniques et en maintien à domicile. Les infirmiers libéraux occupent une place centrale dans cette organisation des soins, en intervenant au plus près des patients, souvent en complément des structures hospitalières et médico-sociales.

La fragilisation économique des cabinets interroge la capacité du système de santé à répondre à ces besoins croissants. La fermeture ou la mise en difficulté de structures de proximité risque d’accentuer les déséquilibres territoriaux déjà observés dans l’offre de soins.

Des enjeux d’accès aux soins sur le territoire

La disparition progressive de cabinets pourrait se traduire par un allongement des délais d’intervention, une surcharge pour les professionnels restants et des difficultés accrues pour les patients les plus vulnérables.

Dans ce contexte, la FNI demande à des décisions rapides. Elle demande en priorité la publication des textes d’application de la loi infirmière, considérée comme un préalable indispensable à la reconnaissance effective des nouvelles missions confiées aux IDEL. Elle réclame également le déblocage de financements cohérents avec le niveau de responsabilité exercé sur le terrain.

La FNI en appelle donc aux pouvoirs publics pour qu’une réponse rapide soit apportée car sans infirmiers libéraux en nombre suffisant, l’accès aux soins de proximité et leur continuité seront compromis.

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com