PÉTITION

Appel pour l’accès à 100 produits alimentaires sains à prix coûtant

Publié le 23/02/2026

Rendre l’alimentation saine accessible à toutes et tous, c’est l’objectif affiché par un collectif de 32 associations qui demandent la mise en place d’un panier de 100 produits favorables à la santé vendus à prix coûtant dans l’ensemble des supermarchés.

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Dans un communiqué de presse, France Assos Santé relaie la mobilisation inédite de 32 organisations qui réclament la commercialisation de 100 produits bons pour la santé à prix coûtant. À l’initiative de Foodwatch, de Familles Rurales et du Secours catholique, une pétition commune appelle l’État à rendre cette mesure obligatoire dans tous les supermarchés du territoire.

Pour ces associations de consommateurs, de lutte contre la précarité, de patients, de professionnels de santé, d’étudiants et d’acteurs engagés pour la santé environnementale, l’accès à une alimentation de qualité ne devrait pas dépendre du niveau de revenu. Ensemble, elles défendent l’idée que bien se nourrir relève d’un droit fondamental et non d’un arbitrage budgétaire.

Trois Français sur dix déclarent renoncer à un repas faute de moyens.

Un constat social alarmant

Près de trois Français sur dix déclarent renoncer à un repas faute de moyens. Bon nombre de ménages disent également ne pas pouvoir acheter les aliments recommandés par le Programme National Nutrition Santé (PNNS).

Pour les associations, cette situation traduit un dysfonctionnement profond du système alimentaire. Elles estiment que les produits les plus favorables à la santé demeurent trop chers pour une partie croissante de la population, alors même que les pathologies liées à une mauvaise alimentation, telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, qui progressent et pèsent lourdement sur les finances publiques.

Dans un marché dominé par quelques grandes enseignes, les équilibres tarifaires seraient défavorables aux produits frais. Les distributeurs reconnaissent d’ailleurs appliquer des marges plus importantes sur certains articles, notamment les fruits et légumes. Un mécanisme que les organisations jugent incompatible avec les objectifs de santé publique.

Une obligation nationale pour la grande distribution

Face à ce constat, les 32 signataires souhaitent imposer à l’ensemble des supermarchés la commercialisation, à prix coûtant, de 100 denrées identifiées comme prioritaires au regard des recommandations nutritionnelles officielles. La mesure devrait s’appliquer partout en France, y compris dans les territoires ultramarins.

Pour le collectif, cette disposition constituerait un levier concret afin de rendre effectives les préconisations sanitaires. Elle permettrait également de limiter les inégalités d’accès à une alimentation équilibrée, aujourd’hui fortement corrélées aux ressources financières des ménages.

Les associations soulignent toutefois qu’il ne saurait être question de fragiliser les producteurs. La rémunération des agriculteurs et agricultrices doit, selon elles, rester garantie. L’enjeu consiste à repenser la répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire, sans faire peser l’effort sur les consommateurs ni sur le monde agricole.

Une interpellation directe du gouvernement

Le collectif appelle les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités. Il demande au ministre de l’Économie et au ministre chargé des PME et du Pouvoir d’Achat de se saisir de cette proposition afin d’en assurer la traduction réglementaire ou législative.

À travers leur pétition, les organisations affirment qu’une telle mesure est techniquement réalisable et politiquement nécessaire. Elles estiment que l’État doit veiller à ce que les recommandations de santé publique ne demeurent pas théoriques, mais puissent être suivies concrètement par l’ensemble de la population.

Transparence sur les prix et enquête demandée

Au-delà de cette revendication phare, plusieurs associations souhaitent faire toute la lumière sur les mécanismes de formation des prix dans la grande distribution. UFC-Que Choisir, aux côtés de Foodwatch et de Familles Rurales, ont saisi l’Autorité de la concurrence afin qu’elle engage une enquête sectorielle.

L’objectif est d’analyser la structure des marges et les pratiques de péréquation entre produits, afin de déterminer dans quelle mesure elles influent sur le prix final payé par les consommateurs. Pour les associations, davantage de transparence constitue un préalable indispensable à toute réforme durable.

Source : France Assos Santé

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com