Cette hausse s’inscrit dans une dynamique plus large. En effet, depuis 2021, les résultats ont tout simplement triplé, traduisant une intensification des contrôles mais aussi une amélioration des outils de détection.
Pour la Sécurité sociale, cette progression reflète «la montée en puissance des dispositifs de prévention et de détection», mais aussi l’évolution du phénomène. Les fraudes ne sont plus seulement opportunistes, elles sont organisées et impliquent parfois des réseaux capables de contourner les dispositifs existants.
Des montants concentrés chez certains acteurs
Si les assurés représentent plus de la moitié des dossiers (53%), ils ne concentrent qu’une part limitée des montants, soit 16% du total (environ 115 millions d’euros).
Ces situations concernent principalement les arrêts de travail, avec près de 49 millions d’euros détectés, ainsi que les fraudes aux droits, souvent liées aux conditions de résidence, pour 28 millions d’euros.
À l’inverse, les professionnels de santé libéraux pèsent beaucoup plus lourd financièrement. Ils représentent 28% des cas, mais près des trois quarts des montants détectés.
Certains secteurs apparaissent particulièrement exposés. Les centres de santé concentrent à eux seuls 138 millions d’euros de fraudes, suivis par les audioprothésistes (85 millions) et les transporteurs sanitaires (plus de 60 millions). Des chiffres qui illustrent le poids des fraudes organisées, souvent plus complexes et plus coûteuses.
Des secteurs sous surveillance renforcée
Les centres de santé restent dans le viseur des autorités. En 2025, 23 d’entre eux ont été déconventionnés, dans la continuité des actions engagées les années précédentes. Cette transformation impose une vigilance constante, en lien avec les services de police et de justice.
Dans le secteur des audioprothèses, la situation s’améliore un peu avec un recul des fraudes de 25%, notamment grâce à l’obligation de facturation via la carte Vitale. Cette mesure a permis de limiter certaines dérives, comme la facturation d’équipements non délivrés.
À l’inverse, les fraudes liées aux transports sanitaires progressent fortement. Plus de 62 millions d’euros ont été détectés en 2025, soit une hausse de près de 50%. Les anomalies relevées sont multiples : surfacturation, transports non réalisés, véhicules non autorisés ou personnel non déclaré.
Une priorité donnée à la prévention
Pour faire face à ces dérives, l’Assurance Maladie mise de plus en plus sur une logique préventive. L’objectif est d’intervenir en amont pour éviter le versement de sommes indues.
Cette stratégie a permis d’éviter 286 millions d’euros de fraudes en 2025. Elle repose sur une organisation renforcée, avec 1700 agents mobilisés, dont des data scientists, des juristes et des praticiens-conseils.
Depuis un an, 60 enquêteurs judiciaires ont également été déployés au sein de pôles interrégionaux spécialisés, afin de mieux cibler les réseaux organisés. Sur le terrain, plusieurs outils ont été généralisés. Pour les arrêts de travail, le téléservice e-AAT permet une transmission sécurisée, tandis que les formulaires papier sécurisés limitent les falsifications.
Dans le domaine des médicaments, la prévention passe par l’ordonnance numérique, les ordonnances sécurisées pour les produits sensibles, mais aussi des dispositifs d’alerte. En 2025, plus de 10 000 signalements d’ordonnances suspectes ont été réalisés par les pharmaciens, dont une large majorité confirmée comme frauduleuse.
Des fraudes en mutation, un défi durable
Face à ces mutations, les méthodes doivent s’adapter en permanence. Les contrôles se renforcent à l’échelle nationale, les coopérations avec la justice s’intensifient et les sanctions se durcissent, notamment avec des déconventionnements plus rapides.
Mais l’enjeu est aussi législatif. Un projet de loi visant à renforcer la lutte contre les fraudes sociales et fiscales prévoit de nouveaux outils. Notamment, en matière d’amélioration des échanges d’informations, de contrôle accru des transports de patients ou encore de sanctions renforcées.
Source : Assurance Maladie
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