DOCUMENTATION

Les infirmières ne font pas de carrières courtes

C’est la principale conclusion du travail publié par la Drees sur la démographie infirmière, qui reprend pour l’essentiel les données publiées en novembre 2010. La profession comprend 520 000 membres.

La revue Études et résultats, de la DREES, vient de publier les principales données du travail de Muriel Barlet et Marie Cavillon sur la démographie infirmière et les trajectoires professionnelles des infirmières.

Rappelons brièvement les principaux résultats qu’elles avaient donnés en novembre dernier dans leur document de travail : la profession est constituée très majoritairement de femmes (88 %), son âge moyen est stable, car l’augmentation du nombre de professionnels de plus de 50 ans est compensée par celle des moins de 30 ans, l’exercice se fait très majoritairement en établissement hospitalier public, la répartition territoriale est très inégale, un quart des infirmières travaillent à temps partiel et presque le tiers la nuit, pour des raisons de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, les femmes étant encore dans le couple celles qui s’occupent majoritairement des enfants.

Le document publié en mai précise que leur nombre est de 520 000 et qu’il augmente bien plus rapidement que celui de la population générale, entraînant automatiquement une augmentation de la densité professionnelle, quelle que soit la forme d’exercice.

Sur celle-ci, le document ajoute : « La densité régionale d’infirmiers libéraux est positivement et fortement corrélée au nombre d’actes par habitant cotés en AIS (actes infirmiers de soins – 35 % des actes infirmiers en France), mais pas au nombre d’actes par habitant cotés en AMI (actes médicaux infirmiers). Tout se passe comme si les actes cotés en AIS répondaient davantage à une logique d’offre. Ainsi, plus la densité d’infirmiers libéraux est élevée, plus l’activité en soins de nursing est importante, traduisant une concurrence intense entre professionnels. »

Sur le changement d’exercice, il précise : « Ce sont les infirmiers non hospitaliers salariés d’un établissement pour personnes âgées qui ont la plus forte propension à changer de mode d’exercice (en moyenne 6,1 % chaque année contre 2,6 % pour l’ensemble des infirmiers). »

Les premiers résultats communiqués sur le « droit d’option » (proportion plus élevée que prévu d'infirmiers choisissant de rester en catégorie B) s’éclairent par ce constat : « Les infirmiers salariés hospitaliers du secteur public cessent massivement leur activité dès l’âge de 55 ans. Néanmoins, 17 % des hommes et 20 % des femmes partent à la retraite avant cet âge.

Ces départs s’expliquent probablement par la possibilité offerte aux fonctionnaires hospitaliers (hommes ou femmes) de prendre leur retraite au bout de 15 ans de service s’ils ont élevé au moins trois enfants. Ils peuvent alors cumuler leur retraite avec un emploi dans le secteur privé sans condition et choisir d’exercer en libéral ou comme salarié d’une structure privée. »

Cependant : « La durée de carrière des salariés hospitaliers du secteur public est estimée à 30 ans. » Celle des salariés hospitaliers du secteur privé étant en moyenne de 33 ans et celle des libéraux de 35 ans, les auteures concluent que « ces résultats vont à l’encontre de l’idée selon laquelle les infirmiers effectueraient de courtes carrières. » Cette idée a sans doute pour origine la difficulté d’exercice de plus en plus ressentie par la profession, comme vient de le montrer l’enquête publiée par la CFDT sur les salariés de la fonction publique hospitalière.

Webographie

Webographie Infirmiers.com

Creative Commons License
Rédacteur en chef Izeos
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Publicité

Commentaires (3)

execho

Avatar de l'utilisateur

82 commentaires

#3

c'est bien cela

en effet,il n'est pas anodin de s'attacher à des mots comme:poste,lycée,hôpital,assurance maladie,,titularisation au lieu de cdi,la Grèce en voie de privatisation dit:"bon appétit Messieurs",en s'adressant aux futurs actionnaires.

serge cannasse

Avatar de l'utilisateur

68 commentaires

#2

éclaircissement

Le terme "hôpital" n'est pas réservé au secteur public, en tout cas pas dans la littérature scientifique, française comme internationale. Sinon, il faudrait, par exemple, en exclure les nombreux établissements apparus avant l'hôpital public et qui en sont en partie à l'origine. En revanche, il existe une tradition typiquement française qui considère qu'en dehors du public, pas de salut ! et que la perdition n'est pas loin. L'incantation lui servant souvent d'argument, on comprend facilement qu'elle tienne à la pureté des mots qu'elle s'approprie. Ce qui personnellement, me fait froid dans le dos, sans doute à cause de mon grand âge ...

execho

Avatar de l'utilisateur

82 commentaires

#1

confusion...

en fin d'article vous parlez des salariés hospitaliers du secteur privé.Le terme hôpital est normalement réservé au secteur public,les ARS veulent faire un mix du privé et du public pour l'offre de soin et ce sera au dépend du service public.Un salarié du privé n'est pas un hospitalier.