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Grève des "Opalines" : un an après, qu'est-ce qui a changé ?

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Exercer dans le privé

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Un an après la grève très médiatisée menée par les aides-soignantes de l'Ehpad "Les Opalines", situé à Foucherans, dans le Jura, France 3 a mené l'enquête pour savoir si la situation s'était améliorée. Bilan : si des efforts ont semble-t-il été faits, des dysfonctionnements persistent. 

grève Opalines

"On a pris la mesure de manquements graves, petits à petits. Après la grève on n'a pas vu la différence", raconte la fille d'un résident aujourd'hui décédé.

Elles avaient mis fin à leur grève le 28 juillet 2017, après 117 jours de conflit, réalisant ainsi le triste record de la plus longue grève de soignants jamais menée en France, comme l'avait à l'époque souligné L'Humanité. Les aides-soignantes de l’Etablissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) - Les Opalines de Foucherans dénonçaient alors des conditions de travail plus que précaires qui avaient laissé place depuis trop longtemps à des situations répétées de maltraitance et de détresse humaine intolérables. Un an après qu'en est-il ? La situation a-t-elle évolué ? France 3 a mené l'enquête pour le savoir. Et d'après le média, deux versions s'affrontent : celle de la direction, qui se veut rassurante et qui met l'accent sur les améliorations face à celle, plus nuancée, des familles et des soignants qui dénoncent de concert la persistance de dysfonctionnements. 

Premier point : les plaintes. Pour l'instant, explique France 3, impossible de savoir si les plaintes déposées par plusieurs familles de résidents en soutien au grévistes et pour dénoncer les mauvais traitements subis au sein de l'établissement privé, ont été prises en compte. Deuxième point : les témoignages de familles de résidents. Certaines relèvent des manquements graves, des difficultés de communications et un turn-over très important du personnel médical, y compris depuis le mouvement. Isabelle, la fille d'un résident des Opalines, qui a séjourné dans l'établissement du mois d'août 2016 au 2 février 2018, date de son décès, raconte : On a pris la mesure de manquements graves, petits à petits. Après la grève on n'a pas vu la différence. La situation de papa s'est aggravée. Il a été diagnostiqué plusieurs fois en déshydratation sévère par l'hôpital (...) Le personnel soignant ne reste pas, c'est invivable. Une autre femme, dont la mère aujourd'hui décédée était elle aussi résidente de l'Ehpad, détaille, dans une lettre ouverte au médecin référent des Opalines, publiée sur Facebook le 4 juin dernier, la situation dans laquelle se trouve sa mère en fin de vie et à laquelle on refuse, selon elle, une sédation profonde alors qu'elle souffre d'une ischémie et d'une gangrène. 

Deux versions s'affrontent : celle de la direction, qui se veut rassurante et qui met l'accent sur les améliorations face à celle, plus nuancée, des familles et des soignants qui dénoncent de concert la persistance de dysfonctionnements.

Le jour, les soignantes courent toujours autant 

Troisième point : les embauches de personnel non diplômé. D'après Nicolas Lemour, secrétaire général CGT aux Opalines et soignant de nuit au sein de l'établissement, une nouvelle organisation a été mise en place. Des choses se sont améliorées assure-t-il, notamment les remplacements qui sont effectués à 80%. Ce dernier nuance tout de même son propos, précisant que le souci, c'est qu'il y a eu des embauches, mais non diplômées, ce qui créé de gros problèmes et des retards. Effectivement, ça tourne pas mal au niveau du personnel, lâche-t-il. Si depuis la grève, un questionnaire composé de 33 questions est distribué une fois par trimestre à l'ensemble du personnel pour recueillir son ressenti sur l'organisation du travail, le management ou la communication, il semblerait que sur le terrain, les choses soient plus complexes : Il y a encore beaucoup de travail, concède ainsi Nicolas Lemour. Dans le rythme, c'est comme avant le conflit. Le jour, les soignantes courent toujours autant.

Un an après donc, des efforts ont été faits, mais les Opalines affichent toujours de nombreux problèmes : surcharge de travail, manque de formation des personnels, familles peu ou pas accompagnées face à la souffrance de leur proche, résume France 3.   

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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