VIE UNIVERSITAIRE

Non aux frais différenciés pour les étudiants extracommunautaires, proteste la FNESI

Publié le 05/05/2026

Les associations étudiantes, dont la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI), réclament le retrait d'un projet qui entend généraliser les frais différenciés pour les étudiants extracommunautaires. Les frais d'inscription à l'université seraient multipliés par seize pour ces derniers.

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Elle est défendue par le gouvernement comme un moyen de «renforcer l’attractivité de la France en matière d’enseignement supérieur et de recherche». Mais les associations étudiantes ont une tout autre vision de la stratégie «Choose France for Higher Education» lancée le 21 avril dernier par Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace de France. Car au cœur de ce plan, qui prétend attirer 500 000 étudiants étrangers, il y a la mesure visant à multiplier par seize les frais d’inscription universitaires pour tous les étudiants extracommunautaires (hors Union européenne).

Dans le détail, ces étudiants devront s’acquitter de 2 895 euros par an en licence, quand les frais sont de 178 euros pour un étudiant français ou de l’UE, et de 3 941 euros l’année en master, contre 254 euros. En réalité, cette orientation entend serrer la vis aux universités qui n’appliquent pas de faits différenciés pour les extracommunautaires et qui existent depuis 2019. À l’époque, le plan s’appelait «Bienvenue en France» mais près de ¾ des universités se sont refusées à l’appliquer, mobilisant les possibilités d’exonération collective ; le gouvernement tablait alors sur le chiffre d’un étudiant extra-européen sur quatre pouvant bénéficier d’une mesure d’exonération. La stratégie présentée par Philippe Baptiste entend drastiquement réduire cette possibilité. Désormais, «la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération», a-t-il ainsi déclaré dans un entretien avec Le Parisien, estimant que la mesure pourrait rapporter 250 millions d'euros aux universités d'ici deux à trois ans. Les universités conserveront la possibilité de n’exonérer que 10% de ces étudiants, essentiellement dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.

Un projet jugé xénophobe

De quoi faire bondir les fédérations étudiantes, à commencer par la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI). «Choose France for Higher Education» «accentuera encore davantage l’exclusion d’un trop gros nombre d’étudiants infirmiers», dénonce-t-elle dans un communiqué. Elle s’érige contre la généralisation de ces frais différenciés, «barrière majeure» à l’accès à la formation et qui traduit une volonté de «mettre à la porte» des universités françaises les étudiants étrangers hors UE. Elle reprend ici la position de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) qui, dès le 21 avril, s’est élevée contre le plan du gouvernement.

Celui-ci apparaît d’autant plus délétère aux associations étudiantes que ces profils sont particulièrement fragilisés, au sein d’une catégorie de population déjà généralement touchée par la précarité. Les étudiants extra-communautaires représentent ainsi 60,2% des bénéficiaires des épiceries solidaires du réseau de la FAGE ; impossible donc, pour eux, de s’acquitter des quelques milliers d’euros supplémentaires que leur imposerait la mesure. «Le sous-financement de nos universités par l’État ne peut pas être compensé par ces étudiants déjà à bout de souffle», taclent-elles. Elles réclament en urgence le retrait «de ce projet xénophobe de frais différenciés et plaide pour la mise en place d’un accompagnement renforcé pour les étudiants extracommunautaires.» Dans le cas contraire, une mobilisation générale des étudiants est prévue dans les prochaines semaines.

Ce n’est pas la première mesure qui vise de cette manière ces étudiants. La loi de finance 2026 embarque ainsi un article qui supprime le versement des aides personnalisées au logement (APL) aux extracommunautaires non-boursiers. Et en avril 2024, la FNESI avait saisi le Conseil d’État pour demander l’annulation d’un texte modifiant les modalités d’inscription des étudiants étrangers sur Parcoursup, en limitant notamment à trois le nombre de vœux qu’ils pouvaient formuler ; elle avait finalement essuyé un refus.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com