PRÉVENTION

Plan canicule : la FNI veut faire des infirmiers libéraux des acteurs du repérage des personnes vulnérables

Publié le 10/07/2026

À l'heure où les épisodes de canicule se multiplient, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) estime que le nouveau cadre réglementaire des registres communaux doit permettre d'améliorer le suivi des personnes les plus fragiles. Le syndicat demande au gouvernement d'y intégrer officiellement les infirmiers libéraux afin de renforcer la prévention à domicile et d'intervenir avant que les situations ne se dégradent.

Quelques jours après la publication du décret n° 2026-590 le 4 juillet 2026 au Journal officiel, la Fédération nationale des infirmiers appelle les pouvoirs publics à s'appuyer sur ce nouveau texte pour renforcer la prévention des conséquences sanitaires liées aux fortes chaleurs. Entré en vigueur le 5 juillet, le décret revoit le fonctionnement du registre communal utilisé dans le cadre des plans d'alerte et d'urgence. Ce document obligatoire, tenu par les mairies, vise en effet à identifier les personnes vulnérables (personnes âgées ou en situation de handicap) qui vivent chez elles afin de mieux les protéger. 

Un décret qui fait évoluer le registre communal

Le texte élargit désormais les missions de ce registre. Il prévoit notamment son utilisation dans la lutte contre l'isolement social, le repérage de la perte d'autonomie ainsi que l'organisation du contact avec les personnes vulnérables lorsqu'une situation d'urgence le nécessite. Pour la FNI, cette évolution réglementaire ouvre la voie à une mobilisation plus précoce des professionnels intervenant au domicile.

«Les outils juridiques existent désormais. Ce qu'il manque, c'est une décision politique claire pour permettre aux infirmiers libéraux d'aller vers les personnes les plus fragiles avant qu'elles ne basculent vers l'urgence ou l'hospitalisation», déclare Daniel Guillerm, au nom de la FNI.

Une place reconnue pour les infirmiers libéraux

Le syndicat souhaite désormais que les infirmiers libéraux soient intégrés de manière explicite au dispositif territorial lors des périodes de vigilance orange ou rouge. Selon la FNI, leur présence quotidienne auprès des patients constitue un atout pour identifier rapidement les situations à risque et intervenir avant l'apparition de complications.

Cette demande s'inscrit également dans un cadre défini par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL)*. L'autorité souligne l'intérêt du registre communal pour mieux identifier les personnes vulnérables et adapter leur accompagnement en période de crise. Elle rappelle cependant que son utilisation doit respecter des règles précises en matière de confidentialité, d'habilitation des intervenants et de traçabilité des données.

Des propositions adressées au gouvernement

Pour rendre cette organisation opérationnelle, la FNI formule trois propositions. Elle demande tout d'abord une instruction nationale précisant la participation des infirmiers libéraux à l'activation des registres communaux lors des épisodes de canicule. Elle souhaite également la mise en place d'un protocole national afin d'encadrer les échanges d'informations, le suivi des interventions et les retours vers les maires, les centres communaux d'action sociale (CCAS) et les médecins traitants.

Enfin, le syndicat réclame une reconnaissance conventionnelle et financière de cette mission d'«aller-vers» réalisée au domicile des patients.

«Chaque heure perdue en pleine canicule peut aggraver l'état d'une personne âgée isolée. Les infirmiers libéraux sont présents sur tout le territoire; ils doivent pouvoir être mobilisés rapidement, de manière sécurisée et reconnue, grâce aux registres communaux», ajoute Daniel Guillerm.

Pour la fédération, il ne s'agit pas de créer un nouveau dispositif, mais de s'appuyer sur un registre communal dont les missions viennent d'être renforcées. L'objectif affiché est d'agir plus tôt auprès des personnes les plus fragiles afin de prévenir les déshydratations sévères, de limiter les hospitalisations et de contribuer à éviter une surcharge des services d'urgence.

Source : Communiqué de presse de la FNI

* La CNIL veille à la protection de toute information se rapportant à une personne physique, identifiée ou identifiable, contenue dans les fichiers et traitements informatiques ou papier, aussi bien publics que privés.

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com